mardi, 28/07/2026   
   Beyrouth 11:13

Avertissements de l’armée libanaise: l’accord menacé en raison du non-respect d’Israël

Alors que les « zones pilotes » étaient censées constituer une première étape vers la consolidation du déploiement de l’armée libanaise et la création des conditions favorables au retour des habitants, les évolutions sur le terrain révèlent que ce processus se heurte à de profonds obstacles, au premier rang desquels la poursuite des violations israéliennes qui menacent de transformer l’expérience, de modèle de stabilité, en un nouvel espace de conflit.

L’entrée de l’armée dans les localités de Froun, Srifa et Zawtar al-Gharbiya n’a pas suffi à ouvrir la voie à un retour naturel et stable des habitants.

En parallèle du lancement de la première phase du projet des « zones pilotes », l’ennemi a poursuivi ses opérations de bombardement, de dynamitage et d’incursion, plaçant l’expérience face à un test sécuritaire et politique complexe.

L’objectif fondamental du projet repose en effet sur la construction d’un modèle progressif, débutant par le retrait de l’occupation de zones déterminées, le déploiement de l’armée et la sécurisation des conditions sécuritaires, puis l’autorisation du retour des civils, avant de passer à des phases ultérieures.

Néanmoins, la continuation des agressions donne l’impression que ces étapes sont menacées avant même d’être parachevées.

Le communiqué du commandement de l’armée libanaise est venu placer les violations israéliennes au cœur de la situation, affirmant que les agressions répétées entravent la finalisation du déploiement militaire, empêchent le retour des habitants et retardent la consolidation de la stabilité dans le Sud.

Il a fait état d’une « vaste série de violations comprenant la destruction et le rasage de maisons, ainsi que des bombardements et des tirs de ratissage à l’arme automatique dans plusieurs zones, notamment Kfar Tebnit, Haddatha, Kounine, la source d’Ibl al-Saqi, Khiam, Mansouri, Biyout al-Siyad et Majdal Zoun ».

Ces agressions ne se sont pas limitées au volet militaire, mais ont touché les fondements de la vie civile, à travers la saisie de décombres dans les zones frontalières, le dynamitage d’un projet hydraulique relevant de l’Office national du Litani à Markaba, et l’incendie d’oliviers centenaires ainsi que de vastes superficies agricoles, dont les plus récents aux abords d’Aitaroun.

Ces actes ne visent pas seulement les infrastructures, mais frappent les conditions essentielles dont les résidents ont besoin pour revenir et s’installer.

Le point le plus sensible à ce stade reste l’exposition des positions de déploiement de l’armée à des tirs, en particulier à Kfar Tebnit, Nabatieh al-Faouqa et Zawtar al-Gharbiya.

Il ne s’agit pas ici de simples incidents sécuritaires localisés, mais d’une atteinte à l’essence même de l’idée du projet ; toute expérience fondée sur l’établissement de l’autorité de l’État exige avant tout de garantir la liberté de mouvement de l’armée et sa capacité à exécuter ses missions sans menace ni pression sur le terrain.

Quant aux habitants, le retour ne se résume pas à la simple entrée de l’armée ou au hissage du drapeau libanais.

Le véritable retour signifie la capacité de rouvrir les maisons, de recouvrir les biens, de cultiver les terres, d’envoyer les enfants à l’école et d’assurer l’approvisionnement en eau et en services.

Dès lors, le succès de la première phase ne se mesure pas au nombre de points militaires ou d’unités déployées, mais à la capacité de l’État à rétablir le cours de la vie normale dans les villages.

La tâche s’avère d’autant plus délicate en raison de l’absence d’informations détaillées et claires à la disposition de la population concernant les zones sécurisées, les étapes du relevé du génie, l’ampleur des dégâts et les risques liés aux munitions non explosées ou aux bâtiments endommagés.

Cela place l’armée, les municipalités et les équipes de la défense civile devant une grande responsabilité pour organiser le retour et fournir les consignes nécessaires afin d’éviter des victimes.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar