Mémorandum du bloc parlementaire de la Fidélité à la Résistance au Parlement libanais adressé aux ambassades arabes et étrangères concernant l’agression israélienne contre le Liban:
Au nom de son président et de ses membres, notre bloc parlementaire s’adresse à votre gouvernement à travers ce mémorandum relatif à l’agression israélienne contre notre pays, le Liban.
Notre monde est aujourd’hui le témoin d’une tentative américaine d’imposer, tantôt par le fer et le feu, tantôt par l’économie, de nouvelles règles aux relations internationales, et de sceller le destin des États et des peuples par la force de la coercition et de l’hégémonie, au mépris des règles les plus élémentaires du droit international, de la Charte des Nations Unies et de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Cette politique commence désormais à affecter le destin et les intérêts des pays et des peuples, y compris ceux qui se définissent comme amis et alliés des États-Unis.
Le premier bénéficiaire de cette arrogance américaine dans le monde est le chef du gouvernement de l’entité d’occupation, Benjamin Netanyahu, qui a contribué à entraîner les États-Unis dans une guerre injuste contre la République islamique d’Iran, et a intensifié son agression contre notre pays, après quinze mois de tueries, de destructions, de violations de la souveraineté libanaise et de reniement de tous les engagements qu’il s’était engagé à appliquer dans l’accord de cessez-le-feu.
Cet accord avait été conclu le 27 novembre 2024 par le gouvernement libanais, via une médiation américaine, avec l’entité israélienne.
Cet accord imposait aux deux parties la cessation de toutes les formes d’hostilités ainsi que le retrait de l’armée israélienne des territoires qu’elle occupait dans le sud du Liban.
Bien que le Liban se soit strictement conformé à cet accord, la partie israélienne a poursuivi ses agressions quotidiennes. Les violations israéliennes de la souveraineté libanaise et de l’accord de cessation des hostilités ont dépassé les dix mille infractions. Elles se sont accompagnées de menaces officielles israéliennes continues de prendre le contrôle du sud du Liban et de lui imposer ses conditions par la force.
Ces menaces se sont traduites par des déclarations publiques de Benjamin Netanyahu concernant l’établissement d’une zone tampon, ou par les révélations au sein de l’entité israélienne de l’existence d’un plan préétabli visant à mener des attaques israéliennes préventives contre le Liban avant l’agression contre l’Iran.
Le bloc parlementaire de la Fidélité à la Résistance — fort de ce qu’il représente aux niveaux politique, populaire et régional — n’a cessé d’appeler le gouvernement libanais et les instances internationales à agir pour contraindre l’entité israélienne à respecter ledit accord.
Il a œuvré d’arrache-pied en ce sens au sein de la Chambre des députés et du gouvernement, et a tenu de nombreuses réunions et dialogues avec les responsables officiels de l’État libanais ainsi qu’avec les représentants de plusieurs pays. Malgré cela, la machine de mort israélienne n’a pas cessé de perpétuer ses crimes contre les civils libanais.
Toutes les voies politiques et diplomatiques ont échoué à stopper ces crimes israéliens contre notre pays. Le gouvernement libanais s’est trouvé incapable de contraindre l’entité d’occupation et les parrains de l’accord à l’exécuter, tandis que le comité chargé de l’application de l’accord (le mécanisme) a délibérément évité de jouer son rôle.
Cela a aggravé les souffrances de notre peuple pendant quinze mois, ce dernier restant dans l’attente des résultats des efforts de son État sans obtenir le moindre minimum de sécurité et de stabilité, alors que son sang continuait de couler.
Ce long délai constituait une opportunité réelle pour que l’État libanais assume son rôle politique et diplomatique afin de stopper l’agression contre le Liban, en faisant pression sur les parrains du cessez-le-feu ou en usant de ses relations avec ses amis internationaux et régionaux.
Cependant, cette opportunité a abouti à un résultat unique : la poursuite du massacre des enfants de notre peuple par l’ennemi israélien.
Face à l’ampleur de ces souffrances et au maintien de l’occupation sur notre terre, notre peuple n’a eu d’autre choix que de recourir à son droit humain à la légitime défense, pour protéger son existence, la souveraineté de sa patrie, son indépendance, sa terre et ses richesses, conformément à ce qui est garanti par la Charte des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Document d’entente nationale libanais (Accord de Taëf), les engagements du gouvernement libanais dans sa déclaration ministérielle, et le texte même de l’accord de cessation des hostilités. Nul ne peut arracher ce droit humain à un peuple soumis au massacre et dont la terre est occupée.
Ce que notre pays subit en termes de tueries et de destructions par l’armée d’occupation relève de crimes planifiés à l’avance, visant à s’emparer d’une partie de ses terres, parallèlement aux appels de certains de ses responsables à y établir des colonies et à l’intrusion de groupes de colons à travers la frontière.
Pour atteindre cet objectif, cette armée a entrepris d’anéantir la vie civile dans les villages exposés à l’agression : massacres délibérés de civils, déplacement des populations et interdiction de retour, destruction d’hôpitaux, d’écoles, d’institutions médiatiques, de lieux de culte, de maisons de civils, d’établissements commerciaux et d’infrastructures étatiques, y compris les centrales électriques, les réseaux d’eau et de télécommunications, les ponts et les voies publiques.
Tous ces actes criminels sont perpétrés sur la base de déclarations officielles émises par Netanyahu, son ministre des Finances et son ministre de la Guerre, incluant les points suivants :
-L’établissement d’une zone tampon au sud du Litani.
-La fixation des frontières de « l’État d’Israël » sur le fleuve Litani.
-La destruction totale et le rasage des villages frontaliers.
-L’expulsion des populations civiles et l’interdiction de retourner dans leurs foyers.
Les actes de tuerie sauvage contre des civils désarmés dépassent toute description. Bien qu’ils se soient poursuivis pendant 15 mois sous forme d’assassinats, ils se sont élargis depuis le 2 mars 2026 pour atteindre leur paroxysme lorsque l’armée d’occupation a surpris les habitants sans défense, le 8 avril 2026, par un massacre effroyable.
Ce massacre est survenu après l’annonce d’un cessez-le-feu régional par le Premier ministre pakistanais, qui incluait le Liban, ce qui avait rassuré les citoyens quant à l’arrêt de l’agression.
L’ennemi israélien les a pourtant pris de court par des raids aériens sur Beyrouth et le reste des régions libanaises, causant le martyre et la blessure de deux mille civils désarmés, dont plus de cent enfants et des dizaines de femmes tués dans leurs maisons.
Netanyahu a refusé de se conformer au cessez-le-feu malgré les appels internationaux et les condamnations de son crime odieux. Son armée a poursuivi les actes d’extermination des villages occupés au sud du Liban, ainsi que les tueries de familles civiles, incluant enfants et femmes, dans les villages du Sud et de la Bekaa occidentale, sans oublier l’agression contre la banlieue sud de Beyrouth.
La machine de mort israélienne n’a épargné ni les travailleurs humanitaires, tels que les médecins et les secouristes, ni les professionnels des médias, journalistes et photographes, de même qu’elle a tué des soldats de l’armée libanaise et des soldats des forces internationales de maintien de la paix (FINUL).
Tous ces actes constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, tels que définis par l’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, qui stipule que « les crimes contre l’humanité s’entendent de l’un des actes ci-après commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de l’attaque, notamment : le meurtre, l’extermination, la déportation ou le transfert forcé de population, l’emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international ».
De plus, ces crimes contre l’humanité contredisent la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui garantissent toutes deux le droit de l’homme à une vie digne, à la santé, à la libre circulation et au logement, entre autres droits.
À travers vous, le bloc de la Fidélité à la Résistance s’adresse à votre gouvernement afin de l’informer de la réalité de ce que subit notre pays, ce qui menace son existence même en tant que pays indépendant, membre de l’Organisation des Nations Unies, de la Ligue des États arabes et de l’Organisation de la coopération islamique.
Le Liban est un État indépendant et un peuple libre qui aspire à vivre dans la sécurité, la paix et la stabilité.
Nous disposons de cadres d’ententes sous parrainage international, conclus par le gouvernement libanais via des négociations indirectes avec l’entité d’occupation, et qui nécessitent simplement de contraindre cette entité à les exécuter.
Notre demande en tant que Libanais, et la demande de quiconque est soucieux de la souveraineté de son pays, de son indépendance et de sa liberté, est l’arrêt de toutes les formes d’agression contre notre souveraineté nationale dans les airs, sur terre et en mer, ainsi que la cessation des hostilités, incluant :
-Les opérations d’assassinat de citoyens et le ciblage des infrastructures civiles, qu’il s’agisse d’habitations ou d’institutions publiques et privées.
-Le retrait de l’armée de l’ennemi israélien de nos terres jusqu’aux frontières internationalement reconnues.
-Le retour des habitants dans leurs villages et leur reconstruction.
-La libération des détenus des prisons de l’occupation.
Quant aux autres questions liées à la protection du Liban, il s’agit d’une affaire strictement libanaise qui peut être traitée par le biais d’un dialogue interne, menant à l’élaboration d’une stratégie de sécurité nationale à laquelle adhéreront tous les Libanais.
La réalisation de ces demandes constitue une passerelle indispensable pour reconstruire l’État, protéger la stabilité interne et lancer le processus de redressement et de réforme. Ce sont des exigences nationales vitales auxquelles nous affirmons notre attachement et pour lesquelles nous œuvrons constamment.
