mardi, 10/03/2026   
   Beyrouth 10:54

Raad démonte le récit du pouvoir : voici nos conditions pour un cessez-le-feu

Le président du bloc de la « Fidélité à la Résistance », le député Mohammad Raad, a démonté le récit présenté par le pouvoir au Liban lors d’une allocution télévisée lundi soir. Ciblant le gouvernement et évitant toute mention du général Joseph Aoun, M.Raad a refusé de faire porter à la Résistance la responsabilité de l’agression israélienne actuelle contre le Liban.

Il a clairement défini les conditions de la Résistance pour l’arrêt de la guerre :

    L’expulsion de l’ennemi de nos terres occupées.

    L’arrêt de ses agressions et violations terrestres, maritimes et aériennes.

    La libération des prisonniers.

    La fin du ciblage de notre peuple et la garantie du retour des habitants et de la reconstruction.

M.Raad a affirmé que le Liban n’a pas à choisir entre la guerre et la paix, mais entre « la guerre et la reddition aux conditions humiliantes » que l’ennemi veut imposer au gouvernement et au pays.

Revenant sur la phase ayant suivi le cessez-le-feu de novembre 2024, il a souligné l’engagement total de la Résistance face à un ennemi qui n’a pas respecté l’accord « un seul jour ».

Il a accusé le gouvernement d’avoir échoué à faire pression sur les Israéliens et de justifier son impuissance en répondant au « vieux rêve israélien de désarmer la Résistance ».

Sur l’agression actuelle, M.Raad a révélé que la mobilisation de 100 000 réservistes israéliens (avant mars) prouvait la préparation d’une offensive après les raids surprise américano-sionistes contre Téhéran.

Selon lui, l’objectif était d’abattre le régime de la République Islamique en Iran puis de se retourner vers le Liban pour anéantir la Résistance et imposer un traité de soumission.

Il a martelé que la salve de missiles lancée par la Résistance était un avertissement face à l’arrogance sioniste : « La Résistance n’a pas précipité l’agression, elle l’a anticipée et a brisé l’effet de surprise. »

Et de conclure: « Nous n’hésiterons pas à l’affronter avec tous les moyens disponibles, et nous combattrons avec nos dents et nos ongles jusqu’à son expulsion de notre terre. »

Enfin, il a affirmé son attachement à l’unité nationale et à la paix civile, appelant à la patience envers les partenaires de la nation qui s’égarent, dans l’espoir qu’ils finissent par se raviser.

Proposition de reddition accueillie avec froideur

Il convient de rappeler que le discours de M.Raad intervient après que le gouvernement libanais ait proposé l’ouverture de négociations directes avec ‘Israël’, sous la médiation de l’administration du président Donald Trump.

Selon le site américain Axios, l’objectif serait de mettre fin à la guerre et de parvenir à un accord de paix avec ‘Israël’. Toutefois, la réponse américano-israélienne a été marquée par une froideur teintée de scepticisme, reprochant à l’armée libanaise son manque de mesures concrètes contre le Hezbollah.

Axios rapporte, citant des responsables américains et israéliens ainsi que trois sources proches du dossier, que le gouvernement libanais a contacté Tom Barrack la semaine dernière pour solliciter sa médiation. La réponse de ce dernier aurait été cinglante : il a signifié aux Libanais qu’aucune discussion n’était envisageable sans une réelle dynamique de désarmement du Hezbollah.