Dans une interview accordée à la radio libanaise Nour, l’expert iranien Hussein Pak a fait des révélations importantes sur des questions liées a plusieurs dossiers cruciaux alors que la mobilisation militaire américaine dans la région bat son plein sur fond de menaces du président Donald Trump de frapper l’Iran.
Il a dit que son pays s’attend à une guerre décisive et entend lui riposter en utilisant tous les moyens dont il dispose sur une « géographie étendue ». Selon lui, des incursions terrestres sont prévues, simultanément avec les attaques aériennes.
Sur les émeutes meurtrières qui ont sévi au cours de ce mois-ci, Pak a révélé que l’une des causes principales de la coupure d’internet a été d’empêcher les drones commandités par les agents locaux d’Israël de frapper les protestataires dans le but de faire un grand nombre de tués.
Sur les chiffres amplifiés des victimes de ces émeutes, relayés par les médias occidentaux, Hussein Pak estime qu’ils visent à cacher le génocide perpétré par Netanyahu dans la bande de Gaza.
Il a expliqué en outre comment l’Iran a pu neutraliser les services de Starlink.
L’expert iranien a aussi révélé que ces émeutes étaient « des actes préparatoires » à la guerre qui se planifie contre son pays.
Changement des tactiques américaines
« Ce n’est pas la première fois que les Américains attroupent et mobilisent leurs forces autour de l’Iran, ils l’avaient fait en 2003 lors de leur invasion de l’Irak. Ils envisageaient de bombarder l’Iran également mais les contacts entrepris par le président iranien à cette époque Mohammad Khatami et les manœuvres entreprises par les services des renseignements les en avaient dissuadés. Depuis plusieurs mobilisations ont été réalisé, dont celle perpétrée après l’opération du Hamas Déluge d’al-Aqsa dans l’enveloppe de Gaza. En ces temps, les Américains ne savaient pas s’il y avait une frappe de la part de l’axe de la Résistance contre Israël. C’était une mobilisation préventive autour de l’Iran et des pays de l’axe de la résistance. Mais aujourd’hui, nous assistons à une mobilisation destinée à frapper l’Iran.
Nous constatons un changement dans les tactiques américaines. Par exemple, certains sites situées autour de l’Iran ont été évacués comme en Irak. Nous observons en même temps une concentration américaine dans les régions éloignées de l’Iran, les plus loin possibles, comme en Jordanie.
Selon les données en notre possession, ils ont évacué les employés de l’ambassade des Etats-Unis en Irak et les ont transférées vers la base al-Harir à Arbil et vers la base secrète à al-Tanf, (située dans le triangle entre la Syrie, le Jordanie et l’Irak) et d’autres vers la base Mouwaffaq Salti en Jordanie.
Nous avons observé l’évacuation d’une partie du personnel de la base d’al-Udeid au Qatar et son transfert vers l’hôtel de Sheraton à Doha.
Ces évacuations n’ont pas été réalisées publiquement mais clandestinement. Ils sont dans le collimateur des forces armées et sécuritaires iraniennes. Ils pensent que l’Iran va forcément frapper en Irak et au Qatar comme dans le passé mais l’Iran n’est pas dans cette perspective.
Une frappe de grande envergure
Selon mes informations, la décision a été prise par le commandant général des forces armées et le Conseil de sécurité nationale que la riposte de l’Iran à toute attaque, quel que soit son origine, sera décisive. L’ordre a été donné notamment à la force aérospatiale d’assener des frappes rapides et douloureuses vers de nouvelle cibles à l’ennemi américain et israélien.
En Iran, ils sont persuadés que la frappe planifiée pour l’Iran ne sera pas symbolique. L’Iran se prépare à une frappe de grande envergure. Arguer qu’ils vont se contenter d’une frappe symbolique fait partie d’une campagne de fourvoiement, ils nous envoient qu’ils vont frapper des frappes symboliques et de ne pas riposter. Mais toute cette mobilisation onéreuse dans la région et autour de l’Iran illustre tout le contraire.
