15 bâtiments résidentiels dans 5 localités du Sud-Liban ont fait l’objet de raids aériens israéliens précédés par des avertissements qui ont visé des bâtiments résidentiels sous prétexte de viser des « installations du Hezbollah ».
En fin d’après-midi de ce mercredi, des avions ennemis israeliens ont mené une série de raids aériens intenses dans les localités de Qannarite, Jarjou’, al-Kfour, al-Kharayeb et Ansar dans le sud du Liban.
3 bâtiments ont été détruits dans ces deux dernières localités, et 12 dans les trois premières.
Raid sur Qannarite
Raid sur al-Kfour
Le maire de la localité d’al-Ansar a assuré avoir reçu un appel téléphonique de l’armée ennemie israélienne le sommant de faire évacuer la place de la localité.
Raid sur al-Kharayeb
Notre correspondant a rapporté que les frappes ennemies sur Qannarite ont causé d’importants dégâts aux bâtiments, aux véhicules et aux routes. Des éclats se sont écrasés à proximité des journalistes et correspondants qui étaient loin du bâtiment ciblé, blessant légèrement 8 d’entre eux.
Les caméras sont une cible
Le Syndicat des cameramen a affirmé que les déclarations israéliennes concernant les « distances de sécurité » n’offrent aucune protection et les avertissements que les Israéliens émettent ne sont pas respectés. « Quiconque connaît cet ennemi sait qu’il n’hésite pas à cibler les journalistes et que les caméras ne constituent pas de ligne rouge à ses yeux ».
Le communiqué poursuit : « Par conséquent, la prudence n’est pas une option, mais une nécessité. L’engagement professionnel ne doit pas devenir un pari insensé, et la sécurité de nos collègues demeure une priorité absolue, au-delà de la simple transmission des images et des informations. »
Des munitions à fragmentation
D’après des informations recueillies sur le terrain, Israël a récemment commencé à utiliser des munitions à fragmentation qui dispersent des éclats d’obus sur de longues distances.
Les fragments de missiles ne causent plus des dégâts limités au voisinage immédiat de la cible, mais se propagent désormais bien au-delà, constituant une menace directe pour les civils et les équipes de médias, notamment les journalistes couvrant les événements.
Des sources sur le terrain ont averti que cette tactique vise à étendre la zone de danger et à semer la terreur, au mépris total des normes de sécurité et du droit international humanitaire.
Dans son avertissement publié avec les cartes des cibles visées dans ces localités, le porte-parole de l’armée d’occupation israélienne a argué que les bâtiments abritent des installations du Hezbollah.
50 familles sans domicile
Selon un bilan préliminaire, une cinquantaine de familles qui habitaient dans ces bâtiments se sont trouvés sans domicile. Sur les réseaux sociaux, des invitations ont été faites par des habitants d’autres localités pour les héberger.
C’est « le Natan » le terroriste
Une habitante de la localité de Jarjou’ qui a perdu sa demeure s’en est violemment pris contre le « Natan », diminutif péjoratif du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu signifiant en libanais le pourri.
« Je suis de Jarjou’. Le Natan dit que nous sommes des terroristes. C’est lui le terroriste. Nous étions assis dans nos maisons en paix, nous n’avons pas d’armes et il nous a visés. Parce que nous sommes un peuple qui refuse d’être défait et d’être humilié », a-t-elle assuré pour la chaine de télévision d’information libanaise al-Mayadeen.
La dame a aussi lancé un appel au Président de la République Joseph Aoun qui dans son discours mardi s’était targué « d’avoir réalisé au Liban ce qui n’a jamais été réalisé en 40 ans », assurant que « la vérité est ce que vous voyez et non ce que vous entendez ».
Nous n’avons que la résistance
« Je dis au président de la République, tu as dit hier dans ton discours que « la vérité est ce que vous voyez et non ce que vous entendez », toi qui est notre père, quand nous as-tu protégés, nous les civils qui étions dans nos maisons, qui nous a protégés … le Natan nous a menacé, nous avons demandé aux appareils de sécurité de venir inspecter les lieux et le Natan n’a pas attendu qu’ils arrivent et il a bombardé nos maisons. Qu’ils viennent voir ou il y aurait des missiles ou des munitions ».
Et de conclure : « nous ne renoncerons pas à notre résistance parce que nous savons que nous n’avons personne d’autre que la résistance ».
Les propos du chef de l’Etat ont soulevé un tollé sur les réseaux sociaux, où les internautes les ont tournés en dérision alors que l’armée d’occupations israélienne a violé l’accord de cessez-le-feu des milliers de fois depuis fin novembre 2024, tuant et blessant des centaines de Libanais, poursuivant la destruction des villages et localités et occupant 7 positions au sud du Liban.
Après les raids israéliens, le Président Aoun a déclaré que « ces agressions répétées réaffirment le refus d’Israël de respecter ses engagements découlant de l’accord de cessation des hostilités. »
« Nous appelons la communauté internationale, et en particulier les signataires de l’accord, à assumer leurs responsabilités juridiques et politiques et à prendre des mesures pour mettre fin aux violations », a-t-il réclamé dans un communiqué.
L’armée libanaise a condamné « les attaques et violations israéliennes répétées contre le Liban, qui ont ciblé des bâtiments et des habitations civiles dans plusieurs régions du sud », les qualifiant de « violation flagrante de la souveraineté et de la sécurité du Liban, de l’accord de cessation des hostilités et de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies ».
L’armée a souligné que « ces attaques entravent ses efforts, mettent en danger les civils et entraînent la mort et des blessures parmi eux, en plus de déplacer des dizaines de familles et de les contraindre à quitter leur logement. Et de conclure que « cela nuit à la stabilité de la région ».
Dans la matinée, l’armée d’occupation israélienne avait tué deux citoyens libanais dans deux raids distincts, sur la localité d’al-Zahrani dans le district de Saïda puis sur la localité de Bazourieh dans le district de Tyr (Sour).