mercredi, 11/03/2026   
   Beyrouth 05:34

Liban : nouvelles frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth

La cité sportive de Beyrouth

Israël a mené tôt mercredi de nouvelles frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, alors que son offensive a fait quelque 760.000 déplacés au Liban.

L’agence officielle Ani a fait état d’un « raid violent » sur la banlieue sud de la capitale.

L’armée israélienne avait annoncé plus tôt une vague de frappes sur Beyrouth, disant cibler « des infrastructures du Hezbollah ».

Près de 500 personnes ont été tuées par l’agression israélienne depuis le 2 mars, selon des chiffres officiels.

Et au moins 759.300 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne de frappes.

La représentante du HCR au Liban, Karolina Lindholm Billing, a averti mardi à Genève que « le nombre de personnes déplacées continue d’augmenter ».

« La plupart ont fui précipitamment, presque sans rien, et cherchent refuge à Beyrouth, au Mont-Liban, dans la région du nord du Liban et dans certaines parties de la Békaa », a-t-elle expliqué.

Dans l’immense Cité sportive à Beyrouth, un camp de toile a été installé pour accueillir les déplacés fuyant les bombes.

« Nous avons fui à pied à deux heures du matin et avons passé la première nuit dehors », sur le front de mer, a raconté mardi à l’AFP Fatima Chehadé, une habitante de la banlieue sud âgée 35 ans, mère de quatre enfants dont un bébé.

Mardi après-midi, de violentes frappes avaient déjà visé le sud de la capitale, pilonné depuis neuf jours.

Dans le sud du Liban, l’armée israélienne a également frappé mardi le secteur de Tyr, après avoir exhorté la population à évacuer.

Selon Ani, le maire et un conseiller municipal de la ville de Jwaya, près de Tyr, ont été tués.

Des raids « successifs » sur la ville de Qana, également près de Tyr, ont fait cinq martyrs et cinq blessés, selon le ministère de la Santé mercredi.

Près de la frontière, des combattants du Hezbollah ont attaqué à plusieurs reprises des troupes israéliennes près des villes frontalières de Khiam et d’Odaisseh, a déclaré la formation libanaise dans un communiqué.

L’Ani a également fait état d' »affrontements entre le Hezbollah (…) et une force ennemie en périphérie de la localité d’Aitaroun », dans ce secteur.

Israël a enjoint à plusieurs reprises les habitants d’évacuer une vaste zone du sud, s’étendant de la frontière jusqu’au fleuve Litani, à une trentaine de km plus au nord.

Alma al-Chaab évacué après l’assassinat d’un curé

Les derniers habitants d’un village chrétien frontalier avec Israël, Alma Al-Chaab, qui avaient résisté aux avertissements israéliens, ont été évacués mardi par les Casques bleus, selon une source de l’ONU et un correspondant de l’AFP.

« 83 personnes sont parties, personne n’est resté parce qu’ils se sentaient en danger », a indiqué à l’AFP le maire du village, Chadi Sayah.

Lundi, l’armée ennemie israélienne avait tué père Pierre Raï, qui était le curé de la paroisse de Qlayaa, qui fait partie des villages chrétiens frontaliers du sud du Liban ayant décidé de se tenir à l’écart du conflit et de ne pas suivre les ordres d’évacuation israéliens.

Une maison du village a été visée lundi par « deux tirs d’artillerie successifs provenant d’un char ennemi de type Merkava », selon l’Ani.

Le curé avait pris part vendredi à un rassemblement devant une église de Marjeyoun, localité avoisinante, où plusieurs dizaines d’habitants se sont dit résolus à rester sur leurs terres.

« Lorsque nous défendons nos terres, nous le faisons en tant que pacifistes qui ne portent que des armes de paix », avait alors déclaré Pierre Raï.

Il avait appelé à considérer Marjeyoun comme « une zone rouge », c’est-à-dire qui ne devrait pas abriter des déplacés des zones partisanes du Hezbollah.

15 secouristes martyrs

Le Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, a indiqué mardi que 15 de ses secouristes sont tombés en martyrs et 30 ont été blessés par des frappes israéliennes depuis le début de la guerre.

Al-Qard al-Hassan

Lundi, l’aviation ennemie israélienne a mené des frappes sur des succursales d’Al-Qard al-Hassan dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, après un avertissement. Cette société qui remplace les banques, avec des crédits et services est frappée depuis de longues années de sanctions par les Etats-Unis. Sous pression américaine, les autorités libanaises ont également pris des mesures visant à resserrer l’étau autour d’Al-Qard al-Hassan.

Le Parlement libanais a reporté lundi de deux ans les législatives prévues en mai, en raison de la guerre.

Source : Avec AFP