L’appareil de sécurité israélien ne semble voir dans le nouveau paquet de sanctions américaines contre l’Iran rien de plus qu’un moyen de reporter la reprise d’un affrontement militaire aux résultats incertains. L’évaluation dominante à Tel-Aviv indique que Washington cherche à gagner du temps jusqu’après les élections de mi-mandat, tandis qu’Israël poursuit ses préparatifs en vue d’un possible retour aux attaques contre l’Iran.
Le correspondant militaire du site Walla, Amir Bohbot, a rapporté, citant des sources au sein de l’appareil de sécurité, que « les probabilités d’élargissement de l’affrontement avec l’Iran ont régressé à court terme, après une série de rencontres et d’entretiens avec de hauts responsables américains ».
Toutefois, cette régression, selon ces mêmes sources, « ne signifie pas l’abandon de l’option militaire, mais vise à donner une chance aux sévères sanctions décidées par le président américain, Donald Trump, en attendant qu’en émergent les résultats politiques et économiques ».
Le doute israélien se concentre sur la capacité du processus économique à conduire à la soumission de Téhéran, s’il ne s’accompagne pas de décisions américaines radicales et agressives.
Les sources sécuritaires qui se sont confiées à Walla ont exprimé des doutes quant à la capacité de Washington à « dissuader les pays qui soutiennent le régime iranien, directement ou indirectement, à travers le commerce du pétrole, les comptes bancaires, les transferts financiers et les matières premières ». Elles ont estimé que « Trump n’obtiendra pas le résultat escompté sans une application rigoureuse et étendue des sanctions contre ces réseaux ».
Cette lecture sécuritaire rejoint ce qu’a publié le journal Globes, qui a décrit le nouveau paquet comme une « amplification spectaculaire de la pression, allant au-delà de l’imposition de restrictions à des entités iraniennes, pour menacer les entreprises, les banques et les pays qui continuent de transférer des fonds à l’Iran, d’acheter son pétrole ou de transporter ses marchandises », ce qui en fait un « test pour la disposition des États-Unis à punir les acheteurs et les intermédiaires hors d’Iran ».
Dans ce contexte, la Chine émerge comme le cœur de l’épreuve ; Globes a ainsi estimé que « Pékin est la cible centrale de ce paquet », d’autant plus qu’elle achète plus de 80 % du pétrole iranien exporté.
Dans le même registre, l’analyste du magazine israélien Epoch, Doron Peskin, a qualifié le nouveau paquet américain de « véritable test » des sanctions les plus sévères de l’histoire. Peskin a souligné qu’à travers ces sanctions, les États-Unis semblent face à l’épreuve d’« imposer un choix économique à une grande puissance (en référence à la Chine) qui rejette la logique des sanctions et appelle à un règlement politique ».
Quant à Téhéran, l’épreuve consiste, selon le magazine, à « préserver ses sources de revenus, en premier lieu l’exportation de pétrole vers la Chine, et à maintenir l’usage des canaux de paiement et de transport qui atténuent l’impact du blocus financier ».
Au total, les commentaires israéliens ne reflètent pas une conviction à Tel-Aviv que les sanctions constituent une alternative définitive à l’option militaire, mais plutôt un moyen de prolonger le calme et d’accorder un délai supplémentaire aux préparatifs militaires.
Et si ces analyses insistent sur la nécessité pour les États-Unis d’appliquer les sanctions de manière large et vigoureuse afin qu’elles aient un impact réel, elles considèrent que la manière de traiter avec la Chine constitue le point faible de cette stratégie.
En effet, si cette dernière continue d’acheter du pétrole iranien et de protéger les canaux de paiement et de transport, la capacité de l’Iran à contourner les sanctions américaines restera élevée ; en revanche, si Washington décide de punir réellement Pékin ou ses institutions, la situation pourrait évoluer vers un test plus large du système financier et commercial international, sans que les résultats ne soient évidents.
Source : Médias
