En cinq mois, depuis l’assassinat de Charlie Kirk et le deuil national qui a suivi, le courant «Make Amarica Great Again !» (MAGA) se déchire. Pour le vice-président JD Vance et le journaliste Tucker Carlson, le sionisme incarne le Mal absolu, tandis que pour le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, l’État d’Israël est, au contraire, l’incarnation du Bien. Le président Donald Trump, qui a suivi Israël dans sa guerre contre l’Iran, doit aujourd’hui affronter la résistance de ce pays. Il devient particulièrement friand des pasteurs qui lui prophétisent sa prochaine victoire sur le Mal, aux côtés de l’État hébreu. Paradoxalement, Washington, qui prétend combattre un régime obscurantiste à Téhéran, est lui-même traversé par une vague obscurantiste.
La guerre menée par la théocratie talmudique israélienne et «l’évangélisme sioniste» de la Maison-Blanche contre la théocratie chiite iranienne met en évidence que l’un de ses principaux fondements est une «guerre religieuse» au XXIe siècle. La théocratie intrinsèque de la Constitution israélienne – qui n’accepte comme président que les personnes «juives» – est déjà largement connue, tandis que son «sionisme révisionniste» persiste aujourd’hui intensément, tel que défendu à l’origine par Ze’ev Jabotinsky – l’auteur du Mur de fer et grand allié de Benzion Mileikowsky, père du Premier ministre Netanyahou, d’origine polonaise – et ce «sionisme révisionniste» a fusionné avec les préceptes de la secte eschatologique/kabbalistique très controversée de Chabad-Lubavitch, elle-même associée aux Khazars, à Jeffrey Epstein et au comédien ukrainien Zelensky.
J’ai proposé l’existence de trois sionismes :
1. Le «sionisme originel» du Khazar Théodor Herzl, qui, avec ses collègues banquiers, les Rothschild, avait promu la création d’un «foyer juif» ;
2. Le «sionisme révisionniste» du duo Jabotinsky/Netanyahou (alias Mileikowsky) ; et
3. «L’évangélisme sioniste».
Dans cette optique, il semblerait que la prière évangélique à la Maison-Blanche, menée par le président Trump en pleine guerre contre l’Iran, ait adhéré au puissant projet d’«évangélisme sioniste», dont les tentacules absorbent l’évangélisme aux États-Unis et au Brésil, ou s’y soit alignée.
Depuis l’année dernière, Democracy Now ! révèle que Pete Hegseth, chef du ministère de la Guerre, est un nationaliste chrétien qui célèbre la Confédération et les Croisades. De plus, Pete Hegseth est considéré comme un sioniste évangélique car, lors de sa confirmation, il a déclaré sans ambages : «Je suis chrétien et je soutiens fermement l’État d’Israël et sa défense existentielle» (sources : Jerusalem Post, Politico, Forward ; NPR).
Les chiens viennent de déterrer les déclarations mortelles de l’ancien commentateur de Fox News Pete Hegseth concernant la construction explosive du Troisième Temple, selon les croyances des zélotes talmudiques sur le site de la mosquée Al-Aqsa (troisième lieu saint de l’Islam) à Jérusalem : la guerre de «l’évangélisme sioniste» contre l’Islam de 2,1 milliards de fidèles !
Le journal britannique The Independent commente : «Comment la guerre contre l’Iran est sous-tendue par la ferveur religieuse «de la fin des temps» à Washington et à Téhéran» : «Une croyance partagée en la fin des temps, ou «second avènement», sous-tend une grande partie des motivations dans les couloirs du pouvoir à Washington et dans les bunkers où se cachent aujourd’hui les ayatollahs».
Dans une démarche aussi inédite qu’étrange, plusieurs commandants de toutes les branches de l’armée états-unienne ont proclamé que «le président Trump a été oint par Jésus (sic) pour déclencher l’apocalypse et marquer son retour sur Terre». Il y a une différence entre avoir des religions hautement respectables et instrumentaliser la religion en temps de guerre pour exacerber les conflits religieux.
Selon l’Encyclopédie Britannica, intrinsèquement pro-sioniste, l’Armageddon est «le lieu où les rois de la Terre sous direction démoniaque (méga-sic !) feront la guerre aux forces de Dieu à la fin de l’histoire».
À l’inverse, les Gardiens de la révolution iraniens professent le culte croissant du mahdisme : le retour du douzième «imam caché», Muhammad al-Mahdi, décrété par Dieu dans la cosmogonie chiite, qui reviendra un jour pour débarrasser le monde du Mal et de l’Injustice, lors d’une «bataille apocalyptique finale» entre deux armées, où «les forces du chiisme triompheront du Mal». Il est frappant de constater que les chiites iraniens connaissent mieux le monde «occidental» que l’«Occident» ignorant ne connaît le «mahdisme».
Par Alfredo Jalife-Rahme
Sources : La Jornada via Réseau Voltaire ; traduction Maria Poumier
