Alors que l’Iran a franchi une étape supplémentaire dans ses conditions pour un accord avec les Américains, en déclarant qu’il n’y aurait pas de calme dans la région sans un retrait israélien du Liban au-delà des frontières, le président américain, Donald Trump, a subi un nouveau revers dans sa guerre contre Téhéran, la Chambre des représentants ayant adopté une résolution visant à arrêter cette guerre et à limiter les prérogatives du président pour la poursuivre.
La situation au Liban est restée au premier plan de l’agenda iranien, en particulier à la lumière de la poursuite des agressions israéliennes et de l’accord annoncé à Washington entre les négociateurs libanais et israéliens, lequel ne prévoit ni un retrait complet des forces d’occupation des territoires libanais ni un arrêt immédiat des agressions israéliennes.
Dans ce contexte, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a déclaré dans un communiqué que « tout calme dans la région ne se réalisera pas tant que les sionistes ne se seront pas retirés des territoires libanais occupés », rappelant que « notre condition fondamentale pour accepter le cessez-le-feu lors de la dernière guerre était un cessez-le-feu sur tous les fronts ».
En parallèle avec le succès de l’Iran à inscrire le cessez-le-feu au Liban et le retrait de celui-ci comme une condition nécessaire à l’accord avec les Américains — ce qui a poussé Trump à contraindre le Premier ministre de l’ennemi, Benjamin Netanyahu, à s’abstenir de bombarder Beyrouth —, Trump a reçu un nouveau revers lié à la guerre, dont le théâtre a été la Chambre des représentants américaine, malgré le contrôle des « Républicains » sur celle-ci.
En effet, la Chambre a adopté, par 215 voix pour (dont 4 républicains) contre 208 opposants, une résolution visant à arrêter la guerre contre l’Iran et exigeant le retrait des forces américaines des zones d’opérations contre Téhéran.
Ce résultat reflète l’aggravation de l’impasse de Trump découlant de cette guerre à laquelle la majorité des Américains s’oppose, et qui laisse des effets majeurs sur leur niveau de vie, que ce soit en termes de coût direct ou en raison de la forte hausse des prix du pétrole qu’elle provoque — ce qui pousse les représentants à s’en distancier.
Cependant, Trump, comme à son habitude, n’a pas capitulé face à ce revers et a réagi en critiquant la Chambre des représentants, affirmant que cette dernière « a procédé à un vote dénué de sens pour restreindre mes prérogatives, avec la participation de 4 mauvais républicains et de tous les démocrates, en pleines négociations pour mettre fin à la guerre avec l’Iran ».
Il s’est interrogé : « Qui ferait une chose aussi antipatriotique ? Ils savent où en sont les négociations ».
Il a poursuivi en affirmant que « les démocrates sont guidés par ce qu’on appelle le syndrome du dérangement par Trump. Ils préfèrent l’échec de notre pays plutôt que de m’accorder une nouvelle victoire parmi les nombreuses que j’ai remportées ».
Il a également critiqué les quatre Républicains, les accusant de « chercher seulement à attirer l’attention. Ils devraient avoir honte d’eux-mêmes ».
Face à cela, il ne reste plus à Trump qu’à parvenir à un accord avec l’Iran.
Dans ce cadre, un porte-parole du département d’État américain a confirmé à la chaîne Fox News que « les contacts avec l’Iran se poursuivent via des médiateurs, et il y a un échange de messages entre les deux parties ».
En contrepartie, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a déclaré que l’Iran « ne considère aucun document avec les USA comme définitif à moins que ses observations et ses intérêts ne soient pris en considération », ajoutant que son pays « insiste pour mettre 50 % de ses avoirs gelés à sa disposition dès la signature du protocole d’accord ».
Pendant ce temps, et afin d’éviter tout impact négatif supplémentaire sur les négociations, les États-Unis ont maintenu leur opposition à la tendance de Netanyahu à poursuivre la guerre au Liban.
Le site Axios a cité deux hauts responsables américains affirmant que « alors que le président Trump veut mettre fin à la guerre au Liban, il semble que Netanyahu souhaite la reprendre ».
Le site US a souligné que « le récent différend entre les deux hommes concernant le Liban a mis en évidence à quel point les objectifs militaires du second — et peut-être sa survie politique — dépendent d’un président américain qui ne partage pas son désir d’escalade ».
Il a affirmé que Trump et Netanyahu se sont coordonnés de manière très étroite concernant l’Iran et se parlent sur un rythme quasi quotidien, mais les responsables des deux côtés sont conscients qu’un moment pourrait venir où les intérêts et les objectifs des deux alliés divergeront.
Source : Traduit à partir d'AlAkhbar
