mercredi, 29/07/2026   
   Beyrouth 16:48

Détroit d’Ormuz : l’Iran a rejeté la proposition d’Oman

Un haut responsable iranien a déclaré à Reuters que Téhéran a rejeté la proposition du sultanat d’Oman concernant la gestion régionale conjointe du détroit d’Ormuz, considérant que l’Iran et le sultanat d’Oman sont les deux seules parties qui devraient gérer le détroit, chacune dans sa zone de contrôle, sans ingérence d’aucune autre partie.

Le responsable a déclaré que la proposition « n’a aucune chance de succès », expliquant que l’Iran respecte le sultanat d’Oman en tant que pays voisin et médiateur important, mais qu’un accord basé sur un partage égal du contrôle à un ratio « 50/50 » entre les deux pays « ne servirait pas les intérêts de Téhéran ».

Il a ajouté que les États-Unis et l’Arabie saoudite tentent de faire pression sur le sultanat d’Oman pour qu’il accepte des plans « irréalistes », soulignant que l’ensemble de l’entrée du détroit, ainsi qu’une partie de la voie de sortie, devraient être sous contrôle iranien.

Le responsable a expliqué que le sultanat d’Oman devrait superviser la partie qui relève de sa souveraineté, soulignant que les routes méridionales du détroit, qui traversent les eaux territoriales omanaises, pourraient présenter un danger pour la navigation.

Une source du Golfe a indiqué hier à Reuters qu’Oman avait présenté à l’Iran une proposition visant à établir un mécanisme régional conjoint pour gérer le détroit d’Ormuz, qui inclurait l’imposition de redevances volontaires pour l’utilisation de cette voie navigable.

La source a ajouté que la proposition, qui bénéficie du soutien des États du Golfe selon d’autres sources, stipule que l’Iran ne devrait pas exercer de contrôle unilatéral sur le détroit, dans le cadre des efforts visant à mettre fin aux perturbations commerciales causées par le conflit.

Une route temporaire

Dans ce contexte, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales, Kazem Gharibabadi a expliqué que l’Iran propose de négocier avec le sultanat d’Oman la mise en place d’une route temporaire dans le détroit d’Ormuz, qui remplacerait temporairement les routes du nord et du sud si un accord était trouvé.

Dans une interview télévisée hier soir, il a ajouté : « La proposition initiale était conjointe, et l’Iran et le sultanat d’Oman ont convenu d’examiner d’autres options. Nous avons deux propositions, l’une de notre côté et l’autre du côté omanais. »

Il a souligné que les pourparlers en cours se concentrent actuellement sur le premier volet avec le Sultanat d’Oman, ajoutant : « Si nous parvenons à un accord avec Oman, nous passerons à l’étape suivante, qui est l’ouverture du détroit d’Ormuz, et en contrepartie l’obtention de concessions dans les domaines de la guerre, du blocus, des sanctions et autres. »

Gharibabadi a souligné que « nous n’avons aucun projet en ce sens pour le moment, et il n’y a pas de discussions en cours », ajoutant que Téhéran tient à s’assurer que « tout progrès en matière de compréhension n’incite pas les États-Unis à s’habituer à entrer et sortir et à discuter quand bon leur semble »

Il a en outre rappelé qu’« il n’y a pas de négociations avec les États-Unis ».

 « Après une nouvelle série d’affrontements, le détroit d’Ormuz a été fermé, et l’affirmation des Américains selon laquelle il est ouvert est un pur non-sens », a-t-il affirmé ajoutant que le passage « d’un navire de contrebande tous les deux ou trois jours à ses risques et périls ne signifie pas que le détroit est ouvert ».

Source : Médias