dimanche, 19/04/2026   
   Beyrouth 13:16

Le blocus américain des ports du détroit d’Ormuz n’affectera pas l’Iran qui possède d’autres débouchés (Expert)

Le blocus que les États-Unis ont annoncé il y a une semaine contre les ports iraniens et le détroit d’Ormuz ne semble pas être suffisant pour étrangler Téhéran et le pousser à accepter un accord qui puisse les satisfaire, étant donné que les Iraniens ont d’autres débouchés, notamment avec la Russie et la Chine.

L’Iran possède 11 ports, dont 3 sur la mer Caspienne (au nord) : Anzali, Nowshahr et Amirabad, ce qui lui confère une capacité considérable à contourner l’embargo américain, comme l’a confirmé l’expert en navigation Saleh Hejazi lors d’un entretien avec Al Jazeera Live.

Selon lui, l’Iran peut exporter et importer tout ce qu’il souhaite via les trois ports de la mer Caspienne, en plus de sa capacité à livrer ce qu’il désire à la Chine, spécifiquement via le port du Myanmar, qui appartient à Pékin. 

Les États-Unis n’ont jamais évoqué le port iranien de Chabahar, en mer d’Arabie, et qu’ils sont incapables de bloquer, car il est situé à portée de leurs forces dans la région, selon cet expert en navigation. C’est à partir de ce port que les Iraniens projetaient de construire un oléoduc vers la Chine ce qui, selon Hijazi signifie que tout ce qui concerne les efforts de Washington de priver Pékin du pétrole iranien est « faux ».

Il a révélé en outre que l’Iran n’a pas autorisé la reprise de la navigation dans le détroit principal d’Ormuz, mais dans deux nouveaux détroits qu’il a créés, qui ne font pas plus de 20 mètres de profondeur. Ils ne permettent pas le passage de grands pétroliers.

« L’Iran a obligé les navires à emprunter et à sortir de ces routes en s’écartant de la route originale, qu’il prétend désormais minée, une affirmation qui ne peut être vérifiée », selon Hijazi.

Les Iraniens ont assuré qu’ils n’autoriseraient pas les dragueurs de mines européens à pénétrer dans le détroit pour le déminer, la situation semble se diriger vers une nouvelle escalade, dont les répercussions, selon Hijazi, seront supportées par d’autres pays.

Hijazi estime que les Iraniens « ont réussi à imposer leur contrôle sur le détroit d’Ormuz et pourraient exiger des frais pour le passage des navires ».

Source : Médias