jeudi, 04/06/2026   
   Beyrouth 13:09

Négociations de Washington : Le pouvoir passe de la concession à la capitulation totale

C’est avec une impudence totale que les autorités de tutelle au Liban ont consenti à la poursuite d’une occupation sans horizon temporel et à un arrêt non définitif des combats. Elles ont accepté les exigences israélo-américaines de dissocier le dossier libanais du dossier iranien, ont fait porter à la Résistance la responsabilité de la poursuite de la guerre et ont validé sa qualification d’ennemi du Liban, conformément aux termes du communiqué conjoint publié à l’issue des négociations de Washington ce jeudi à l’aube.

Voici le texte intégral du communiqué :

Les États-Unis ont parrainé la quatrième réunion trilatérale de haut niveau entre les représentants du Liban et d’Israël les 2 et 3 juin 2026.

À l’issue des négociations menées par les États-Unis, le Liban et Israël ont convenu de mettre en œuvre un cessez-le-feu. L’entrée en vigueur de ce cessez-le-feu est conditionnée par l’arrêt total des tirs du Hezbollah et l’évacuation de tous ses éléments de la zone située au sud du Litani.

Les deux parties ont également convenu, sous la direction des États-Unis, d’accélérer la création de zones pilotes où les forces armées libanaises assumeront le contrôle exclusif du territoire, à l’exclusion de tout acteur armé non étatique. Ces mesures doivent permettre d’avancer vers un accord global de paix et de sécurité.

Toutes les parties ont réaffirmé que l’avenir des relations entre le Liban et Israël doit être déterminé par les seuls deux gouvernements souverains. Elles ont également rejeté toute tentative, de la part de tout État ou entité non gouvernementale, de prendre en otage ou de contrôler l’avenir du Liban.

Le Liban et Israël ont réitéré l’absence d’intentions hostiles entre eux et se sont engagés à poursuivre des négociations directes pour instaurer la confiance, résoudre toutes les questions en suspens et œuvrer à un accord global entre les deux pays.

Les délégations ont examiné un cadre de sécurité basé sur les discussions tenues au Pentagone le 29 mai, visant à garantir de manière durable la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale du Liban et d’Israël. Cela inclut le démantèlement des groupes armés non étatiques et la prévention de leur résurgence.

Toutes les parties ont condamné les attaques iraniennes contre les pays de la région ainsi que les activités continues qui sapent la stabilité au Moyen-Orient, que ce soit par le soutien à des mandataires ou par d’autres actes d’agression.

Les États-Unis ont réaffirmé leur soutien indéfectible aux deux gouvernements dans l’exercice de leur souveraineté. Ils ont également souligné que tout accord de cessation des hostilités doit être conclu directement entre les deux gouvernements et sous le parrainage des États-Unis, et non par un canal distinct. Les États-Unis ont réaffirmé leur détermination à soutenir l’armée libanaise afin de renforcer ses capacités et de lui permettre d’exercer une souveraineté effective sur l’ensemble du territoire libanais. Ils ont par ailleurs rappelé la déclaration du secrétaire d’État américain Antony Blinken le 2 juin, affirmant que le Hezbollah n’est pas seulement l’ennemi d’Israël et des États-Unis, mais qu’il est également l’ennemi du Liban.

‘Israël’ a affirmé que sa sécurité et le respect de son intégrité territoriale ne peuvent être garantis que par le désarmement du Hezbollah et le démantèlement de son infrastructure à travers tout le Liban. Elle a également insisté sur l’importance de négociations directes sous l’égide des États-Unis pour résoudre toutes les questions en suspens et instaurer une paix et une sécurité durables.

Le Liban a souligné la nécessité du respect mutuel des frontières internationalement reconnues et l’urgence d’une mise en œuvre complète de la cessation des hostilités, tout en insistant sur les principes d’intégrité territoriale et de souveraineté totale de l’État. Il s’est en outre engagé à renforcer les capacités de l’armée libanaise, avec le soutien américain, pour imposer un contrôle effectif sur l’ensemble du pays.

Les deux parties ont convenu de reprendre les volets politique et sécuritaire au cours de la semaine débutant le 22 juin, en vue de parvenir à un accord global. Les États-Unis ont également accepté de continuer à faciliter la communication entre les deux parties durant la période de transition.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar