Les médias israéliens ont fait état d’une vive inquiétude au sein des milieux politiques et militaires israéliens suite à l’annonce par le président américain Donald Trump d’un mémorandum d’entente avec l’Iran. Cet accord est perçu comme un coup dur pour la stratégie israélienne, servant les intérêts de Téhéran.
Moria Asraf, correspondante politique de la chaîne israélienne Channel 13, a déclaré : « L’annonce de Trump a été une véritable surprise en Israël jeudi soir, lorsqu’il a laissé entendre qu’un accord était imminent.»
Elle a souligné que « le plus important est qu’il ne s’agit pas d’un accord définitif, mais d’un mémorandum d’entente qui accorde aux Iraniens davantage de temps – un domaine où ils excellent – pour reconstituer leurs capacités et contourner les diverses restrictions exigées par Israël.»
La correspondante politique a expliqué que « Trump a annoncé que l’accord serait signé demain, dimanche », ajoutant que « l’Iran ne possédera pas d’arme nucléaire et que, lorsque la situation se sera apaisée, nous viendrons récupérer l’uranium. »
La correspondante a noté qu’« il n’est pas tout à fait clair ce que cela signifie, et que cette idée est un souhait israélien de longue date, mais elle ne semble pas près d’être concrétisée à ce stade et ne fait pas partie des plans américains ».
Elle a cité des hauts responsables israéliens qui ont déclaré ce week-end : « Bien qu’Israël soit au courant et que des discussions aient lieu entre Benjamin Netanyahu et Trump, sa capacité d’influence sur cet événement est très limitée ».
La correspondante a ensuite exposé les points qui ne sont pas encore inclus dans le mémorandum d’entente : le retrait de l’uranium enrichi d’Iran, le démantèlement des infrastructures d’enrichissement et l’imposition de restrictions sur la production de missiles balistiques.
Elle a souligné « qu’il s’agit des trois points les plus importants du point de vue israélien et qu’ils ont incité Israël à lancer l’opération Rugissement du Lion ». Cette campagne, après des mois ponctués d’un cessez-le-feu prolongé, semble toucher à sa fin avec cet accord, même si elle a insisté sur le fait que tout reste susceptible d’évoluer.
Concernant le délai de 60 jours, les évaluations israéliennes indiquent que « cette période sera probablement prolongée à 90 jours, rapprochant ainsi considérablement les élections israéliennes ».
Le rapport conclut en soulignant « les importantes préoccupations et évaluations qui circulent en coulisses depuis le début du cessez-le-feu, suggérant que l’accord proposé pose un problème majeur pour Israël ».
Il a souligné qu’« il importe peu que Netanyahu ou de hauts responsables des forces de sécurité et militaires examinent l’accord. Même s’ils ne sont pas toujours d’accord, une chose est claire en coulisses : l’accord actuel est défavorable à Israël et constitue un coup stratégique très dur. »
Parallèlement, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismail Baghaei, a confirmé que « le mémorandum d’entente d’Islamabad vise à mettre fin à la guerre et à reporter les discussions sur la question nucléaire à une étape ultérieure ».
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a annoncé samedi « qu’un accord de paix entre Washington et Téhéran était plus proche que jamais, prévoyant sa finalisation dans les prochaines 24 heures ».
Source : Médias
