mardi, 07/04/2026   
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Téhéran doute de la version officielle US de l’opération de sauvetage du pilote et soupçonne « une tentative ratée de s’emparer de l’uranium enrichi »

Téhéran a soulevé des doutes sur la version officielle américaine de la présumée opération de sauvetage du second pilote qui se serait éjecté de l’avion militaire américain que l’Iran avait abattu le 3 avril dernier.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismail Baghaï, s’est arrêté sur l’ampleur des forces dépêchées dans cette opération, considérant qu’elle soulève un certain nombre de questions quant à ses véritables objectifs, notamment au vu des indices laissant penser qu’elle aurait pu servir à dérober de l’uranium enrichi iranien.

Plus de 155 aéronefs ont participé à cette opération, a déclaré ce lundi le président américain Donald Trump. « Dont 4 bombardiers, 64 chasseurs et 48 avions ravitailleurs », notant que les forces américaines ont réparti leur déploiement sur différentes zones afin de distraire les forces locales, tandis que la force de sauvetage a pu atteindre le pilote.

Baghaï a en outre souligné son caractère ambigu, notamment du fait que le point d’atterrissage des avions américains dans un aéroport abandonné dans la province d’Ispahan au centre du pays était très éloigné de la cible présumée à Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad, dans le sud-ouest du pays.

 « La zone où la présence du pilote américain a été communiquée, dans la province de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad (sud-ouest), est très éloignée de la zone où ils ont tenté d’atterrir ou souhaitaient faire débarquer leurs forces dans le centre de l’Iran », a-t-il déclaré lors d’un point de presse hebdomadaire.

« La possibilité d’une opération de duperie visant à voler de l’uranium enrichi ne doit absolument pas être écartée », a-t-il ajouté.

Dans le centre de l’Iran se trouve notamment une usine de traitement d’uranium dans la province d’Ispahan. Ismaïl Baghaï a qualifié l’opération de sauvetage de « désastre » pour Washington, l’armée iranienne affirmant que ses forces avaient détruit deux hélicoptères Black Hawk et deux avions de transport militaire C-130.

D’après elle, les appareils ont essuyé des tirs, les forçant « à faire un atterrissage d’urgence dans la province d’Ispahan (centre). L’armée américaine a ensuite dû « bombarder massivement les appareils abattus », a-t-elle indiqué dans un communiqué relayé par la télévision d’État.

D’après des médias américains, deux des avions censés ramener l’aviateur et ses sauveteurs en lieu sûr sont restés bloqués sur une base isolée en Iran et ont dû être détruits pour les soustraire aux forces iraniennes.

Baghaï a rappelé que un incident similaire, celui de Tabas, survenu en 1980 et connu sous le nom d’opération Eagle Claw, au cours de laquelle les forces spéciales américaines avaient tenté de libérer les otages de l’ambassade américaine à Téhéran, mais l’opération avait échoué et s’était soldée par la destruction de deux avions américains dans le désert de Tabas, dans la province du Khorasan du Sud, et la mort de plusieurs soldats américains.

Commentant les propos du président américain Donald Trump, lors de son point de presse ce lundi, Massoud Asadollahi, expert en affaires militaires et politiques, a déclaré qu’ils comportaient « une contradiction flagrante », s’interrogeant sur la pertinence de la participation de 155 avions à une mission censée secourir un seul soldat.

Asadollahi a expliqué dans un entretien avec la chaine libanaise d’information Al-Mayadeen que la mission n’avait pas pour but de secourir le pilote, mais visait principalement à voler de l’uranium enrichi à Ispahan. Indiquant que le pilote n’avait pas été secouru à Ispahan, mais ailleurs, il a ajouté que les Américains avaient échoué dans cette opération.

Le Washington Post avait rapporté dans un article que l’armée américaine a proposé à Trump un plan visant à dérober environ 1 000 livres d’uranium hautement enrichi en Iran.

Source : Médias