mardi, 20/10/2026   
   Beyrouth 13:01

Baghaei : La sécurité d’Ormuz appartient aux seuls pays de la région, et la réponse militaire à toute agression est prête

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a confirmé ce mardi la capacité de son pays à riposter à tout bombardement ou attaque militaire, appelant les pays de la région à coopérer et à élaborer un mécanisme de sécurité conjoint pour instaurer la stabilité, à l’écart des ingérences et des parties étrangères.

Lors d’une conférence de presse, Baghaei a souligné que « le détroit d’Ormuz et la région du Golfe Persique doivent tirer leur sécurité des pays riverains de cette voie navigable vitale », précisant que la proposition russe n’a pas été transmise dans son intégralité au public et qu’elle indique l’existence de plans portés par la Russie, la Chine et l’Iran afin d’instaurer la sécurité dans le détroit.

Il a également réaffirmé l’appel de Téhéran adressé aux pays de la région afin de coopérer et d’œuvrer à la restauration de la confiance mutuelle, loin des ingérences extérieures, les invitant à bâtir un mécanisme sécuritaire s’ils sont désireux de stabiliser la sécurité et de prévenir toute exploitation extérieure.

Concernant la position vis-à-vis des États-Unis et des négociations, en réponse à une question sur le non-respect des engagements américains et l’intérêt des pourparlers, Baghaei a expliqué que « l’Iran n’insiste sur rien d’autre que la garantie des intérêts de son peuple ».

Et d’ajouter: « Nous sommes habitués aux violations d’engagements de la part de Washington, et nous sommes tenus de garantir les intérêts de notre peuple par tous les moyens. La diplomatie fait partie de la défense, et nous tentons autant que possible d’employer la diplomatie et la politique pour désamorcer les tensions. »

Réagissant aux allégations américaines selon lesquelles l’Iran aurait été informé à l’avance de leur intention d’attaquer, Baghaei s’est indigné : « Croyez-vous vraiment à ces propos ? », affirmant que le bombardement des bases américaines situées sur les territoires de pays arabes s’inscrivait dans le cadre de la légitime défense.

Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de ne pas prendre au sérieux les déclarations du Pentagone concernant l’enquête de Minab, dans la mesure où l’ensemble des attaques militaires américaines constituent un crime majeur.

Reaffirmation des constantes nucléaires et développement des relations avec Moscou

Abordant la visite du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à Téhéran et les questions nucléaires, Baghaei a souligné que l’Iran ne renoncera pas à ses principes, en particulier sur le dossier nucléaire car il est dans l’intérêt du peuple.

Il a précisé que le dossier nucléaire n’était pas l’axe principal des entretiens, les réunions ayant plutôt porté sur des sujets d’intérêt commun tels que le Caucase et le détroit d’Ormuz, tout en affirmant que les relations entre les deux pays sont « très bonnes ».

« La solution est yéménito-saoudienne »

Au sujet de l’Organisation de la coopération islamique et du dossier yéménite, Baghaei a exprimé le refus de l’Iran d’inclure toute clause ne servant pas les intérêts et l’unité de la nation islamique.

Il a rappelé que la question du Yémen a fait l’objet de divergences entre pays musulmans, ce qui contredit la philosophie fondatrice de l’organisation et nuit à son unité, réitérant que la question yéménite peut être résolue par la voie diplomatique entre le Yémen et l’Arabie saoudite.

Relations régionales et affirmation des droits populaires en Azerbaïdjan

Sur le plan régional et international, Baghaei a salué les relations positives avec le Pakistan et le Qatar, soulignant la nécessité de faire prévaloir la logique de bon voisinage et de faire face à l’escalade, à la colonisation et aux crimes israéliens dans la région.

Commentant la situation en Azerbaïdjan, Baghaei a affirmé qu’il appartient au peuple azerbaïdjanais de déterminer la manière d’aborder la loi sur le voile, exprimant l’espoir de Téhéran de voir l’État d’Azerbaïdjan — lié à l’Iran par des relations fraternelles — respecter les droits de son peuple.

Source : Médias