samedi, 11/04/2026   
   Beyrouth 02:37

Ghalibaf à la tête d’une délégation de 70 membres à Islamabad, pour les négociations avec les USA . « Nous n’avons pas confiance ».

La délégation de négociation iranienne, dirigée par le président de l’Assemblée consultative islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf, est arrivée dans la capitale pakistanaise, Islamabad, vendredi soir pour mener des négociations avec la partie américaine, a rapporté la télévision d’Etat iranienne.

Ghalibaf est accompagné par le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, le gouverneur de la Banque centrale, Abdelnaser Hemmati, plusieurs membres du Parlement et une délégation qui comprend des comités spécialisés dans les domaines de la sécurité, de la politique, de la défense, de l’économie et du droit. 70 personnes selon Fars News. 23 journalistes représentants les différents médias iraniens font aussi partie du voyage.

L’agence Tasnim News a indiqué que le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne Mohammad Bagher Zul-Ghader fait aussi partie de la délégation. Il a été chargé par le Corps des gardiens de la révolution islamique qui a insisté d’être représenté directement, contrairement aux précédents pourparlers.

Selon la télévision iranienne, ces pourparlers débuteront si l’autre partie accepte les conditions préalables iraniennes à l’ouverture des négociations.

« Nous n’avons pas confiance »

Plus tôt dans la journée, Ghalibaf a déclaré dans un message publié sur la plateforme X que « deux points clés avaient été convenus mais n’ont pas encore été mis en œuvre : un cessez-le-feu au Liban et le déblocage des avoirs iraniens gelés avant le début des négociations ».

« Ces deux mesures devraient être mises en œuvre avant que toute négociation avec Washington puisse débuter », a-t-il insisté.

A son arrivée, Ghalibaf a déclaré : « Nous avons de bonnes intentions mais nous n’avons pas confiance, et nous sommes prêts à faire valoir nos droits ».

Il a rappelé que les négociations passées entre l’Iran et Washington avaient « toujours été marquées par l’échec et les promesses non tenues », indiquant que son pays malgré sa bonne foi affichée, avait subi deux attaques et de « multiples crimes de guerre » en moins d’un an de négociations.

Il a averti que son pays s’opposerait à toute tentative d’instrumentaliser les négociations à des fins de tromperie ou de formuler des propositions « futiles », affirmant que l’Iran avait prouvé, lors du dernier conflit, sa capacité à défendre ses droits en s’appuyant sur ses forces nationales.

Report pour le Liban

La délégation iranienne qui aurait dû se rendre depuis jeudi dans la capitale pakistanaise a ajourné son voyage en raison du refus israélien d’inclure le Liban dans le cessez-le-feu comme ceci était prévu dans l’accord de cessez-le-feu, comme l’a confirmé le Premier ministre pakistanais.

Au lendemain de l’annonce d’un cessez-le-feu, l’entité sioniste a lancé une agression sans précédent contre le Liban : des raids aériens menés par une cinquantaine d’avions militaires ont frappé 89 régions libanaises en 10 minutes, tuant au moins 357 civils et blessant plus de 1.223 autres.  

La délégation américaine est menée par le vice-président américain J.D. Vance, accompagné par l’émissaire Steve Witkoff, le gendre du président américain Jared Kushner, et le commandant du commandement central américain (CENTCOM), Brad Cooper.

« Prêt à riposter »

L’Iran a accepté un cessez-le-feu de deux semaines, mais a souligné que si aucun accord satisfaisant l’Iran et l’axe de la résistance n’est trouvé et que le conflit reprend, il ciblera à nouveau les intérêts américains dans la région et l’entité sioniste.

Dans le même contexte, le QG Khatam al-Anbiya des gardiens de la révolution a déclaré être « prêt à riposter face aux violations répétées des accords par nos ennemis américains et sionistes. »

 « Si les attaques de l’ennemi contre le Hezbollah et le peuple libanais, en particulier dans la banlieue sud de Beyrouth, se poursuivent, nous répondrons avec force », a-t-il affirmé.

Il a poursuivi : « Nous maintiendrons l’initiative pour contrôler le détroit d’Ormuz et ne renoncerons jamais à nos droits légitimes », soulignant : « Nous ne laisserons pas impunis les agresseurs qui ont attaqué notre pays et nous inaugurerons une nouvelle ère dans la gestion du détroit d’Ormuz. »

« Israël doit être contenu »

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a tenu à rassurer sur la tenue des pourparlers. « En réponse à mon invitation sincère, des dirigeants des deux pays viendront à Islamabad, où des négociations se tiendront pour instaurer la paix », a-t-il affirmé dans une allocution à la nation.

« Israël doit être contenu pour que le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran tienne », a por sa part stipulé sur X le ministre pakistanais de la Défense Khawaja Asif. Il avait taxé dans un tweet précédent Israël de « malédiction pour l’humanité ».

Des avions de chasse pakistanais ont escorté l’avion transportant la délégation de négociation iranienne à son arrivée dans la capitale pakistanaise, Islamabad. Ils ont effectué une magnifique démonstration de bienvenue.

Au moment d’embarquer dans son avion vers Islamabad, le vice-président américain JD Vance a appelé Téhéran à « ne pas se jouer » de Washington, tout en promettant d' »essayer de mener des négociations positives ».

« Si les Iraniens sont prêts à négocier de bonne foi, nous sommes tout à fait disposés à leur tendre la main », a-t-il déclaré, a rapporté l’AFP.

Ghalibaf a partagé une photo prise à bord de l’avion de la délégation de négociation, montrant des sièges ornés des portraits des enfants et de femmes tués lors de l’agression contre l’Iran, avec le commentaire suivant : « Mes compagnons de voyage. »

Source : Divers