mercredi, 08/04/2026   
   Beyrouth 07:44

Liban: La Résistance impose les règles de l’engagement au sol ; l’érosion de la manœuvre israélienne sous les coups de la « défense active »

Un missile de la Résistance islamique au Liban

La Résistance islamique au Liban a mené, le mardi 7 avril, de violents affrontements avec une force d’occupation israélienne qui tentait de progresser aux abords est de la ville de Bint Jbeil, laquelle a été le témoin de lourdes pertes humaines et matérielles pour les forces ennemies.

Ce fut l’unique changement dans la carte de l’incursion des forces d’occupation qui piétinent depuis près d’une semaine.

Parallèlement, les opérations de la Résistance se sont caractérisées, ces derniers jours, par une haute intensité de feu et une performance tactique qualitative, tandis que l’armée d’occupation souffre d’un désarroi sur le terrain et reste figée sur ses positions avancées sous la pression de l’usure.

La Résistance a prouvé, à travers la confrontation terrestre, sa capacité à gérer une bataille défensive complexe et multidimensionnelle, absorbant l’élan offensif israélien réparti sur plusieurs axes longitudinaux, pour le transformer en une dure guerre d’usure pour l’ennemi dans des zones de destruction soigneusement sélectionnées.

Les données de terrain indiquent que l’incursion des forces ennemies ne se déroule pas sous la forme d’un déploiement large, mais via des axes longitudinaux partant de points frontaliers et progressant vers l’intérieur à des degrés divers, sans pour autant atteindre un niveau de contrôle étendu ou continu sur le terrain.

Le déroulement des combats sur tout le front démontre que la Résistance gère ses opérations selon le principe de « centralisation de la planification et de la direction, décentralisation de l’exécution ».

Malgré le pilonnage intensif et le brouillage électronique israélien, la Résistance a maintenu son système de communication protégé, ce qui a permis aux salles d’opérations d’émettre des ordres de tir instantanés, de synchroniser le lancement d’essaims de drones d’attaque avec les salves de missiles, et de diriger les drones FPV avec précision.

Sur l’axe est (Khiam – Taybeh – Mays al-Jabal), l’ennemi tente d’exploiter la nature ouverte du terrain pour manœuvrer vers le Litani, sécuriser des hauteurs dominantes et isoler Mays al-Jabal.

En contrepartie, la Résistance a adopté la tactique de « l’interdiction et de la privation » via des feux concentrés sur les couloirs de progression, empêchant toute fixation et maintenant les forces israéliennes sous la pression de l’usure.

L’axe central (Aïtaroun – Aïnata – Yaroun – Maroun al-Ras – Bint Jbeil) représente le centre de gravité, où l’ennemi cherche à contrôler les collines dominantes pour assiéger Bint Jbeil.

En face, la Résistance s’appuie sur une défense flexible et des embuscades, avec un usage massif de drones FPV ayant ciblé les blindés et paralysé leur mouvement, ce qui a limité la progression des troupes et perturbé leurs lignes d’approvisionnement.

Sur le second axe central (Aïta al-Chaab – Al-Qouzah – Debel – Beit Lif – Rchaf – Wadi al-Ouyoun), l’ennemi cherche à exploiter le relief accidenté pour progresser vers la profondeur, contourner Bint Jbeil et séparer les secteurs ouest et central.

La Résistance l’a affronté avec la tactique de « défense en profondeur » et de guérilla, où Al-Qouzah et Beit Lif se sont transformés en points d’usure, toute progression vers Rchaf ayant été contenue par le ciblage des blindés avec des missiles guidés.

Sur l’axe ouest (Naqoura – Al-Bayyadah – Chamaa), l’ennemi cherche à progresser via la côte et à contrôler les collines dominantes pour isoler le secteur ouest et sécuriser son flanc.

La Résistance s’appuie ici sur « l’isolement par le feu » via un pilonnage intensif et une surveillance des axes de progression, ce qui a entravé toute percée rapide et fait échouer la tentative de lier la côte à sa profondeur montagneuse.

Ces données reflètent une crise de décision chez le commandement israélien, qui a réparti quatre divisions sur quatre axes principaux sans réaliser de « percée opérationnelle décisive » dans aucun d’entre eux.

À l’inverse, la prouesse de la Résistance émerge dans la gestion décentralisée de ces axes de manière tactiquement indépendante mais stratégiquement liée, ce qui a conduit à l’enlisement de l’armée d’occupation dans un bourbier d’usure quotidien qui moissonne ses véhicules et ses soldats, l’empêchant de traduire sa supériorité de feu et aérienne en un contrôle géographique stable et sûr.

La Résistance adopte une défense active et flexible basée sur l’attraction des forces vers des points de destruction, parallèlement à une surveillance précise et un ciblage constant de leurs mouvements, forçant l’ennemi à reculer vers des positions défensives.

Elle a également exécuté des embuscades et des opérations offensives efficaces ciblant les blindés et entravant la manœuvre terrestre. Cela s’accompagne d’un appui-feu coordonné (missiles, artillerie et drones), concentré sur la frappe des rassemblements ennemis et de ses couloirs de progression, empêchant le regroupement de ses forces, avec un rôle prééminent des drones FPV de précision dans l’infliction de dommages significatifs.

En parallèle, le journal israélien Haaretz a rapporté, citant des rapports du renseignement israélien, que le Hezbollah opère toujours au Sud-Liban comme une organisation militaire organisée, possédant des capacités de commandement et de contrôle.

Le journal a précisé : « Alors que des responsables militaires israéliens prétendaient que les éléments du parti se retiraient du Sud-Liban et y opéraient au sein de petites cellules agissant de manière indépendante, les estimations du renseignement de l’armée israélienne dessinent une image totalement différente ».

Selon ces rapports, le journal affirme que le Hezbollah s’adapte à la présence israélienne au Liban et qu’il est attendu qu’il développe et améliore ses attaques contre elle tant que la guerre durera.

Avec la poursuite de l’enlisement israélien dans la réalisation des objectifs de l’agression, et la poursuite par la Résistance du pilonnage des colonies du nord, la chaîne Israel News 24 a mentionné qu’il y a un « recul très important » dans la popularité de la guerre, indiquant que le dernier sondage réalisé par l’un des centres de recherche sur la sécurité nationale en ‘Israël’ a montré en pratique « que nous parlons d’un recul de la confiance dans les objectifs de cette guerre », qu’il s’agisse de la destruction du projet de missiles balistiques, du projet nucléaire ou même de ce qui concerne le Hezbollah au Liban.

Selon la chaîne, tous les récents sondages d’opinion ont montré que la société israélienne est désormais convaincue qu’il est impossible de réaliser la « victoire absolue », et qu’ils ont même commencé à changer les terminologies en traitant avec d’autres expressions. Elle a ajouté que cela s’applique également au front nord avec le Hezbollah, à la lumière de la divergence entre le niveau politique et le niveau sécuritaire entre le discours sur le désarmement du Hezbollah d’une part, et la confirmation de l’armée israélienne d’autre part qu’elle en est incapable.

Elle a précisé : « Il ne s’agit pas seulement d’une incapacité militaire, mais le désarmement du Hezbollah pourrait prendre des années, et c’est un plan qui nécessite d’être étudié ».

Et de poursuivre : « Il n’y a plus rien qui s’appelle « victoire absolue », et même le mot « élimination » commence à être supprimé ».

La chaîne a conclu que « les journalistes proches des services de sécurité et de l’armée ont commencé à parler de manière plus rationnelle. Avant cette guerre, il y avait un large soutien pour elle en tant que « guerre existentielle », mais ce slogan a commencé à changer rapidement ».

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar