Un tribunal grec a condamné jeudi quatre hommes, dont deux Israéliens, à huit ans de prison dans le cadre d’un scandale de logiciels espions qui a secoué le gouvernement en 2022.
L’affaire concerne l’utilisation illégale du logiciel espion Predator pour cibler les téléphones de plus de 90 personnalités politiques, journalistes, chefs d’entreprise et hauts responsables militaires.
Parmi les accusés figure Tal Dilian, ancien soldat israélien du Mossad et fondateur d’Intelexa, la société de logiciels espions basée en Europe et qui commercialisait le programme Predator en Grèce. Son associé et deux anciens cadres grecs de l’entreprise sont également poursuivis.
Les accusés, absents à l’audience, ont été reconnus coupables de « violation du secret des communications téléphoniques », selon le juge.
Ils ont également été reconnus coupables de « manipulation répétée d’un système de stockage de données personnelles » et d’« accès illégal à un système d’information ou à des données ». Les quatre hommes resteront en liberté dans l’attente de l’examen de leur appel.
Le logiciel Predator, permet non seulement d’extraire tout le contenu d’un téléphone portable infecté, mais aussi d’activer le microphone et la caméra du téléphone à l’insu de son propriétaire. Ce logiciel est similaire à Pegasus, également développé par une société israélienne et utilisé par des dictatures et d’autres régimes.
Le scandale a éclaté début 2022 lorsque le journaliste d’investigation grec Thanasis Koukakis a découvert que le Service national de renseignement (EYP) l’espionnait et que le logiciel Predator avait été installé sur son téléphone.
Selon l’autorité grecque de surveillance de la sécurité et de la protection des communications, le logiciel a été utilisé contre plus de 90 personnes, et le scandale a contraint de hauts responsables du gouvernement du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis à démissionner.
En juillet 2022, le scandale a pris une tournure politique lorsque Nikos Androulakis, alors député européen et futur chef du parti socialiste PASOK-Kynal, a révélé que son téléphone avait également été piraté.
Le scandale a entraîné la démission de Grigoris Dimitriadis, un proche collaborateur et parent du Premier ministre.
En Europe
Le média français Mediapart a dans une enquête révélé une alliance entre Intellexa qui compte parmi ses consultants l’ancien Premier ministre Ehud Olmert et Nexa, une société française.
Le scandale du « Watergate grec » a permis de révéler que cette dernière a vendu Predator à des pays comme l’Égypte, le Vietnam et Madagascar.En Égypte, il a déjà été établi qu’un ancien candidat à la présidentielle et un candidat actuel opposé à al-Sissi avaient été ciblés par ce logiciel.
Mediapart rapporte que cette dernière a également fourni à d’autres dictatures un logiciel permettant la surveillance massive des communications internet, avec la complicité des services secrets français et le silence d’Emmanuel Macron, avec lequel la société entretenait des relations directes.
Nexa l’a également utilisé à des fins d’espionnage politique en Europe.
Source : Divers