Trump a entamé son accrochage avec l’Iran depuis l’assassinat de haj Qassem Soleimani, voire depuis son retrait de l’accord nucléaire. Trump cherche à clore définitivement les dossiers et non à les fermer temporairement. Lui et son équipe chargée du dossier de l’Iran sont dans cette perspective, notamment Kushner et Witkoff…
Syrie : Vaporiser les capacités du pays
Depuis la chute du partie Baath en Syrie, ils œuvrent sur des scénarios similaires dans plusieurs régions, notamment en Amérique latine et dans notre région. C’est le scénario de vaporiser les capacités du pays en quelques jours.
Comme ceci s’est passé avec l’armée arabe syrienne comptait 400 mille combattants, ils se sont vaporisés soudainement.
Un groupuscule de quelque 40 mille personnes sont parvenues à contrôler la Syrie en quelques jours. Pourquoi ? car ceux qui étaient en face d’eux se sont vaporisés et il n’y avait plus personne.
Au Venezuela, nous avons vu un exemple similaire : ils ont travaillé sur des personnalités d’influence dans les institutions militaire et sécuritaire.
Ils veulent faire la même chose en Iran. Mais ceci n’est pas utile en Iran avec un pouvoir idéologique.
Depuis le renversement du régime en Syrie, ils sont devenus plus intrépide dans l’exécution de leurs projets.
La Syrie, une grosse défaite mais…
Il y a un facteur très important depuis la révolution islamique en Iran, et l’émergence des mouvements de résistance dans la région, celui de la Syrie qui a été plus d’un ami et d’un allié. Ce facteur n’est plus présent aujourd’hui. C’est une grosse perte. Mais nous ne devons pas non plus oublier qu’à cette époque, il y avait aussi le régime de Saddam dans la région et il nous a lancé une guerre de 8 années.
Le guide suprême a dit après la chute du pouvoir en Syrie que « nous avons été défaits ». Il est rare qu’il emploie ce terme. Mais il a dit aussi que la Syrie reviendra par d’autres moyens et qu’il y aura des mouvements de résistance.
La perte de la Syrie a montré l’importance de la Syrie pour l’Iran et nous avons vu l’impact dans la guerre de 12 jours pendant lesquels la Syrie a été une partie intégrante de l’attaque israélienne contre l’Iran.
Il y a une tentative du régime actuel de réunir les opposants iraniens, surtout les séparatistes kurdes en Syrie.
Saddam avait lui aussi a travaillé de la même manière. L’organisation des Moudjahidines du peuple avait des bases en Irak.
Des incursions terrestres dans la prochaine guerre
Pour la guerre prochaine, nous prévoyons une attaque terrestre, de la part des agents des USA, comme les groupes terroristes séparatistes du Sistan-Baloutchistan à l’est de l’Iran. Quelques mois avant les récents évènements, une alliance a été conclue entre des groupes nationalistes laïcs dont les dirigeants se trouvent en Allemagne et d’autres islamistes wahhabites.
A l’ouest de l’Iran, les séparatistes kurdes se sont alliés avec les séparatistes arabes. Ils ont tenté une pénétration dans le nord-ouest durant les récents évènements.
Il y a aussi des tentatives ennemies israéliennes via le Turkménistan, avec lequel les frontières étaient calmes pendant des décennies. L’ennemi israélien y a établi des bases de formation et d’entrainement militaire dans les régions frontalières pour des membres des tribus et leurs mercenaires.
On prévoit aussi une incursion terrestre américaine dans le Golfe en direction des trois îles la Grande Tombe, la Petite Tombe et Abou Moussa.
Les incursions terrestres et les frappes aériennes seront simultanées.
En Iran, nous avons aussi nos moyens de défense, dont les clans kurdes, lors, arabes… de l’est et de l’ouest, au Baloutchistan, dans le Khorasan… Ils sont les véritables gardes-frontières défensifs de l’Iran.
