mardi, 15/09/2026   
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Politico: La Maison-Blanche rongée par la frustration face à la flambée des prix du pétrole

L’extension des conflits au Moyen-Orient et en Europe « précipite les marchés mondiaux de l’énergie vers de nouvelles crises », au moment même où les raffineurs et distributeurs de carburant américains commencent à montrer de très sérieux signes d’épuisement opérationnel, révèle le journal Politico.

À moins de deux mois des élections de mi-mandat, le président américain Donald Trump et sa Maison-Blanche — en proie à un profond sentiment d’impuissance — constatent qu’ils ne disposent que de marge de manœuvre insignifiante pour enrayer l’envolée des cours du brut. Une flambée incontrôlée qui menace directement de faire sauter le verrou républicain sur le Congrès.

Alors qu’aucune « solution rapide à la guerre contre l’Iran n’est en vue », un oléoduc saoudien névralgique demeure hors service depuis plusieurs semaines après avoir été frappé par des roquettes. Dans le même temps, le mouvement Ansarullah au Yémen a consolidé son emprise sur Bab-el-Mandeb, deuxième goulot d’étranglement énergétique mondial. En parallèle, les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes paralysent la production de diesel, tandis que les pétroliers franchissant le détroit d’Ormuz continuent de subir des tirs ciblés.

Flambée historique des carburants à la pompe

Ces facteurs cumulés ont provoqué une hausse vertigineuse des prix à la pompe, alors même que les parlementaires républicains s’apprêtent à affronter l’électorat. Lundi, le baril de pétrole brut à l’échelle mondiale a grimpé à 109 dollars, atteignant son plus haut niveau depuis mai dernier.

Selon l’Association américaine de l’automobile (AAA), le gallon de diesel a battu un nouveau record absolu à 6,23 dollars, tandis que l’essence ordinaire frôle les 4,32 dollars le gallon.

Frayeur et désarroi au sommet de l’État

Ancien conseiller économique de Donald Trump, Stephen Moore confie que l’ambiance au sein du pouvoir exécutif se résume à « une vive frustration de ne pas pouvoir juguler cette crise ».

Il souligne que la hausse vertigineuse des coûts énergétiques agit comme « un impôt punitif sur l’économie », annulant les bénéfices de certains indicateurs positifs tels que l’accroissement de l’épargne-retraite ou la croissance boursière. « Le drame est qu’ils ne peuvent pas faire grand-chose : nous faisons face à un marché mondial et à un approvisionnement mondial en brut », tranche-t-il.

Un conseiller extérieur sur les questions d’énergie, s’exprimant sous couvert d’anonymat, confirme que l’inquiétude frise l’angoisse dans les couloirs de la Maison-Blanche, l’administration se trouvant dépourvue de leviers d’action immédiats pour faire chuter les cours.

Présent au sommet des ministres de l’Énergie du G20 à Dallas, le secrétaire à l’Intérieur Doug Burgum a bien été contraint de reconnaître la gravité de la hausse des prix, tout en martelant qu’il ne s’agirait que d’une crise éphémère.

Burgum s’est efforcé de faire le parallèle entre la poussée actuelle des cours — consécutive à l’offensive américain-israélienne contre l’Iran en février — et ce qu’il qualifie de dérives de l’administration Biden pour subventionner les énergies renouvelables au détriment des énergies fossiles.

De son côté, Donald Trump, qui avait réussi par le passé à faire fléchir les marchés par de simples déclarations, a tenté de renouveler l’exercice via une série de publications agressives sur ses réseaux sociaux lundi. Sans succès : les cours du pétrole sont demeurés crispés au plus haut depuis quatre mois.

Pour aggraver la situation, l’outil industriel national craque. Après des mois de surrégime frôlant 100 % des capacités pour maintenir l’approvisionnement du pays, les raffineries américaines montrent des défaillances physiques. L’usine d’ExxonMobil située à Joliet, dans l’Illinois, a subi une panne d’électricité majeure dimanche, imputable à cette surchauffe, réduisant drastiquement sa production jusqu’en fin de semaine.

Un responsable du secteur de l’énergie prévient : cet incident n’est que le premier signal d’alarme. Les prix du diesel risquent de grimper encore plus haut avec l’approche de l’automne et de l’hiver, périodes où la demande mondiale de distillés est maximale.

Et de conclure : « Il est physiologiquement impossible pour des raffineries de tourner à plus de 95 % de leur capacité pendant six mois consécutifs sans casser. »

Source : Médias