vendredi, 28/08/2026   
   Beyrouth 07:07

Baisse constante du Likoud dans les sondages : la défaite de Netanyahu se confirme

Par Yehya Dbouk

La défaite du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, dans la course électorale est devenue une possibilité bien réelle, au vu du recul continu de ses chances dans les sondages d’opinion. Ce déclin ne touche pas uniquement le Likoud, mais s’étend à l’ensemble de la coalition qu’il dirige.

Fait marquant : cette baisse apparaît constante dans les enquêtes d’opinion, alors que moins de deux mois séparent désormais l’Entité de la date des élections fixée au 27 octobre prochain.

En tête des rivaux de Netanyahu figure le chef du parti Yashar et ancien chef d’état-major, Gadi Eizenkot. Les sondages indiquent que lui et ses alliés pourraient atteindre le seuil des 61 sièges à la Knesset sur 120 — contre au maximum 50 sièges pour Netanyahu et ses alliés —, ce qui pourrait leur permettre de former un gouvernement sans le soutien des partis palestiniens de 1948.

Dès lors, la stratégie actuelle de Netanyahu ne semble plus reposer sur la recherche de la victoire, mais sur la limitation des dégâts autant que possible et sur la volonté de compliquer la tâche de ses rivaux au cas où l’un d’eux serait chargé de former le gouvernement.

Se trouvant aujourd’hui dans une posture défensive inédite, le maintien de l’unité du bloc de droite constitue désormais l’un des axes majeurs de sa stratégie.

Cela s’avère d’autant plus crucial avec la prolifération de petites formations de droite issues de son propre bloc, articulées autour d’une ou deux personnalités et cherchant à faire leur entrée à la Knesset.

Le danger de ces partis réside dans le fait qu’ils grignoteront des voix au détriment des grandes formations de droite sans parvenir à franchir le seuil électoral, ce qui entraînera une perte pure et simple de suffrages et privait l’ensemble du camp de sièges qu’il n’aurait pas perdus autrement.

Cela explique l’offensive de Netanyahu contre ces formations naissantes, son appel aux électeurs de droite à les boycotter, et sa mise en garde : voter pour un petit parti pourrait revenir à livrer le pouvoir aux adversaires et à la « gauche ».

Dans le même temps, la sécurité demeure le titre phare de la stratégie discursive de Netanyahu à la veille des élections. Il s’efforce en effet de présenter les opérations militaires et les guerres — y compris le ciblage de dirigeants du Hamas, du Hezbollah et d’Iran — comme la preuve de la supériorité et de l’efficacité de son gouvernement.

Mais l’insistance sur cet accomplissement ne parvient pas, jusqu’à présent, à anesthésier la mémoire de l’événement du 7 octobre 2023, sur lequel les questions concernant son déroulement et la responsabilité politique des défaillances l’ayant précédé restent sans réponse.

Ainsi, chaque fois que Netanyahu aborde ce qu’il qualifie d’évolutions ou d’exploit sécuritaires, le débat se retourne contre lui et revient sur sa propre responsabilité dans cet événement.

Malgré cela, Netanyahu s’obstine à se poser en « monsieur Sécurité » qui ne recule devant aucune pression ; c’est sous cet angle qu’il faut comprendre son refus des projets de règlement sur plusieurs fronts, allant jusqu’à fabriquer des crises qui auraient pu être contenues, comme il le fait avec la Turquie en Syrie.

Sur le volet palestinien, il continue de poser des veto sur les ententes qui se dessinent, quand bien même elles s’aligneraient sur les exigences d’Israël et sur ses propres exigences lors de phases antérieures de la guerre.

En revanche, au Liban, il maintient une escalade mesurée et non incontrôlée, dont le but est d’éviter de susciter une pression américaine ou une intervention iranienne. En d’autres termes, l’objectif n’est pas une guerre totale, mais un état de tension permanente qui maintient l’électeur dans la peur et dans le besoin du « leader expérimenté » à la poigne sécuritaire.

Quoi qu’il en soit, l’objectif principal de Netanyahu consiste à empêcher ses adversaires d’obtenir la capacité de former le gouvernement après leur victoire aux élections.

Car dans cette situation, il demeurerait au pouvoir — en tant que Premier ministre du gouvernement d’expédition des affaires courantes — jusqu’à l’organisation de nouvelles élections anticipées, prévues plusieurs mois après le constat d’échec.

Si ce scénario est celui que préfère Netanyahu, il existe deux autres scénarios : le premier, écarté par les sondages d’opinion, réside dans une victoire de la droite qui lui permettrait de former le gouvernement ; le second, qui apparaît vraisemblable, est la réussite des adversaires à constituer une coalition alternative capable de tenir.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar