L’ancien dirigeant du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, a déclaré qu’il s’attend à un retrait américain de la région qui va laisser un vide qu’Israël comblerait, mettant en garde contre les tentatives israéliennes de créer les conditions de l’établissement de colonies au Sud-Liban, rappelant que « les Israéliens disent explicitement qu’ils veulent étendre davantage leur territoire ».
Lorsque les Américains partiront, « Netanyahu est là, il va s’emparer du territoire, l’étendre et bâtir son empire, son empire biblique », a-t-il prévenu dans une interview accordée à la journaliste Hadley Gamble pour le réseau médiatique IMI.
Joumblatt a déclaré que le gouvernement libanais « a commis une erreur en ne choisissant pas la voie d’Islamabad, mais celle de Marco Rubio, qui ne nous mènera nulle part. ».
La voie d’Islamabad renvoie à l’accord de mémorandum d’entente qui avait été conclu pour l’arrêt de la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran et qui stipulait la cessation des hostilités sur tous les fronts dont le front libanais précisément. La voie de Rubio est celle des négociations directes du gouvernement libanais avec l’entité sioniste sous médiation américaine.
« Je ne crois pas que les négociations israélo-libanaises, sous leur forme actuelle, aboutiront à un résultat tant qu’Israël occupe le sud », a affirmé Joumblatt soulignant qu’« il ne peut pas dire que le gouvernement a échoué ; il a essayé, mais croire que les Américains sont capables de faire pression sur Israël pour qu’il se retire du Liban est une illusion totale. »
Walid Joumblatt a aussi dit s’attendre à que les Israéliens tentent d’expulser les Palestiniens de Gaza en les bombardant et en les tuant, pour les pousser vers l’inconnu, que ce soit vers un endroit en Afrique ou au Moyen-Orient, ou vers la Transjordanie, étant donné que l’ancien slogan de la politique israélienne était qu’« Il n’y a pas de Palestine, et s’il y a une Palestine, qu’elle soit en Transjordanie ».
Il a rappelé que la politique d’Israël « passée, présente et future repose sur l’effacement de l’identité nationale palestinienne, de Gaza à la Cisjordanie, et sur l’expansion en Syrie et au Liban », ajoutant : « Peu importe qui remporte les élections, rien ne changera. »
« La politique d’Israël est fondée sur l’Ancien Testament et les récits bibliques », a-t-il soutenu.
« La composant chiite ne peut être éliminée »
Sur le plan libanais, Joumblatt a appelé à un « dialogue interne indispensable », fondé sur le principe selon lequel « seul l’État est autorisé à posséder des armes », considérant que le seul moyen de parvenir au désarmement du Hezbollah était de dialoguer avec lui et, éventuellement, de trouver un accord, à condition que cette voie soit soutenue par l’Iran et Israël.
Il a déclaré : « Je ne peux accepter une position intransigeante à l’égard du Hezbollah si cela risque de mener à une guerre civile », soulignant que « la composante chiite ne peut être éliminée ni contrainte de partir ; elle fait partie intégrante du Liban. »
« Nous devons vivre ensemble, chrétiens et musulmans ne peuvent être séparés les uns des autres », a-t-il aussi dit.
Les Druzes de Syrie se trompent
Concernant les Druzes de Syrie, Joumblatt a déclaré qu’ils « empruntent la mauvaise voie lorsqu’ils choisissent d’être un instrument entre les mains d’Israël », ajoutant : « Si nous, Druzes, n’appartenons pas aux larges mouvements de solidarité nationale et de nationalisme arabe, alors nous allons nous suicider. »
Selon lui, « les Druzes en Israël ne décident pas de leur sort », mais « c’est le gouvernement israélien qui décide du sort des Druzes en Israël et en Syrie ».
Joumblatt a conclu en disant : « Les crises de la région ne prendront pas fin tant que Netanyahu, le gouvernement israélien et la société israélienne auront le sentiment de pouvoir faire tout ce qu’ils veulent par la force. »
Source : Médias
