Washington poursuit sa politique de pression et de prise de distance vis-à-vis de l’OTAN, suite à la décision du Pentagone de retirer 200 officiers affectés à différentes branches de l’alliance militaire. Cette décision accentue les tensions entre les deux parties et exacerbe le différend territorial concernant le Groenland.
Le Washington Post a rapporté l’information mercredi, confirmant que le Pentagone avait notifié au Secrétariat de l’OTAN sa décision de retirer les 200 officiers américains, précisant qu’ils ne seraient pas remplacés à l’issue de leur mission.
Les États-Unis participent à plus de 30 branches de l’alliance, couvrant des domaines variés tels que l’armement, les médias, la planification, le renseignement, la formation et l’acquisition d’armements.
Malgré l’importante présence de personnel américain au sein de l’administration de l’OTAN, le retrait de ces 200 officiers ne saurait être considéré comme un simple geste symbolique.
La décision du Pentagone intervient dans un contexte de fortes tensions entre Washington et ses alliés européens qui ont débuté il y a environ un an avec le retour au pouvoir du président Donald Trump. Cette annonce a coïncidé avec la participation de Trump au sommet de Davos en Suisse.
Parallèlement, cette décision s’inscrit dans la volonté de la Maison Blanche d’annexer le Groenland, que ce soit par la négociation ou par la force militaire.
Trump a été clair sur ce point lors de son discours à Davos mercredi. La question du Groenland est considérée comme le plus grand défi auquel l’OTAN est confrontée, car cette fois-ci la menace émane d’un membre de l’Alliance contre un autre.
Les Européens perçoivent ce dossier avec suspicion et appréhension, malgré la promesse de Trump de parvenir à un accord avec l’OTAN.
Le comble de l’ironie est que la décision de retirer les 200 officiers intervient alors même que les pays européens s’étaient engagés, lors du sommet de La Haye en juin dernier, à augmenter progressivement leurs budgets de défense de 2 % à 5 % de leur PIB, afin d’acquérir davantage d’armements américains et de développer leurs propres industries de défense.
Dans ce contexte, Reuters a rapporté que du personnel américain sera retiré du centre de renseignement de l’OTAN au Royaume-Uni, du commandement des forces spéciales alliées à Bruxelles et de l’opération « Strike for NATO » au Portugal, qui supervise certaines opérations maritimes.
Les États membres européens de l’OTAN peuvent nommer leurs propres officiers aux postes laissés vacants par les Américains.
Cependant, en Europe, on craint que ce retrait ne soit le prélude à des opérations plus vastes, impliquant potentiellement les forces américaines stationnées sur diverses bases militaires en Europe, que ce soit dans le cadre d’accords de l’OTAN ou d’accords bilatéraux.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré à plusieurs reprises que les États-Unis entendaient retirer une partie de leurs forces et les redéployer dans les régions Pacifique et Indo-Pacifique, arguant que les intérêts de sécurité nationale des États-Unis l’exigeaient.
