vendredi, 06/03/2026   
   Beyrouth 21:02

L’économie israélienne sous le poids de la guerre : des milliards de shekels s’évaporent chaque semaine

Quelques jours seulement après le début de l’agression américano-israélienne contre l’Iran, ses répercussions économiques sur ‘Israël’ commencent à se révéler.

Celles-ci semblent, jusqu’à présent, similaires à celles enregistrées lors de la précédente guerre avec la République islamique en juin dernier, qui avait duré 12 jours.

Dans ce contexte, des estimations officielles préliminaires du ministère des Finances du gouvernement d’occupation révèlent que les pertes économiques pourraient dépasser 9 milliards de shekels par semaine, compte tenu des larges restrictions imposées à l’activité économique depuis le début de la confrontation.

Les mesures dictées par le « Commandement du Front intérieur », incluant la fermeture des écoles et la paralysie de larges secteurs, ainsi que l’appel massif des réservistes, ont eu un impact négatif sur la productivité et la consommation du marché local.

Selon les données publiées par le journal économique hébreu Calcalist, les dommages économiques pourraient atteindre 9,4 milliards de shekels par semaine si les restrictions actuelles persistent. Le journal ajoute qu’un assouplissement de ces mesures pourrait ramener les pertes à environ 4,3 milliards de shekels hebdomadaires.

La fermeture des commerces et entreprises constitue la part la plus importante des pertes ; selon l’économiste en chef du ministère des Finances, elle coûte à l’économie environ 8 milliards de shekels par semaine.

Les restrictions sur le système éducatif sont estimées à 900 millions de shekels hebdomadaires, tandis que la mobilisation des réservistes entraîne une perte supplémentaire de 500 millions de shekels.

À noter que l’armée a mobilisé environ 100 000 réservistes depuis le début de la guerre, alors que 500 000 travailleurs et employés sont absents de leur poste.

Cette situation a poussé le ministère des Finances à demander au « Commandement du Front intérieur » d’alléger les restrictions et de passer d’un confinement total, dit « État Rouge », à un niveau inférieur appelé « État Orange ».

Le ministère estime que l’état orange, qui permet aux entreprises situées à proximité d’abris ou de zones sécurisées de reprendre leur activité, réduirait ce coût économique exorbitant.

Bien que le rythme des tirs de missiles iraniens semble inférieur à celui de la confrontation précédente, la poursuite des attaques sur une période plus longue pourrait entraîner des pertes économiques durables et démultipliées.

Outre les pertes directes, le coût militaire de la guerre est un facteur majeur de l’inflation de la facture du conflit, notamment en raison de l’utilisation intensive de munitions de pointe et de systèmes militaires coûteux.

Selon des données militaires israéliennes, l’armée d’occupation a tiré environ 4 000 munitions offensives au cours des quatre premiers jours de guerre, un chiffre proche du total utilisé durant les 12 jours de la guerre précédente.

Ces données indiquent que la cadence d’utilisation des munitions est environ trois fois supérieure, ce qui a conduit le ministère de la Sécurité à tenir des réunions avec les dirigeants des industries de défense (IAI, Rafael, Elbit et Tomer) pour porter la production au « maximum possible ».

Cette hausse de la demande pourrait d’ailleurs augmenter les bénéfices de ces entreprises de plusieurs centaines de millions de dollars.

Le coût de la défense aérienne représente également une source majeure d’épuisement financier, particulièrement avec l’utilisation des systèmes Arrow 2 (Hetz 2) et Arrow 3 pour intercepter les missiles balistiques iraniens.

Le coût d’un seul missile intercepteur s’élève à environ 2,5 millions de dollars. On estime que l’interception de plus de 200 missiles balistiques lancés vers ‘Israël’ depuis le début de la guerre a coûté entre 1 et 2 milliards de shekels, en plus des centaines de millions dépensés en munitions offensives pour les raids aériens.

L’intensité des opérations aériennes ajoute un fardeau supplémentaire : l’armée de l’air a effectué environ 1 600 sorties en seulement quatre jours.

Les avions israéliens effectuent des sorties plus longues et à plus longue portée grâce à l’utilisation d’avions ravitailleurs américains, ce qui augmente mécaniquement le coût opérationnel.

Les conséquences s’étendent aussi aux marchés financiers, où la bourse israélienne subit une forte volatilité et le shekel subit des pressions dues à l’incertitude sécuritaire.

Les experts craignent également un impact sur la note souveraine (rating) d’Israël si le déficit financier se creuse et que le gouvernement doit augmenter ses emprunts.

Enfin, ces développements surviennent alors que le gouvernement fait face à des pressions politiques internes pour l’adoption du budget de l’État 2026, qui doit être approuvé par la Knesset avant la fin du mois de mars, sous peine de dissolution automatique du Parlement et de la tenue d’élections législatives anticipées sous 90 jours.

Actuellement, la guerre paralyse presque totalement le travail de la Knesset et le gouvernement fonctionne sur la base d’un budget mensuel temporaire calqué sur celui de 2025.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar