Une étude commandée par Greenpeace affirme, mercredi, que les compagnies pétrolières réalisent plus de 80 millions d’euros de « sur-profits » par jour dans les pays de l’UE depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, grâce à une augmentation de leurs marges.
Pour le mois de mars, ces « sur-profits » supposés représenteraient environ 2,5 milliards d’euros.
Pour arriver à ce chiffre, l’étude commandée par Greenpeace s’est penchée sur l’écart entre le prix du pétrole brut et le prix du carburant en station, entre janvier et février 2026 d’un côté, et les trois premières semaines de mars de l’autre. Or, d’après ces calculs, cette marge a augmenté.
« Le rapport montre que l’augmentation des prix à la pompe est largement supérieure à celle des prix sous-jacents du pétrole brut », résume Greenpeace dans son communiqué.
L’augmentation des marges est bien plus importante sur le diesel que sur l’essence : « Par rapport aux mois d’avant-guerre, les compagnies pétrolières ont réalisé un bénéfice quotidien excédentaire de 75,3 millions d’euros grâce à la vente de gazole pour voitures et camions. Les ventes d’essence ont contribué à hauteur de 6,1 millions d’euros par jour », indique le document.
Parmi les pays où les marges ont le plus augmenté, on retrouve les Pays-Bas, la Suède, le Danemark, l’Autriche et l’Allemagne.
Couplé aux volumes de vente, c’est en Allemagne que les « sur-profits » sont les plus importants, à hauteur de 23,8 millions d’euros par jour, suivie de la France, avec 11,6 millions d’euros par jour.
En revanche, en France, les marges sur l’essence ont légèrement baissé, de 3,4 centimes par litre.
« Greenpeace France appelle les gouvernements européens à introduire des taxes permanentes supplémentaires sur les profits des entreprises pétrolières et gazières, dont le produit serait utilisé pour réduire les factures d’énergie et accélérer l’indépendance énergétique européenne », ajoute l’ONG dans son communiqué.
La guerre au Moyen-Orient, déclenchée par l’offensive conjointe des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran le 28 février, a fait monter fortement les cours du pétrole, avec une grande partie des exportations de brut des pays du Golfe bloquées en raison de la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz et de nombreuses frappes sur les infrastructures énergétiques.
La semaine dernière, le prix du litre de gazole a atteint un record absolu depuis 1985 en moyenne hebdomadaire, dépassant les plus hauts niveaux atteints après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, selon des chiffres publiés par le gouvernement.
Source : AFP
