samedi, 17/10/2026   
   Beyrouth 20:21

Journée de manifestations en France : 500 mille manifestants et 1750 rassemblements, selon la CGT

« Plus de 500.000 » personnes ont participé aux actions et défilés organisés samedi en France contre la « vie chère », a indiqué le syndicat CGT, appelant le gouvernement à « arrêter de réprimer », après les affrontements observés entre manifestants et forces de l’ordre.

« Le gouvernement doit arrêter de réprimer et répondre immédiatement aux revendications sociales », a indiqué dans un message à l’AFP le syndicat, qui faisait partie des organisations ayant appelé à participer.

Il a salué une « nouvelle grande journée de mobilisation, la plus importante depuis la rentrée » avec « 1.750 rassemblements ou manifestations dans toute la France » et « plus de 500.000 manifestants ».

Dans la deuxième économie de la zone euro, surendettée et sous étroite surveillance des marchés financiers, cette mobilisation intervient sur fond de fortes tensions sociales, à 6 mois de l’élection présidentielle. Elle est alimentée par la flambée des carburants, une baisse du pouvoir d’achat et des semaines de mobilisations lycéennes qui ont suscité une réponse policière jugée disproportionnée.

La CRS 8, une unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été déclenchée pour prêter main forte samedi aux forces de l’ordre dans la capitale, selon l’AFP.

Nouvelle mutilation

Les manifestations ont été marquées par des violences policières qui ont causé entre autres une nouvelle mutilation. Un manifestant a eu la main arrachée samedi à Saint-Étienne, dans le centre, par une grenade policière lancée par les forces de l’ordre, a appris l’AFP auprès d’une source proche du dossier. La première avait eu lieu à Lens début octobre dans le nord de la France.

Entraves à la liberté de presse

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a pour sa part, condamné, sur X, des entraves à la liberté de la presse recensée depuis le matin lors des manifestations en cours en France. Elle fait état de journalistes empêchés de faire leur travail et de fouilles violentes. RSF a rappelé que les forces de l’ordre doivent respecter le rôle des journalistes, conformément au Schéma national du maintien de l’ordre (SNMO). 

133 personnes interpellées à Paris

L’AFP a rendu compte d’incidents et de violences en marge de manifestations, à Paris et dans plusieurs villes françaises .

A proximité de l’emblématique place de la République à Paris, point de départ du cortège, les forces de l’ordre ont dès la mi-journée fait usage de gaz lacrymogènes pour répondre à plusieurs centaines de manifestants.

Alors que le cortège commençait à battre le pavé, les policiers ont ensuite fait usage d’un canon à eau pour repousser des manifestants.

A 12H00 GMT, 133 personnes avaient été interpellées à Paris, selon la préfecture de police.

À Paris, où les contrôles se sont multipliés pour faire respecter des arrêtés d’interdiction de manifester dans certains secteurs stratégiques de la capitale, les forces de l’ordre sont intervenues autour de deux cortèges spontanés, selon les autorités.

« On prend la Bastille »

A Marseille, des manifestants ont enfoncé la porte et brièvement fait irruption dans le hall de la mairie en criant « c’est la Révolution, on prend la Bastille », suggérant la prise de cette prison par les Parisiens le 14 juillet 1789, au début de la Révolution française. Le maire de Marseille a ensuite annoncé avoir obtenu l’envoi de renforts de police dans la ville.

A la mi-journée, les autorités ont recensé 140 actions avec 32.800 personnes dans les régions, selon l’entourage du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez.

À Lyon, les forces de l’ordre ont dispersé à l’aide de gaz lacrymogènes un rassemblement organisé près de l’université Lyon 3. Un office de tourisme y a été incendié.

 À Rennes, des barricades enflammées ont entraîné une interruption temporaire de la circulation sur la rocade.

« Grignotage » des services publics

« Aujourd’hui, il y a un point de convergence de plein de colères, toutes légitimes et toutes plus ou moins liées », explique Florine Pigny, une tatoueuse de 36 ans, présente dans l’un d’eux.

Se présentant comme une « mère de famille qui s’inquiète pour l’avenir de sa fille », elle se dit ulcérée que « depuis quelques décennies, petit à petit, un petit bout par-ci, un petit bout par-là, nos gouvernants grignotent nos services publics, alors que dans le même temps, les ultra-riches s’enrichissent toujours plus ».

Parmi les interpellations parisiennes, 21 sont intervenues après une action devant le siège de la télévision CNews, détenue par le groupe du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, cible de jets de projectiles.

« On étouffe »

Un appel intitulé « jaunes et jeunes » sur internet exhorte « Gilets jaunes, Gen Z, Indignés, paysans, pompiers, ouvriers, profs, soignants, défenseurs du climat, habitants des quartiers, retraités » à faire converger leurs revendications samedi.

« A la fin du mois, je n’ai plus rien, les prix augmentent mais pas les salaires. On n’en peut plus, on étouffe », dénonce Franck, un fonctionnaire quadragénaire qui a manifesté à Guéret, petite ville du centre du pays.

Mégaphone en main, Elya, une lycéenne de 17 ans s’apprête à marcher à Paris avec des amis.

« Aujourd’hui c’est la grande manifestation pour tous, les agriculteurs, les chômeurs, les salariés, les étudiants, les lycéens et encore plein d’autres. On est là pour montrer une revendication, pour montrer qu’on est fâchés et pour qu’on soit entendus », explique-t-elle.

Une nouvelle journée d’action intersyndicale est prévue le 5 novembre.

Source : Avec AFP