mercredi, 21/01/2026   
   Beyrouth 15:06

Groenland : Les USA « se comportent très bizarrement pour des alliés », selon Christine Lagarde

Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE).

Les États-Unis « se comportent très bizarrement pour des alliés », a déploré ce mercredi la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, appelant à « l’unité et la détermination » de l’Union européenne (UE) face à Donald Trump.

« Quand on est alliés au sein du traité de l’Atlantique Nord, quand on a été des alliés pendant des décennies (…), menacer de s’emparer d’un territoire qui manifestement n’est pas à vendre comme le Groenland et agiter des restrictions tarifaires, des restrictions d’ordres divers sur le commerce international, n’est pas vraiment faire preuve d’un comportement très allié », a-t-elle déclaré sur la radio française RTL.

Mme Lagarde a indiqué qu’elle serait attentive au discours du président américain, prévu mercredi au Forum économique mondial de Davos (Suisse), où la patronne de la BCE se trouve également. Ils ne devraient pas se rencontrer.

« Une fois que le président Trump aura redéfini sa position cet après-midi à Davos, ça permettra aux Européens de déterminer ce qu’ils font ensemble. Moi, ce qui me paraît fondamental, c’est l’unité et la détermination », a considéré la présidente de la BCE.

« En alerte, et très attentive », elle a dit vouloir voir si les dirigeants parviendront à « sortir de cette situation par le haut ou dans un climat d’hostilité et d’adversité ».

Lors d’une conférence à Davos, ce mercredi matin, Mme Lagarde a également mis en garde contre les conséquences des tensions géopolitiques sur le développement de l’intelligence artificielle (IA).

« Si vous demandez aux grands noms de la numérisation et aux gros investisseurs dans l’intelligence artificielle ce dont ils ont besoin, ils répondront: un accès aux données le plus large possible, et l’échelle nécessaire pour vraiment amortir le coût d’investissement lié au développement des modèles », a-t-elle estimé.

Selon Mme Lagarde, ces conditions seraient compromises « si l’accès aux données était limité en raison de différentes lois sur la protection de la vie privée à travers le monde et de barrières plus protectionnistes ».

D’après la responsable, c’est la Chine qui alors en profiterait, forte de son gigantesque marché et de règles de protection des données bien plus lâches.