Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a estimé qu’« il n’y aura plus de Sinaï si l’Égypte s’aventure à attaquer Israël », lors d’une interview filmée accordée à l’approche des prochaines élections législatives en ‘Israël’, évoquant les conflits actuels.
Smotrich a expliqué que ce qui empêche l’Égypte d’attaquer ‘Israël’ est sa prise de conscience qu’en cas d’attaque, « il n’y aura plus de Sinaï, du moins », tout en jugeant un tel scénario improbable.
Évoquant la bande de Gaza, il a ajouté : « 82 % des habitations y sont détruites et nous contrôlons entre 60 et 70 % du territoire, qui est devenu un champ de ruines », soutenant que cela encourage l’émigration depuis Gaza.
Députés et médias égyptiens ripostent vivement à Smotrich
À la suite de ces déclarations, des journalistes, des députés et des figures d’influence égyptiennes ont lancé une vive attaque contre Smotrich, certains rétorquant qu’en cas d’affrontement, « il n’y aura plus d’Israël ».
Si aucune réaction officielle égyptienne n’a été transmise, les propos du ministre ont suscité une vague d’indignation chez plusieurs figures médiatiques et parlementaires égyptiennes.
Le journaliste et député égyptien Moustafa Bakry s’en est pris vivement à Smotrich dans un message sur la plateforme X : « Smotrich, le sioniste extrémiste, menace l’Égypte de s’emparer du Sinaï. Pauvre voyou, il croit que l’Égypte est un terrain vague. »
Bakry a ajouté : « J’espère que tu liras comment nous avons écrasé ton armée, ignorant que tu es. Ceux qui l’ont fait une fois sont capables de le refaire. »
Il a poursuivi: « L’armée égyptienne est prête à faire face et à écraser quiconque oserait porter atteinte à la sécurité nationale. Tu finiras par être capturé et nous te jetterons à l’hôpital psychiatrique d’El-Khanka », concluant : « Garde-toi de recommencer, espèce de fou. »
De son côté, le présentateur Ahmed Moussa a dénoncé les propos de Smotrich : « Si tu commets une imprudence, il n’y aura plus d’Israël, point final. Tu parles de l’Égypte et du Sinaï, tu parles de la guerre. »
Il a ajouté : « Le prix de la guerre est connu et vous l’avez déjà payé par le passé. Les 120 millions d’Égyptiens sont prêts à mourir pour leur pays, et nous rendrons les coups décuplés. Ceux qui l’ont fait auparavant (la victoire d’Octobre) le feront à nouveau, et si Israël commet une folie, il en paiera le prix fort. »
Ces réactions interviennent parallèlement aux déclarations du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi lors d’une réunion du Conseil suprême des forces armées à l’occasion de la commémoration de la guerre d’Octobre. Il y a affirmé que l’Égypte « ne cédera jamais une parcelle de sa terre » et que les forces armées se tiennent prêtes à défendre le pays, ses ressources et sa sécurité nationale « à tout moment et en toute circonstance ».
L’Égypte et ‘Israël’ sont liés par un traité de paix signé à Washington le 26 mars 1979, à la suite des accords de Camp David, prévoyant la fin de l’état de guerre, le retrait israélien de la péninsule du Sinaï ainsi que des arrangements de sécurité mutuellement convenus.
Source : Médias
