mercredi, 29/04/2026   
   Beyrouth 11:10

Berri ne donnera pas à Aoun une image cautionnant des négociations directes | Washington : La trêve ne signifie pas l’arrêt des agressions !

En l’absence de tout signe de tenue d’une réunion tripartite entre les présidents de la République, de la Chambre et du Gouvernement à court terme, la situation s’enfonce dans une crise politique interne ouverte.

Ce report répété reflète la profondeur des divisions dans une phase régionale et internationale ultra-sensible, alors que des déclarations américaines et israéliennes précisent que la trêve ne signifie pas un cessez-le-feu total de la part d’Israël, mais un cadre lui permettant la poursuite des opérations militaires sous couvert de « légitime défense », tout en exigeant de l’armée libanaise qu’elle affronte la Résistance.

Jusqu’à mardi soir, malgré les rumeurs au Palais présidentiel d’une visite imminente de Nabih Berri à Baabda aujourd’hui — misant sur un mouvement saoudien en sa direction —, des sources informées confirment que Berri « n’accordera pas cette image au président Joseph Aoun ».

Les effets de son dernier discours sont toujours vifs et ont laissé un impact négatif profond au sein de la base chiite, après qu’il a accusé la Résistance, sans la nommer, de trahison, au moment même où les maisons et les moyens de subsistance des citoyens sont détruits.

En coulisses, des idées ont été avancées pour faciliter la rencontre sans publier de communiqué commun, afin d’éviter que Berri ne paraisse cautionner le processus de négociations directes.

Cependant, ce dernier campe sur sa position, privilégiant un cessez-le-feu et l’arrêt des destructions systématiques au Sud, estimant que s’engager dans des négociations sans obtenir cette condition préalable serait un suicide et une trahison envers les habitants du Sud.

Le report de cette réunion souligne une crise plus vaste : un État cherchant une formule pour faire face à une pression extérieure croissante sans disposer du minimum de consensus interne.

C’est une réalité que le président Aoun ne peut ignorer dans ses décisions stratégiques, particulièrement sur un dossier aussi sensible que les négociations directes avec ‘Israël’.

Parallèlement, l’ennemi israélien continue d’imposer des faits accomplis sur le terrain au Sud et dans la Bekaa par l’escalade, tandis que l’administration de Donald Trump pousse à redéfinir la place du Liban dans l’équation régionale via Washington, en faisant pression pour une rencontre entre Aoun et le Premier ministre de l’ennemi, Benjamin Netanyahu.

Les récentes déclarations américaines et israéliennes révèlent une mutation de la définition même de la « trêve » au Liban : elle ne signifie plus l’arrêt total des hostilités, mais un cadre autorisant des opérations militaires « défensives ».

Cela offre à ‘Israël’ une marge de manœuvre accrue et place le Liban devant une équation complexe : une trêve sans garanties et des pressions internationales sans outils de dissuasion.

Le plus grave réside dans le fait de lier la stabilité à un rôle direct de l’Armée libanaise pour affronter le Hezbollah et le désarmer.

Les positions du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, reflètent une volonté claire de présenter la crise comme un conflit entre l’État et le Hezbollah, poussant l’armée vers un projet politique qui menace sa propre cohésion en la chargeant de traquer la Résistance et de démanteler sa structure.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar