jeudi, 06/08/2026   
   Beyrouth 08:05

Retour de l’inquiétude en ‘Israël’ : Trump veut un accord « à tout prix »

Des craintes croissantes d’une marginalisation d’Israël dans la voie diplomatique, qui semble s’être à nouveau activée entre les États-Unis et l’Iran, règnent dans les milieux politiques et sécuritaires de l’entité ennemie.

Cela intervient parallèlement à des avertissements concernant la baisse des stocks de missiles d’interception américains et israéliens, et les restrictions que cette baisse pourrait imposer sur l’engagement dans une nouvelle et longue session militaire avec Téhéran.

La Chaîne israélienne 12 a rapporté que les responsables israéliens « ne reçoivent pas de mises à jour américaines directes sur les négociations en cours et s’appuient sur des canaux indirects pour connaître l’évolution des discussions menées par les États-Unis avec l’Iran et le Sultanat d’Oman, en particulier celles liées à l’organisation du mécanisme de travail dans le détroit d’Ormuz et au retour au protocole d’accord entre les deux parties ».

La chaîne a cité un responsable israélien affirmant que le président américain, Donald Trump, « veut parvenir à un accord à tout prix », et que chez Trump, la distance entre la paix et la guerre « ne dépasse pas la distance entre les touches d’un clavier ».

Dans la même ligne, le correspondant de la « Chaîne 12 », Yaron Abraham, a indiqué qu’« Israël ne se considère pas comme un partenaire du parcours diplomatique », ajoutant que ses responsables se sentent « non informés des détails des efforts menés par Washington ».

De même, l’analyste militaire de Yedioth Ahronoth, Ron Ben-Yishai, a estimé que depuis la signature du protocole d’accord américain-iranien en juillet dernier, ‘Israël’ s’est transformé en « un État vassal des États-Unis, après avoir été un partenaire à part entière dans les consultations diplomatiques », qualifiant ce tournant de « prolongement catastrophique » de la politique américaine.

De son côté, le chef du gouvernement d’occupation, Benjamin Netanyahu, est intervenu pour réitérer son engagement à continuer d’agir pour empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire, « qu’un accord soit conclu avec elle ou non ».

Netanyahu a déclaré mercredi que Trump est « le plus grand de nos amis » et que son gouvernement apprécie les efforts de ce dernier pour faire face aux ambitions de l’Iran, mais il a souligné que « l’existence d’Israël n’est pas négociable », indiquant que l’entité « vit des événements militaires et politiques très rapides ».

Netanyahu a prétendu que le commandant du Corps des Gardiens de la révolution iranien (CGRI) a annoncé l’intention de son pays de poursuivre le développement de l’arme nucléaire, affirmant qu’en contrepartie, il est « déterminé à empêcher l’Iran de posséder » cette arme.

De même, il a prétendu que des dirigeants de la région, d’Europe et du monde lui ont fait part de leur souhait de voir Israël affronter ce qu’il a appelé « l’islam radical ».

Face à l’inquiétude suscitée par la marginalisation du rôle israélien par Washington et au flou de la situation pour Tel-Aviv, l’appareil de sécurité de l’entité ennemie maintient un état d’alerte en prévision d’une possible reprise de la guerre contre l’Iran.

Selon Maariv, il existe une estimation israélienne selon laquelle « les combats pourraient reprendre dans un délai très court », et le dossier iranien ne peut être clos sans un règlement des deux questions du programme nucléaire et de l’uranium enrichi se trouvant à Téhéran.

Ces préparatifs coïncident avec des rapports américains et israéliens faisant état d’un manque d’équipements militaires nécessaires à toute nouvelle confrontation.

Des sources américaines ont en effet parlé d’une « pénurie aiguë » de missiles d’interception et d’attaque, susceptible de limiter la liberté d’action militaire contre l’Iran.

Le réseau CNN  rapporté que « l’armée américaine a utilisé environ 80 % de son stock de missiles d’interception du système THAAD lors de la confrontation avec l’Iran, en plus de près de la moitié du stock de missiles du système Patriot, notamment pour intercepter les attaques iraniennes contre les bases américaines dans la région ».

Selon le rapport, le Pentagone a averti le président Trump à plusieurs reprises au cours des dernières semaines que « la baisse du niveau des stocks pourrait entraîner de graves conséquences en cas de déclenchement d’une autre longue session de combats, d’autant plus que les missiles d’interception américains sont utilisés face aux missiles balistiques iraniens qui visent les bases américaines, les pays du Golfe et Israël ».

À Tel-Aviv, la Chaîne israélienne 15 a rapporté des avertissements venus de l’intérieur de l’appareil de sécurité concernant un « manque sérieux de budgets alloués au renforcement des capacités militaires ».

Ces avertissements surviennent dans un contexte d’appels à ne pas répéter ce que la chaîne a décrit comme « l’erreur de la non-préparation de l’armée de l’ennemi à la guerre avant le 7 octobre 2023, ou le retour à la situation de pénurie de missiles d’interception apparue lors de la précédente session avec l’Iran ».

En revanche, des voix se sont élevées au sein de l’entité pour tenter de démentir les informations sur le manque de munitions. Des responsables de la sécurité israéliens ont ainsi nié la véracité de ces rapports, affirmant, selon Maariv, l’absence de véritable pénurie de missiles d’interception chez l’armée de l’ennemi ou chez l’armée américaine.

Pour sa part, l’ancien directeur de la « Division du renseignement militaire » israélien et actuel président de l’« Institut d’études sur la sécurité nationale », Tamir Hayman, a estimé que « parler de l’épuisement des munitions américaines et de la baisse du stock de missiles Patriot pourrait être une manœuvre interne visant à justifier le recul de Washington par rapport à l’option militaire et son passage à la voie diplomatique avec Téhéran, en plus de couvrir l’incapacité à provoquer un changement stratégique uniquement par des frappes aériennes ».

Hayman a estimé que « les États-Unis ne comprennent pas la doctrine iranienne fondée sur l’idéologie et la souveraineté », considérant que l’Iran a dépassé le « seuil de la douleur » après la résistance de son régime et de son programme nucléaire face aux pressions.

Il a ajouté que « la souveraineté sur le détroit d’Ormuz et la démonstration de force représentent deux piliers essentiels dans les calculs iraniens », en particulier — selon ses propos — « après la prise de fonctions récente de (Sayed) Mojtaba Khamenei et son souci de ne pas apparaître en position de faiblesse ».

Hayman a estimé que seules les opérations terrestres « pourraient modifier l’équation d’immunité chez l’Iran », une option que les États-Unis n’ont pas l’intention d’engager pour le moment.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar