vendredi, 12/06/2026   
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« Fin de l’état de guerre au Liban et non pas un simple cessez-le-feu »: Trump annonce un accord et Téhéran reste prudente

Par Mohammad Khawajoui

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi soir la conclusion d’un accord avec l’Iran pour mettre fin à la guerre, ouvrant la voie à des négociations sur le dossier nucléaire.

De son côté, Téhéran a fait état pour la première fois de progrès significatifs, « les États-Unis ayant accepté le projet de texte envoyé par l’Iran ».

Selon des sources particulièrement bien informées, la percée a eu lieu jeudi après-midi lors de contacts menés à Doha, la capitale qatarie, sous la direction du Premier ministre qatari, Mohammed ben Abderrahmane Al Thani, avec la participation d’un haut responsable iranien qui s’est rendu au Qatar, ainsi que d’un émissaire de haut rang du président Trump.

Selon les données disponibles, l’accord prévoit le lancement de procédures pour mettre fin à l’état de guerre dans le Golfe et dans toute la région, y compris au Liban. Les États-Unis ont validé un processus de fin de l’état de guerre et non un simple cessez-le-feu.

Le Qatar a fourni une solution convenant aux deux parties, américaine et iranienne, concernant les fonds gelés, via une formule qui évite tout embarras au président américain tout en permettant à l’Iran d’atteindre son objectif de récupérer ses fonds.

Concernant le Liban, Le quotidien Al-Akhbar a appris que l’Iran a obtenu une réponse définitive de la part des États-Unis confirmant que le Liban est inclus dans l’accord.

Le président Trump s’est entretenu à trois reprises avec le Premier ministre de l’ennemi, Benjamin Netanyahu, au sujet du dossier libanais, d’autant plus que la mise en œuvre de la fin de la guerre ne se limite pas à un cessez-le-feu, mais implique un arrêt total de toutes les opérations militaires et un calendrier de retrait israélien rapide du Liban, avec la garantie de l’arrêt de toutes les destructions et des opérations de nivellement, ainsi que la libération des prisonniers.

Après deux nuits de frappes auxquelles Téhéran a répliqué en bombardant des bases américaines au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn, Trump a annoncé la conclusion de l’accord, précisant qu’il s’attend à ce qu’il soit signé en Europe à la fin de cette semaine.

Toutefois, Téhéran a continué de traiter l’annonce américaine avec prudence, compte tenu des antécédents du président américain en matière de violation des accords passés avec elle.

Trump a qualifié l’accord de « grand compromis » et a déclaré : « Nous sommes en train d’apporter les dernières touches aux documents », ajoutant que « la signature de l’accord pourrait avoir lieu en Europe à la fin de cette semaine », même si lui-même ne pourra pas être présent et se fera représenter par son vice-président, J.D. Vance.

Il a affirmé que « le détroit d’Ormuz sera officiellement ouvert dès la signature de l’accord » et qu’il s’était entretenu avec plusieurs dirigeants du Moyen-Orient, dont l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani. Il a également prétendu que les États-Unis avaient « gagné militairement cette guerre ».

Dans la nuit, l’Iran a déclaré que l’accord n’était pas encore définitif avec les États-Unis, mais l’agence Fars a indiqué que « vu l’acceptation par les USA du texte proposé par l’Iran, les chances d’approbation de ce texte par les instances supérieures du régime sont élevées ».

De son côté, Netanyahu a déclaré dans un communiqué qu’« Israël n’est pas partie prenante à cette entente », tout en exprimant sa considération pour « l’engagement de Trump à ce que l’accord inclue le retrait des matières enrichies, le démantèlement du programme nucléaire, la limitation de la production de missiles et l’arrêt du soutien de l’Iran à ses mandataires dans la région ».

Pour sa part, l’émir du Qatar a annoncé que « le président américain a déclaré que les ententes américano-iraniennes ont reçu l’approbation de toutes les parties et le soutien de pays frères et amis, dont le Qatar », confirmant la poursuite des efforts pour finaliser les dernières procédures en vue de l’annonce des dispositions relatives à la signature de l’accord.

‘Israël’ a été pris de court par la publication de Trump sur la plateforme Truth Social, où il a initialement annoncé l’accord, selon la chaîne israélienne Channel 12.

De son côté, la chaîne Channel 14, proche de Netanyahu, a cité un haut responsable politique israélien affirmant que « l’inclusion du Liban dans les ententes entre Washington et Téhéran est une mauvaise chose… Nous étudiions l’exécution de frappes puissantes contre le Hezbollah, mais une partie de ces plans va rester au placard ».

La publication de Trump est intervenue après l’échec de deux nuits de frappes à faire fléchir la position de Téhéran, qui menaçait d’élargir la guerre en cas de poursuite des frappes américaines.

Le quartier général Khatam al-Anbiya avait en effet averti Washington dans un communiqué : « Si vous nous attaquez à nouveau, les feux de la guerre s’étendront et deviendront plus globaux », ajoutant que « face à la menace pesant sur nos infrastructures pétrolières, nous déclarons que l’exportation de pétrole se fera soit pour tout le monde, soit pour personne ».

Trump avait annoncé dans une publication précédente sur Truth Social qu’il mènerait des « attaques extrêmement sévères cette nuit-là (jeudi soir) » contre l’Iran, menaçant que « Washington prendrait, dans un avenir proche, le contrôle de l’île de Kharg et de toutes les infrastructures iraniennes liées au pétrole et au gaz, ainsi que de ses marchés, à l’image de ce que les États-Unis ont fait au Venezuela ». Il avait également menacé de bombarder les ponts à travers le pays.

Il est apparu que le recours de Trump à la « diplomatie sous les bombes », en élevant le niveau de tension militaire et en ciblant certains sites iraniens, a échoué à faire pression sur l’Iran pour le pousser à accepter les exigences américaines.

Téhéran a cherché, par ses réponses militaires et le ciblage des bases américaines dans la région, à éviter de paraître en position de faiblesse afin de ne pas laisser s’installer le rapport de force que Washington tente d’imposer, s’efforçant à l’inverse d’établir une nouvelle équation de dissuasion.

Cependant, il était évident que le passage du temps imposait des pressions à la fois sur l’Iran et sur les États-Unis.

L’Iran cherche à mettre fin à l’état de « ni guerre, ni paix » et à s’affranchir de la pression du blocus maritime américain, tandis que Washington cherche à rouvrir le détroit d’Ormuz, à réduire les coûts politiques et économiques découlant de la prolongation de la guerre, et à parvenir à un accord lui permettant de façonner l’image de ce qu’elle considère comme ses succès dans la dernière guerre contre Téhéran.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar