mardi, 25/08/2026   
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Ormuz bloqué 6 mois : le trafic maritime divisé par six et 6.000 marins bloqués

Six mois après le déclenchement de la guerre en Iran, le détroit d’Ormuz reste largement paralysé, avec un trafic de navires de matières premières 85% inférieur à son niveau d’avant-guerre et encore quelque 6.000 marins bloqués dans le Golfe.

Plus que quelques transits par jour

Le trafic de navires de matières premières (hydrocarbures mais aussi engrais et minéraux) a dégringolé à 10 transits par jour en moyenne après le verrouillage du détroit par Téhéran le 1er mars, contre 95 transits quotidiens en moyenne en février, selon une analyse AFP des données de la plateforme de suivi de flux maritimes Kpler.

La signature d’un accord entre Washington et Téhéran mi-juin pour des pourparlers de paix a permis un rebond temporaire à 36 transits par jour, avant une rechute à 15 entre la reprise des affrontements le 8 juillet et le 22 août.

Avant le blocage du détroit par Téhéran, en riposte aux frappes israélo-américaines sur son sol le 28 février, un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial passaient par ce goulet stratégique. Téhéran a désormais mis en garde contre une « zone dangereuse » de 1.400 km2 où pourraient se trouver des mines.

Nouvelles routes et transits fantômes

La navigation dans le détroit, qui était historiquement organisée en son centre en vertu d’un système de séparation de trafic de l’Organisation maritime internationale (OMI), est maintenant scindée en deux itinéraires distincts. L’un au nord, près des côtes iraniennes, le seul approuvé par l’Iran, et l’autre au sud, entre la côte omanaise d’un côté et des zones potentiellement minées de l’autre.

Pendant la période de calme relatif, entre le 17 juin et le 7 juillet, une moyenne de 9 navires par jour empruntaient la route iranienne et 8 la route omanaise. Le reste transitant par des voies non identifiées ou la route traditionnelle de l’OMI.

Depuis que l’accord de trêve a volé en éclats le 8 juillet, les deux tiers des transits sont devenus « fantômes » ou inconnus, contre moins de 1% avant la guerre, selon Kpler.

Ces passages correspondent à des navires repérés de part et d’autre du détroit, mais dont l’itinéraire exact ne peut être confirmé faute de données suffisantes (transpondeurs désactivés, signaux brouillés, images satellites manquantes).

Centaines de bateaux et milliers de marins bloqués

Quelque 6.000 marins et 500 bateaux restent bloqués dans le Golfe depuis le début du conflit, a indiqué l’OMI à l’AFP.

L’organisation a mentionné des « discussions en cours » pour garantir une voie maritime sécurisée, mais leur aboutissement « dépend d’une désescalade dans la région ».

Ces marins n’ont pas pu être évacués pendant le cessez-le-feu dans le cadre d’un plan, interrompu, qui était censé faire sortir quelque 11.000 marins du Golfe.

Depuis six mois, au moins 20 marins et travailleurs portuaires ont trouvé la mort dans des incidents ou attaques dans la région, selon l’OMI.

Source : AFP