Un rapport du Financial Times met en lumière la principale faiblesse de la campagne d’« isolement économique » de Etats-Unis contre l’Iran, à savoir la Chine.
En annonçant son plan, le chef du Trésor américain Scott Bessent a spécifiquement cité la Chine qui achète environ 90 % du pétrole iranien. Par conséquent, toute stratégie visant véritablement à couper « les derniers soutiens de l’économie iranienne », se heurtera tôt ou tard au marché chinois.
Son plan inclut déjà des entreprises de Hong Kong et de Chine continentale, mais a jusqu’à présent épargné les principales institutions financières chinoises, constate le journal britannique selon lequel les principales raffineries d’État chinoises respectent globalement les sanctions imposées au pétrole brut iranien, mais Pékin autorise les raffineries privées, à acheter et à traiter ce pétrole.
Le Financial Times rappelle que lorsque les États-Unis avaient imposé des sanctions à certaines de ces raffineries en début d’année, le gouvernement chinois a ordonné aux entreprises nationales de ne pas se conformer à ces mesures américaines.
La Chine dispose désormais d’un système juridique et politique plus sophistiqué pour contrer les sanctions, lui permettant d’imposer des mesures aux personnes et entreprises étrangères qui contribuent à faire respecter les restrictions occidentales imposées aux institutions et aux chaînes d’approvisionnement chinoises.
Par conséquent, l’avertissement du Département d’État n’est pas qu’une simple rhétorique diplomatique théorique ; Pékin possède des outils qu’elle peut utiliser si elle considère la campagne américaine comme une attaque directe contre ses intérêts.
Le Financial Times rappelle l’expérience de l’année dernière, lorsque la Chine a démontré sa capacité à tirer profit de son contrôle sur les minéraux critiques, essentiels aux industries de pointe, pour faire pression sur les États-Unis et perturber une partie de l’industrie manufacturière américaine.
L’administration américaine tente d’utiliser la menace de sanctions secondaires pour faire pression sur Pékin afin qu’il réduise ses échanges commerciaux avec l’Iran, mais elle est consciente qu’une application stricte de ces sanctions pourrait mettre en péril la trêve commerciale avec la Chine.
La nouveauté ne réside pas seulement dans le rejet par Pékin des sanctions américaines – une position bien connue –, mais aussi dans l’avertissement direct du gouvernement chinois : il prendra « toutes les mesures nécessaires » si Washington étend sérieusement les sanctions secondaires pour cibler les entreprises et les intérêts chinois.
Ceci soulève la question épineuse de savoir si Trump est prêt à risquer une nouvelle confrontation économique avec Pékin.
Trump et Xi Jinping doivent se rencontrer à Washington dans un mois environ pour un sommet considéré comme crucial pour l’économie mondiale. Ils devraient discuter de la prolongation de la trêve commerciale d’un an conclue en octobre et renforcée par la visite cordiale de Trump à Pékin en mai. Par conséquent, imposer des sanctions sévères aux entreprises chinoises quelques semaines seulement avant le sommet pourrait compromettre un processus de négociation bien plus vaste que la seule question iranienne.
Source : Médias
