Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a accusé lundi Israël d’être à l’origine de la récente crise migratoire en provenance du Maroc, en raison de la position de son pays condamnant le génocide dans la bande de Gaza.
« La crise migratoire en provenance du Maroc a commencé par une campagne sur les réseaux sociaux lancée par des pages israéliennes » a révélé Sanchez sans un communiqué de presse.
Il a révélé que « les informations publiées par la Commission européenne indiquent que des parties israéliennes sont impliquées dans la crise migratoire », ajoutant : « Israël s’intéresse-t-il vraiment à ce point à la question des migrants en Espagne… ou s’attaque-t-il à la position espagnole contre le génocide à Gaza ? »
Sanchez a nié que les autorités marocaines aient une quelconque responsabilité, « de quelque manière que ce soit », dans l’afflux soudain de réfugiés du territoire marocain vers l’enclave de Ceuta il y a un mois.
Le Premier ministre espagnol a aussi accusé la Russie ainsi qu’une « internationale d’extrême droite » d’avoir contribué à instrumentaliser la migration pour attaquer l’Espagne mais aussi l’Europe.
Selon Reuters, Sanchez fonde ses accusations contre la Russie et Israël sur une enquête du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), le service diplomatique de l’Union européenne.
Le mois de juillet dernier, environ 60 000 migrants ont traversé la frontière marocaine pour rejoindre la ville de Ceuta en une seule journée, lors de l’un des plus importants passages de masse observés aux frontières sud de l’Union européenne.
Le gouvernement espagnol a annoncé par la suite qu’environ 72 000 migrants en provenance du Maroc étaient entrés à Ceuta, précisant qu’il en avait renvoyé la plupart.
La crise s’est étendue à l’Union européenne, où l’Italie a imposé des restrictions aux arrivées en provenance d’Espagne, tandis que Madrid a annoncé qu’elle imposerait des contrôles sur les vols et les navires venant d’Italie, en guise de contre-mesure à la suspension par Rome de l’accord de Schengen entre les deux pays.
Ceuta est régulièrement le théâtre de tentatives de passage massives en raison de sa proximité géographique avec le territoire marocain et de son statut de porte d’entrée directe vers l’Union européenne. La plus importante vague de passages à ce jour a eu lieu en mai 2021, lorsque près de 10.000 personnes sont entrées à Ceuta dans un contexte de différend diplomatique entre Rabat et Madrid.
Source : Médias
