vendredi, 20/03/2026   
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« Le nouveau cauchemar d’Israël », les munitions à sous-munitions utilisées par l’Iran pour bombarder les territoires occupés

Depuis le début du conflit israélo-américain contre l’Iran début mars, les forces armées iraniennes ont progressivement augmenté la variété et la qualité des munitions (missiles et drones) utilisées dans leurs opérations militaires contre Israël.

Des rapports de terrain indiquent que le 9 mars, l’Iran a utilisé pour la première fois des munitions à sous-munitions lors d’attaques contre le territoire palestinien occupé.

Un missile à sous-munitions iranien a frappé la ville de Yehud, près de Tel Aviv, tuant deux colons et en blessant plusieurs autres.

Depuis lors, plusieurs tirs de ce type de missile ont été recensés. Le 15 mars, des rapports ont fait état d’au moins deux missiles équipés de munitions à sous-munitions, blessant huit colons dans différents endroits.

Dans la nuit d’avant hier, les systèmes d’interception israéliens n’ont pas réussi à intercepter un missile à sous-munitions au-dessus de Tel Aviv, ce qui a entraîné la dispersion de ses sous-munitions sur une vaste zone, tuant des colons et endommageant une importante gare, des bâtiments et des véhicules.

Des rapports militaires indiquent que l’Iran utilise plusieurs missiles balistiques capables d’emporter des ogives à sous-munitions, notamment des missiles des familles Khorramchahr, Emad, Qadr et Zulfiqar.

Le missile Khorramchahr est considéré comme le plus dangereux de sa catégorie — et le plus fréquemment utilisé à ce jour lors d’attaques contre Israël — en raison de sa longue portée et de sa grande capacité d’emport ; il peut transporter une ogive pesant entre une et deux tonnes, avec la capacité de disperser un grand nombre de sous-munitions sur une vaste zone.

Des rapports indiquent également que certaines de ces ogives explosent à haute altitude, à environ 7 kilomètres au-dessus de la zone cible, dispersant les sous-munitions qu’elles contiennent sur une zone d’un diamètre pouvant atteindre 8 kilomètres, ce qui engendre une zone de dégâts relativement étendue.

Ces sous-munitions pèsent généralement entre moins de 3 kilogrammes et 5 ou 7 kilogrammes. Bien qu’elles ne provoquent pas de destructions aussi profondes que celles qui dévasteraient des bâtiments fortifiés, elles sont extrêmement efficaces contre le personnel, les véhicules et les installations non protégées. Elles peuvent également provoquer des incendies, creuser des cratères dans les routes et causer des dégâts considérables.

Les récentes attaques contre la région de Tel Aviv l’ont clairement démontré : d’importants dégâts et incendies ont été constatés, et de nombreux petits fragments mortels ont été dispersés.

La difficulté rencontrée par Israël pour intercepter ce type de missile réside principalement dans le moment de la détonation de l’ogive, qui transforme un projectile unique en des dizaines de cibles plus petites : les bombes à sous-munitions. Par conséquent, pour une interception efficace, le missile doit être abattu avant sa désintégration, c’est-à-dire à un stade précoce et à haute altitude.

Le système israélien Arrow 3 est ainsi le plus adapté à ce type de menace, malgré le poids, le nombre limité et le coût élevé de ses missiles. Si le missile parvient à se fragmenter, ses sous-munitions deviennent très petites, nombreuses et dispersées, ce qui réduit la capacité des radars et des systèmes conventionnels, y compris le Dôme de fer, à les intercepter une par une.

Par conséquent, les munitions à sous-munitions sont plus complexes à neutraliser que les munitions conventionnelles face à la défense aérienne israélienne, car elles nécessitent des défenses capables d’atteindre leur cible rapidement et avec précision. De plus, une part importante de ces bombes à sous-munitions traverse les différentes couches d’interception, explose au sol et cause des pertes considérables. Même si le système Dôme de fer parvenait à intercepter toutes les munitions à sous-munitions entrantes – ce qui n’est pas encore le cas –, il faudrait déployer des dizaines de missiles intercepteurs Dôme de fer, très coûteux, pour neutraliser la charge utile d’une seule munition à sous-munitions, sans aucune garantie de succès total.

Compte tenu de tous ces facteurs, les missiles à fragmentation iraniens sont désormais perçus en Israël comme une menace physique majeure, et simultanément comme un outil systématique de pression psychologique et morale visant la population. Les médias israéliens s’accordent quasi unanimement à dire que cette arme amplifie les effets d’alerte, d’anticipation et d’incertitude, car elle constitue une menace non seulement au moment de l’impact ou sur un lieu précis, mais aussi en prolongeant la durée du danger et en étendant sa portée géographique. Les médias israéliens, citant des instructions du Commandement du Front intérieur, ont souligné qu’« un pourcentage important des missiles lancés depuis le début de la guerre sont de ce type » et que leur objectif n’est pas seulement de faire des victimes, mais aussi de « maintenir la population sous une pression constante et continue ».

Ainsi, un missile à fragmentation ne provoque pas un seul instant de peur, mais une succession d’appréhensions : les sirènes, la course vers les abris, l’attente de l’interception, l’anticipation de la dispersion des éclats et des sous-munitions, et enfin, la crainte des munitions non explosées après le passage de la première vague. C’est pourquoi les autorités israéliennes ont entrepris de sensibiliser la population aux dangers de ces munitions, soulignant que « quitter les abris trop tôt ou s’approcher des débris peut être fatal »

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar