jeudi, 23/04/2026   
   Beyrouth 09:12

Martyre de la journaliste Amal Khalil dans une agression israélienne la visant à At-Tiri, au sud du Liban

La journaliste Amal Khalil assassinée par Israël, le 21 avril 2026 à At-Tiri, au sud-Liban.

La machine à tuer sioniste a poursuivi la journaliste Amal Khalil et la photographe Zeynab Faraj dans le village d’At-Tiri, limitrophe de Bint Jbeil, ciblant par des frappes aériennes la zone où elles se trouvaient. Faraj a été grièvement blessée tandis que le contact a été rompu avec Khalil.

Le correspondant d’Al-Manar a rapporté mercredi soir que « le corps de la journaliste martyre Amal Khalil a été retiré des décombres d’un bâtiment de trois étages. Elle a succombé à un raid mené par l’aviation de l’ennemi israélien à At-Tiri, limitrophe de Bint Jbeil, après s’être réfugiée dans une maison avec sa collègue pour se protéger des tirs ennemis ».

Les recherches avaient duré jusqu’à minuit, avant que la Défense civile ne la retrouve sous deux plafonds effondrés suite au raid ennemi sur la maison où elle s’était cachée.

La martyre Amal Khalil et la photographe Zeynab Faraj

Amal Khalil, correspondante d’AlAkhbar, tentait d’atteindre le dernier village avant la zone occupée. En chemin, un drone ennemi a ciblé, à 14h30 (heure Beyrouth/AlQods) une voiture qui la précédait, tuant deux jeunes hommes de Bint Jbeil : le moukhtar Ali Nabil Bazzi et Mohammad Ayman Hourani.

Amal Khalil s’est alors arrêtée, est descendue de sa voiture et a informé les équipes de secours pour qu’elles viennent transporter les martyrs.

Plusieurs collègues ayant témoigné ont affirmé que l’ennemi a commis un « crime caractérisé avec préméditation ».

Après que l’aviation ennemie téléguidée a frappé la voiture civile qui accompagnait celle des deux collègues, ces dernières se sont déplacées vers un arbre à proximité pour s’abriter.

Les secouristes racontent avoir demandé à Khalil de reculer immédiatement, mais elle ne pouvait plus bouger en raison de l’horreur des blessures dans la voiture devant elle.

Lorsqu’elle a repris ses forces pour quitter la zone avec Zeynab Faraj, le drone a frappé de nouveau, à 16h00, ciblant cette fois la voiture de Khalil et la mettant hors d’usage.

Juste après ce raid, des contacts ont été pris avec les secours et l’armée libanaise avant de confier la mission d’évacuation à la Croix-Rouge, qui attendait l’autorisation du « mécanisme » pour bouger. Khalil a alors contacté un collègue pour l’informer de la situation avant de se réfugier dans une maison en attendant la Croix-Rouge.

Pendant plus d’une demi-heure, l’ennemi a refusé l’accès aux deux collègues et aurait demandé à la FINUL de ne pas emprunter la route principale Hadatha – Bint Jbeil. C’est alors que l’aviation de guerre ennemie a bombardé At-Tiri, ciblant la maison où elles s’abritaient. Après s’être assuré d’avoir atteint son objectif de tuer Khalil et Faraj, l’ennemi a donné l’autorisation aux ambulances de la Croix-Rouge de circuler.

Amal Khalil était une journaliste de terrain chevronnée et une voix courageuse qui a consacré sa plume et son objectif à documenter la résilience des villages frontaliers, refusant de céder aux menaces directes de l’occupation.

Son nom a longtemps été associé au titre de « correspondante du Sud » ; elle est la militante qui a traqué la vérité face à l’occupation. Ni le vrombissement des avions ni le sifflement des balles ne l’ont détournée de sa mission. Au contraire, elle a affronté avec une fermeté sans pareille un ennemi féroce, gravant par sa résilience légendaire dans la localité d’At-Tiri une épopée de survie baptisée par le sang et le feu.

Il convient de noter que ce ciblage de journalistes n’est pas le premier depuis que l’occupation a étendu son agression contre le Liban le 2 mars dernier. Le 28 mars, ‘Israël’ a ciblé la voiture d’un groupe de journalistes, ce qui avait entraîné le martyre du correspondant de la chaîne Al-Manar, Ali Choaib et de la consœur et correspondante de terrain d’Al-Mayadeen, Fatima Ftouni, ainsi que du photographe Mohammad Ftouni.

Toujours en mars, l’occupation israélienne a mené un raid contre la capitale Beyrouth visant le domicile du directeur des programmes politiques de la chaîne Al-Manar, Mohammad Cherri.