vendredi, 10/04/2026   
   Beyrouth 13:19

Pas de délégation iranienne à Islamabad

Contrairement à ce qui a été diffusé ces dernières heures par certains médias, la délégation iranienne ne s’est pas rendu à Islamabad pour participer aux négociations prévues ce vendredi avec le Etats-Unis, afin de solidifier le cessez-le-feu conclu mardi et mettre fin à la guerre.

« Les informations relayées par certains médias selon lesquelles une équipe de négociateurs iraniens serait arrivée à Islamabad, au Pakistan, pour négocier avec les Américains sont totalement fausses » a rapporté l’agence de presse iranienne Tasnim, citant une source anonyme. « Tant que les États-Unis ne respecteront pas leur engagement de cessez-le-feu au Liban et que le régime sioniste poursuivra ses attaques, les négociations seront suspendues ».

Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi, au lendemain de la conclusion de l’accord, que l’accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran ne concerne pas les opérations militaires israéliennes au Liban, « en raison du Hezbollah ».   

Après avoir annoncé sur le réseau X l’arrivée d’une délégation iranienne au Pakistan jeudi soir, l’ambassadeur d’Iran à Islamabad a supprimé son message. Le message avait été envoyé prématurément, selon un fonctionnaire de l’ambassade à l’AFP, qui n’a pas précisé si la délégation iranienne était toujours attendue.

Au lendemain de la conclusion de l’accord de cessez-le-feu grâce à la médiation pakistanaise, devant inclure le Liban, le régime sioniste a lancé des raids aériens sans précédent contre 89 régions libanaises, tuant au moins 300 civils et en blessant plus de 1.000.

Dans ce contexte, l’agence de presse iranienne Fars a cité une source bien informée affirmant que la question du Liban et d’un cessez-le-feu dans ce pays est une condition préalable inévitable et immuable pour que Téhéran puisse entamer un nouveau processus de négociation.

« La tenue de pourparlers visant à mettre fin à la guerre dépend du respect par les Etats-Unis de leurs engagements en matière de cessez-le-feu sur tous les fronts, en particulier au Liban », a indiqué Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, dans des propos rapportés par l’agence Isna.

Le Premier ministre pakistanais, Shahbaz Sharif, avait annoncé que l’Iran et les États-Unis, ainsi que leurs alliés, avaient convenu d’un cessez-le-feu immédiat sur l’ensemble du territoire, y compris au Liban, et ce cessez-le-feu devait entrer en vigueur immédiatement.

Critiquant violemment « les génocides israéliens perpétrés à Gaza, en Iran et au Liban », le ministre pakistanais de la Défense Khawaja Asif avait taxé jeudi l’entité sioniste de « malédiction pour l’humanité ».

Lors d’un contact avec son homologue français, le ministre pakistanais des Affaires étrangères a rapporté que Paris et Islamabad préoccupés par les violations du cessez-le-feu au Liban ont insisté sur la nécessité de le respecter entièrement.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont insisté sur la nécessité que le Liban soit inclus dans l’accord de cessez-le-feu.

Starmer a déclaré ce vendredi que « les attaques d’Israël contre le Liban n’aurait pas du avoir lieu et devraient cesser ».

Selon le quotidien israélien Maariv, le gouvernement israélien oeuvre avec les USA pour avoir « un sursis de deux à cinq jours pour poursuivre ses attaques contre le Hezbollah avant de répondre aux pressions américaines ».

Dans le détroit stratégique d’Ormuz, quasi-bloqué par l’Iran et dont la réouverture était pourtant l’une des conditions du cessez-le-feu, le trafic est toujours nettement grippé et Donald Trump a accusé jeudi l’Iran de faire du « mauvais boulot » sur ce dossier.

Un pétrolier non-iranien, le premier depuis le cessez-le-feu, a franchi jeudi ce passage maritime essentiel au commerce mondial, a rapporté l’AFP.

Source : Divers