Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que l’Europe subit aujourd’hui les conséquences de sa trahison passée envers l’Iran, puisqu’elle est confrontée à un traitement similaire de la part des États-Unis au sujet du Groenland.
Dans un message publié sur X ce mercredi 21 janvier, le chef de la diplomatie iranienne a rappelé comment les États européens avaient violé l’accord nucléaire signé avec la République islamique d’Iran en 2015, sous la pression de Washington.
Cette trahison a conduit la troïka européenne (Royaume-Uni, France et Allemagne) à interrompre leurs échanges commerciaux avec l’Iran après le retrait des États-Unis de l’accord en 2018.
Selon M. Araghchi, ces mêmes États européens, qui avaient obéi aux États-Unis en bafouant l’accord, sont désormais contraints d’en subir les conséquences.
Il a souligné que ces répercussions se manifestent par une approche unilatérale similaire de la part de Washington, qui tente de les contraindre, par la menace, à céder le contrôle du Groenland.
Le président américain Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane aux pays européens qui s’opposent à sa demande de prise de contrôle du territoire.
Cette menace va pourtant à l’encontre de l’accord-cadre commercial conclu en août 2025 entre l’Union européenne et les États-Unis, lequel prévoit des droits de douane de 15 % sur l’ensemble des exportations européennes et des droits de douane de 0% sur certaines exportations américaines.
M. Araghchi a rappelé que la menace de Trump équivalait à une violation par les États-Unis de l’accord signé avec l’UE il y a à peine six mois. Il a pourtant estimé que l’Europe méritait d’être lésée par les États-Unis après avoir lésé la République islamique en « obéissant » à la trahison de Washington concernant Téhéran.
« La menace de M. Trump de s’emparer du Groenland par tous les moyens – aussi illégale soit-elle au regard de toute conception du droit international ou même d’un « ordre international fondé sur des règles » – ne pourrait pas s’appliquer à un continent plus méritant. »
« Effondrement de l’ordre international »
Le ministre iranien des Affaires étrangères a par ailleurs cité Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui avait réagi plus tôt à la menace de Trump en indiquant que ce dernier devait respecter l’accord conclu avec Bruxelles. « En politique comme en affaires, un accord est un accord », et lorsque des partenaires « se serrent la main, cela doit avoir une signification », a déclaré Mme von der Leyen.
M. Araghchi a déclaré que la leçon à tirer de toute cette situation était que « soit tous les accords sont des accords, soit une poignée de main ne vaut rien ».
« La situation est aussi critique, et sa conséquence n’est rien de moins que l’effondrement de l’ordre international», a-t-il conclu.
Source : Avec PressTV
