jeudi, 22/01/2026   
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Araghchi exhorte Trump à « penser autrement » après avoir tenté « tous les actes hostiles imaginables »

Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères (Archives)

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a exigé un changement fondamental de la politique américaine après une année d’agression infructueuse et d’efforts de déstabilisation soutenus par l’étranger visant l’Iran.

Dans une tribune publiée dans le Wall Street Journal, le message de M. Araghchi au président Donald Trump était sans équivoque : la stratégie américaine de « pression maximale » est dans une impasse.

« Les États-Unis ont tenté tous les actes hostiles imaginables contre l’Iran, des sanctions et cyberattaques à l’attaque militaire pure et simple, et, plus récemment, ils ont clairement alimenté une importante opération terroriste; toutes ces tentatives ont échoué » », a-t-il déclaré, en référence aux émeutes terroristes soutenues par l’étranger qui ont eu lieu plus tôt ce mois-ci.

« Il est temps de penser autrement », a fait remarquer M. Araghchi conseillant aux États-Unis d’essayer le respect, qui permettra d’aller plus loin qu’on ne le croit.

Il a également rappelé que durant les douze mois de mandat de Trump, la région n’avait connu que des effusions de sang, citant le bilan humain en Palestine, au Liban, en Syrie, au Yémen et en Iran.

Le ministre a souligné que Téhéran et Washington étaient « très proches » d’une percée à au moins trois reprises lors des négociations qui se sont tenues à Oman en mai dernier. Cependant, ces opportunités ont été systématiquement sabotées.

Abbas Araghchi a accusé les « représentants d’Israël à la Maison Blanche » de privilégier les intérêts sionistes aux dépens des intérêts américains.

Il a par ailleurs critiqué les États-Unis pour une « grave erreur de calcul » commise en septembre 2025 lorsqu’ils ont fait pression sur les Européens pour qu’ils activent le mécanisme de snapback du Plan global d’action commun, anéantissant ainsi une occasion privilégiée de désescalade à New York.

Bien que l’Iran reste prêt pour un accord « juste et équilibré », M. Araghchi a fait remarquer que les expériences de 2025 ont rendu Téhéran sceptique quant à la sincérité de Washington.

Tout en soulignant qu’il « abhorre la guerre », le chef de la diplomatie iranienne a mis en garde contre toute nouvelle aventure militaire.

Contrairement à la retenue dont elles ont fait preuve au milieu de l’année 2025, M. Araghchi a déclaré que les forces armées iraniennes « n’ont aucun scrupule à riposter avec tout ce dont elles disposent ».

Il a rejeté les « scénarios fantasmés » d’un conflit court colportés par les faucons israéliens, avertissant qu’une confrontation totale serait « féroce » et durable et qu’elle « s’étendrait à toute la région », affectant même les populations du monde entier.

Stratégie de « massacre maximal »

Évoquant les récents troubles intérieurs, M. Araghchi a fustigé les « récits déformés » qui prévalent dans les médias occidentaux.

« Bien que les manifestations économiques légitimes aient été initialement reconnues par le gouvernement, elles avaient été détournées par un complot étranger cruel et horrible visant à provoquer une intervention américaine », a-t-il souligné.

Il a déclaré que les avertissements publics de Trump visant l’Iran incitaient directement les cellules terroristes à poursuivre une stratégie de « bain de sang maximal » afin de forcer l’entrée en guerre des États-Unis au nom d’Israël.

Citant les propres aveux de l’ancien secrétaire d’État américain Mike Pompeo concernant l’infiltration des rues iraniennes par le Mossad, Abbas Araghchi a noté que les forces de sécurité étaient confrontées à des attaques armées coordonnées et de grande envergure menées par des terroristes masqués utilisant des fusils et des pistolets.

Ces violences, qui ont duré moins de 72 heures, ont vu des policiers abattus, brûlés vifs et décapités.

M. Araghchi a comparé l’ampleur de la tragédie à l’hypothétique massacre de 600 agents des forces de l’ordre aux États-Unis en l’espace de trois jours.

Le ministre a confirmé que la phase violente était terminée, que les cellules terroristes avaient été éliminées grâce à la « vigilance du public » et que les blocages temporaires des communications nécessaires à la sécurité nationale étaient en cours de levée.

« Aucun gouvernement ne resterait les bras croisés face à des horreurs aussi inimaginables infligées à ses citoyens », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, réaffirmant que, bien que l’Iran choisit la paix, il ne se laissera pourtant jamais intimider par la désinformation ou les menaces.

Source : Avec PressTV