Les émeutes, des actes préparatoires
Les émeutes et les actes de vandalisme durant les récents évènements en Iran étaient des actes préparatoires. Certaines petites villes, situées à la frontière avec l’Irak ont été le théâtre d’actes de violence armée d’une extrémité extravagante.
Les forces de sécurité en ont conclu que ces actes se devaient d’introduire l’entrée de groupuscules armés dans les territoires iraniens.
Nous avons également observé des actes de vandalisme armés autour des bases iraniennes situées à l’ouest de l’Iran a partie desquelles les missiles ont frappé Israël, notamment à proximité de la ville de Khorramābād qui a joué un rôle central dans ces frappes. Ces actes étaient sans précédent. De même dans les ville d’Ilam et de Kermânchâh, d’où les missiles ont frappé l’ennemi israélien.
Les partis séparatistes baloutches ont tenté de pénétrer dans les villes à l’est de l’Iran mais ils ont été repoussés par les Gardiens de la révolution islamique.
Pendant ces récentes émeutes, nous avons été témoin d’un exemple simple de ce que l’ennemi planifie de faire dans les gouvernorats frontaliers.
Chiffres des tués amplifiés pour cacher les crimes de Netanyahu
Les médias occidentaux jouent un rôle infeste en exagérant les chiffres de tués. Comme lorsque certains avancent que plus de 60 mille personnes ont été tuées. Ils voudraient de la sorte dissimuler ce que Netanyahu a fait à Gaza. Ils diffusent des chiffres similaires à ceux des martyrs de Gaza. Ce sont des chaines comme la CNN et la BBC, des chaines qui devraient être crédibles, qui diffusent ce genre de mensonges.
Il faut aussi rappeler que la plupart des martyrs ont été tués à la distance zéro. Des passants sont tombés en martyrs de la sorte.
Nous avons été surpris par la nature de l’action armée lancée par les émeutiers, par le nombre des hommes armés et par les quantités d’armes.
Nous nous attendions à des protestations depuis que le président a décrété l’annulation la loi de la monnaie préférentielle qui allait provoquer la chute du rial.
Mais nous ne prévoyions pas qu’une action armée s’empare de ces protestations.
Couper internet pour empêcher les frappes de drones
La raison principale de la décision de couper d’internet a été d’empêcher l’ennemi israélien d’actionner les drones pour frapper les protestataires dans le but d’élever le chiffre des tués en Iran.
Face à Starlink, il y a eu deux étapes : dans la première, les services de renseignements du CGRI sont parvenus à localiser où se trouvent ses Routers Wi-Fi. Ce qui est d’une grande importance car ceci a contribué à dévoiler les cellules d’opérations et de gestion des émeutes en Iran. Ce traçage a été réalisé grâce à une technique fabriquée en Iran.
Dans la seconde étape, le brouillage du satellite en manipulant ses services a été réalisé avec l’aide de nos alliés, la Chine et la Russie.
Prochaine guerre et géographie ouverte
Dans la prochaine guerre, la superficie d’accrochage nous aidera. Pendant la guerre des 12 jours, nous étions obligés de frapper sur une géographie limitée et des cibles précises. Mais si l’ennemi américain nous attaque, nous aurons une grande géographie cette fois-ci : les bases américaines, les intérêts américains, les sociétés liées à l’énergie et dans lesquelles les américains sont les contributeurs principaux, les bases de l’industrie militaire, … Tous seront dans le collimateur de nos forces armées.
Nous avons tiré les leçons de la guerre de 12 jours. Nous avons décidé d’adopter l’ambiguïté constructive, les déclarations des responsables sont depuis très concises.
L’Iran ne demandera pas aux mouvements de résistance de soutenir l’Iran, il se peut qu’ils le fassent de leur propre gré. Mais notre stratégie défensive n’est pas du tout liée à la contribution de ces mouvements. Notre mode d’action est différent de celui des Américains qui obligent leurs alliés à servir leurs intérêts. L’Imam Khomeiny considérait que l’Iran doit être au service de ces mouvements et non le contraire.
