mercredi, 15/04/2026   
   Beyrouth 08:43

Le pouvoir de la honte à genoux à Washington : pas d’arrêt de la guerre et complicité dans le sang des Libanais

Le pouvoir de l’occupation américano-israélienne au Liban a franchi l’étape politique la plus vile, pratiquant une trahison flagrante envers le peuple et les victimes de l’agression israélienne continue, en allant s’afficher pour une « photo de la honte » avec les délégués des deux États criminels. Non content de cela, ce pouvoir a accepté un communiqué adoptant la position de l’ennemi face à la Résistance, faisant du désarmement de celle-ci une condition à tout cessez-le-feu.

En attendant que les présidents Joseph Aoun et Nawaf Salam s’expliquent sur les « exploits » de la rencontre de Washington, les déclarations du secrétaire d’État américain Marco Rubio indiquent que ce qui est proposé dépasse désormais l’accord de trêve du 27 octobre 2024.

Parallèlement, le gouvernement de l’ennemi a annoncé après la réunion qu’il n’était nullement question d’un cessez-le-feu ni d’un retrait du Liban, appelant le gouvernement libanais à engager la bataille pour le désarmement du Hezbollah.

La déclaration la plus révélatrice est venue du ministre des Finances de l’ennemi, Bezalel Smotrich : « Personne ne démantèlera le Hezbollah à notre place, mais le Liban nous donnera la légitimité pour le faire. »

Après la trahison du mardi 14 avril, il incombe à tous d’exiger des comptes à Aoun et Salam sur les droits obtenus en échange de cette nouvelle concession. S’ils persistent dans cette voie du « désarmement d’abord », ils porteront la responsabilité directe de toute détérioration de la situation. Actuellement, tous les efforts de leurs partisans visent à trouver les moyens de contraindre les forces de sécurité et militaires à exécuter le désarmement par la force.

Le Hezbollah avait anticipé cette rencontre de la honte par une position claire de Cheikh Naïm Qassem, affirmant que la Résistance se poursuivra tant que l’occupation et l’agression dureront.

Il a réitéré les conditions nécessaires à l’arrêt de la guerre : cessez-le-feu, retrait total et immédiat, libération des prisonniers, retour sécurisé des habitants du Sud et lancement de la reconstruction. Cheikh Qassem a martelé que le Parti ne coopérera plus avec un pouvoir qui le considère comme hors-la-loi.

Mardi, le département d’État à Washington a été le théâtre d’une mise en scène des partisans d’Israël, marquée par un échange entre les ambassadeurs israélien et libanais en présence de Rubio et de l’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa.

Le communiqué final a servi les intérêts de l’occupation, sans aucune mention d’un engagement de l’ennemi à un cessez-le-feu ou au retrait.

Résultat : l’ennemi a obtenu ce qu’il voulait (aucune contrainte pour arrêter ses crimes) et Washington a obtenu un prétexte à Islamabad pour empêcher l’Iran d’imposer un cessez-le-feu au Liban.

Avant la réunion, l’ennemi a fuité son plan pour la phase suivante via Ron Dermer, divisant la géographie libanaise en trois zones : une bande de 8 km sous contrôle israélien total, suivie d’une zone de déploiement de l’armée libanaise jusqu’au fleuve Litani, puis un déploiement plus large des forces officielles avec pour mission le désarmement complet du Hezbollah.

Le quotidien israélien Haaretz rapporte qu’Israël négociera sous le feu pour atteindre cet objectif, tandis que l’autorité de diffusion israélienne indique que les forces israéliennes se préparent à rester longtemps dans la nouvelle zone de sécurité.

Alors que le président de la République a tenté d’embellir le scandale en parlant d’une « opportunité de concrétiser un accord », le communiqué conjoint a confirmé une coopération libano-américano-israélienne contre la Résistance.

Rubio a déclaré que ce processus marquait la fin de « 30 ans d’influence du Hezbollah », tandis que l’ambassadeur d’Israël affirmait que le Liban ne resterait plus sous « hégémonie iranienne ».

Des sources de haut niveau qualifient cette rencontre de « couronnement de discussions secrètes » déjà entamées, révélant que ce n’était pas la première rencontre entre l’ambassadrice du Liban et l’ambassadeur israélien, des réunions ayant déjà eu lieu sous le parrainage du sioniste libanais Antoun Sehnaoui.

Selon ces sources, le pari interne de dissocier le sort du Liban des interactions américano-iraniennes reflète une profonde erreur de jugement stratégique.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar