Les Iraniens sont descendus mardi dans les rues, sur les routes, les ponts et dans les gares stratégiques et les centrales électriques pour former des chaînes humaines après les menaces du président américain, Donald Trump, de mener une attaque de grande envergure contre l’Iran s’il n’ouvre pas le détroit d’Ormuz.
14 millions d’inscrits
Après une campagne en ligne et par SMS, les autorités ont affirmé que plus de 14 millions de personnes s’étaient inscrites pour participer aux chaînes humaines.
« Plus de 14 millions d’Iraniens fiers se sont jusqu’à présent inscrits pour sacrifier leur vie pour défendre l’Iran. Moi aussi j’ai été, je suis et resterai prêt à donner ma vie pour l’Iran », a aussi écrit le président Massoud Pezeshkian sur le plateforme X.
Sur le Pont Blanc à Ahvaz, à l’est du pays
Devant une centrale électrique à Kāzerūn, au nord du pays
Sur le pont historique de Dezful
L’agence de presse officielle Irna a montré des personnes formant une chaîne humaine « pour soutenir les centrales électriques » dans la ville de Bouchehr (sud), où se trouve la seule centrale nucléaire d’Iran.
La télévision d’Etat et l’agence Mehr ont montré des dizaines de personnes devant la principale centrale électrique de la ville de Tabriz (nord), ainsi qu’à une autre de Mashhad (nord-est).
Des artistes et chanteurs se sont aussi mobilisés pour défendre leur pays.
Le chanteur Ali Zendoukeli sur une voie ferrée.
Le musicien Ali Qamsri dans une centrale électrique
Dans la nuit, des manifestations ont été organisées dans plusieurs villes iraniennes, à quelques heures de la fin de l’ultimatum posé par le président américain Donald Trump à mardi 20H00 heure de Washington (00H00 GMT mercredi), pour que la République islamique débloque le détroit d’Ormuz.
« Une civilisation entière va mourir ce soir », a-t-il asséné mardi, ajoutant : « Je ne veux pas que cela se produise, mais ce sera probablement le cas. »
Manifestation à Bouchehr
Manifestation dans le Khuzestan
« Inacceptable »
Le pape Léon XIV a jugé mardi « inacceptable » la menace du président américain, Donald Trump.
« Aujourd’hui (…), il y a eu cette menace contre tout le peuple iranien, et c’est vraiment inacceptable. Il y a certainement des questions de droit international, mais bien plus que cela, c’est une question morale », a déclaré le pape à des journalistes, au moment où il quittait sa résidence de Castel Gandolfo, près de Rome, pour le Vatican, sans mentionner spécifiquement les menaces américaines contre l’Iran.
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est dit mardi « très préoccupé » par les récents propos de Donald Trump sur l’Iran.
Des attaques
Dans la journée de mardi, les autorités iraniennes ont fait état d’attaques contre des ponts, des infrastructures ferroviaires et des autoroutes.
Un pont près de la ville sainte de Qom, à 150 kilomètres au sud de Téhéran, et un autre supportant une voie ferrée dans la ville de Kashan, dans le centre du pays, ont été touchés selon des responsables régionaux cités par les médias d’Etat.
A Kashan, deux personnes ont été tuées et trois autres blessées, a déclaré Akbar Salehi, vice-gouverneur de la province d’Ispahan (centre), cité par l’agence de presse officielle Irna.
Une importante autoroute du nord-ouest du pays, reliant la ville de Tabriz à Téhéran, a par ailleurs été fermée temporairement à la circulation après avoir été frappée à environ 90 kilomètres de Tabriz.
Les Gardiens de la Révolution ont précisé que la frappe avait touché un pont autoroutier.
Le site internet Mizan, organe du pouvoir judiciaire, a également rapporté une frappe sur des voies ferrées à Karaj, en périphérie de Téhéran, et diffusé des images montrant des secouristes du Croissant-Rouge transporter un blessé sur une civière.
Tous les trains à destination et en provenance de Mashhad, la deuxième ville d’Iran, dans le nord-est du pays, ont été annulés mardi par précaution après un avertissement d’Israël appelant les Iraniens à ne pas prendre le train, laissant augurer de frappes à venir.
La même mesure a été prise dans la province de Khouzestan (sud-ouest).
Selon l’agence de presse Isna, des coupures de courant ont touché certaines parties des villes de Karaj et de Fardis, en périphérie de Téhéran, après que des lignes de transport d’électricité et un poste de transformation ont été mis hors service par des frappes aériennes.
L’armée ennemie israélienne a déclaré avoir frappé « huit segments de ponts qui étaient utilisés par les forces armées du régime terroriste iranien pour transporter des armes et du matériel militaire dans plusieurs régions d’Iran, notamment à Téhéran, Karaj, Tabriz, Kashan et Qom ».
Les Etats-Unis auraient également frappé mardi des cibles militaires sur l’île de Kharg, un point névralgique de l’industrie du pétrole pour Téhéran, assurant environ 90% des exportations de brut iranien.
« Plusieurs explosions » y ont été signalées par l’agence iranienne Mehr, tandis que Fox News a indiqué que les frappes aériennes américaines visaient des bunkers, des radars et des dépôts de munitions, et non des infrastructures énergétiques.
Les débris des avions US vers un musée
Dans la journée de mardi, les travaux ont été entamés pour transporter les débris des deux C-13 et deux Black Hawk détruits dans la région d’Ispahan, pendant l’opération de sauvetage du second pilote de l’avion abattu par la défense aérienne iranienne le 3 mars dernier.




Sources: AFP, médias iraniens