samedi, 31/10/2026   
   Beyrouth 12:35

Média : la réponse iranienne à la proposition de JD Vance a été finalisée et transmise au médiateur qatari

La délégation qatarie en visite à Téhéran

L’escalade du conflit entre Téhéran et Washington se déroule sur deux fronts parallèles : d’une part, les deux camps finalisent leurs préparatifs en vue d’une nouvelle offensive militaire ; d’autre part, une intense activité diplomatique vise à conjurer le spectre de la guerre et à parvenir à un accord.

Dernier développement diplomatique en date : une délégation qatarie de haut niveau, conduite par le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, est arrivée hier en Iran et a rencontré de hauts responsables, selon l’agence de presse officielle iranienne.

Cette visite s’inscrit dans le cadre des consultations en cours concernant une « nouvelle initiative diplomatique » pour parvenir à un accord entre Téhéran et Washington. Doha a présenté cette initiative aux autorités iraniennes la semaine dernière. Elle repose sur la combinaison des propositions iraniennes et américaines, notamment concernant la « mise en œuvre mutuelle et progressive des engagements dans un délai défini ».

Selon des sources bien informées pour le quotidien libanais al-Akhbar, l’Iran ne s’oppose pas à ces engagements mutuels, y compris la levée du blocus naval américain et l’ouverture du détroit d’Ormuz au contrôle iranien. Toutefois, sa principale réserve concerne la clause relative aux « concessions nucléaires », incluse dans l’initiative d’apaisement des États-Unis.

Cette clause stipule que Téhéran doit, dans un premier temps, autoriser les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à accéder au territoire iranien, conformément à l’Accord du Caire signé entre Téhéran et l’AIEA en septembre 2015. En contrepartie, l’initiative qatarie exige de Washington la levée de certaines sanctions et le déblocage d’une partie des avoirs iraniens gelés.

Ces dernières semaines, les autorités iraniennes ont insisté à plusieurs reprises sur le fait que toute négociation concernant le programme nucléaire du pays ne doit débuter qu’après une déclaration formelle de fin de la guerre, suivie de mesures concrètes telles que la levée du blocus naval, la levée des sanctions pétrolières, le déblocage des avoirs gelés et la réouverture du détroit d’Ormuz.

De ce point de vue, la visite d’Al Thani à Téhéran, « coordonnée à l’avance avec Washington » selon Reuters, apparaît comme une tentative de persuader l’Iran de reconsidérer ses réserves, sauvant ainsi l’initiative qatarie et évitant l’effondrement total du processus diplomatique.

Cependant, ce qui confère une importance exceptionnelle à la visite de la délégation qatarie est son timing, coïncidant avec les informations des médias américains selon lesquelles le vice-président américain J.D. Vance a adressé un message écrit au secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaei. Ce message aurait été envoyé précisément au moment où l’initiative qatarie était présentée à Téhéran. D’après des fuites dans la presse, Vance a insisté dans son message sur la nécessité d’inclure la question nucléaire à la table des négociations, proposant l’ouverture de pourparlers directs et exprimant sa volonté personnelle de diriger et de superviser ces négociations.

Dans ce contexte, des sources proches du Secrétariat général du Conseil suprême de sécurité nationale ont indiqué pour al-Akhbar que la réponse iranienne à la proposition du vice-président américain J.D. Vance avait été élaborée et finalisée, et que des responsables iraniens l’auraient transmise hier au médiateur qatari.

Dans les prochains jours, il deviendra clair si ces efforts aboutiront à un accord, ou si les parties s’engageront dans une escalade des tensions, que les États-Unis se préparent de plus en plus à relancer immédiatement après les élections de mi-mandat prévues mardi prochain.

Source : Médias