Les autorités iraniennes ont accusé le groupuscule kurde séparatiste Komala d’être impliqué dans les émeutes qui ont exploité le mouvement porté par le bazar fin décembre 2025 pour protester contre la chute de la monnaie nationale.
Une source sécuritaire du Corps des Gardiens de la révolution (CGRI) a révélé que la plupart des émeutiers arrêtés à Téhéran « sont venus des provinces de l’ouest du pays » et « sont liés au groupuscule Komala ». Ce dernier est un parti kurde séparatiste du Kurdistan iranien.
« Ils ont reçu des armes et avaient comme recommandations de mener des actes de sabotage », selon la source de l’agence Tasnim News.
Début janvier, Komala avait ouvertement exprimé son plein soutien aux émeutes appelant les différentes catégories de la société à y prendre part.
Depuis le Kurdistan d’Irak

Une enquête réalisée par l’agence Tasnim News, a mis en garde contre les actions des groupes séparatistes basés dans le nord de l’Irak, assurant qu’ils sont entrés dans une nouvelle phase « dangereuse, coïncidant avec la récente vague de protestations dans plusieurs régions iraniennes ».
Selon l’agence, ces groupes ont lancé des appels organisés et des campagnes d’incitation simultanées, profitant de l’activité intense des médias étrangers et des sites en ligne qui « cherchaient à faire sortir les manifestations de leur contexte économique et civil les poussant sur la voie des émeutes et des menaces directes à la sécurité, en ciblant particulièrement les provinces de l’ouest et du nord-ouest de l’Iran. »
Selon le rapport de Tasnim, « plusieurs dirigeants de groupes désignés comme terroristes en Iran, dont Ribwar Abdanan (groupe PJAK), Hossein Yazdanpanah (groupe PAK), Abdullah Mohtadi et Reza Kaabi (deux factions de Komala), ainsi que le Parti démocratique du Kurdistan iranien, ont joué un rôle direct dans l’incitation à la violence par le biais de déclarations et de messages simultanés. »
L’agence a expliqué que ces groupes, basés dans des camps et des quartiers généraux dans le Kurdistan irakien, sont passés de la guerre psychologique et des opérations médiatiques aux combats actifs.
Des signes de cette évolution ont été observés dans les provinces d’Ilam et de Kermânchâh, notamment des tentatives d’approche de cibles sécuritaires et militaires ainsi que de dépôts de munitions dans les zones frontalières.
Selon la même source, cette situation survient malgré l’accord de sécurité signé entre l’Iran et l’Irak, auquel la région du Kurdistan adhère également. Cet accord interdit explicitement l’utilisation du territoire irakien comme base de lancement pour des attaques armées contre l’Iran et interdit à ces groupes d’exhiber ou de posséder ouvertement des armes.
Selon le gouverneur de la capitale iranienne, « les terroristes ont causé des pertes estimées à 3 milliard de toumanes durant la première nuit des émeutes dans la capitale ».
600 émeutiers liés au Mossad

Le Groupe Handala iranien a diffusé sur les réseaux sociaux la liste des noms de 600 émeutiers travaillant pour le Mossad israélien. Ils sont liés à Mehrdad Rahimi, considéré comme l’agent du Mossad principal en Iran, et impliqué dans des activités visant à semer la violence et l’instabilité, selon des informations locales.
À ses débuts, « Handala » était classé comme un groupe de pirates informatiques émergent. Il s’est transformé en peu de temps d’un acteur numérique à l’influence limitée en un acteur central d’une bataille de piratage et de fuites visant des personnalités israéliennes de haut rang.
En diffusant les images vidéos de cocktails Molotov lancés sur des maisons des citoyens la télévision d’Etat a précisé que leurs auteurs sont « des mercenaires persanophones affiliés au Mossad ».
Un espion du Mossad arrêté
Le CGRI a en outre assuré avoir « arrêté un espion portant une nationalité étrangère et travaillant pour le compte des services de renseignements israéliens»
« Il est rentré clandestinement en Iran et a collecté des informations et évaluée la situation liée aux actes terroristes menés par les agents », ont rapporté les médias iraniens.
« Nous sommes en pleine guerre »
Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien a déclaré ce samedi : « Nous sommes en pleine guerre ; il n’y a ni paix ni cessez-le-feu. Les instigateurs des troubles ont été identifiés, certains ont été arrêtés et, dans certains cas, des armes telles que des pistolets G3 et Colt ont été découvertes, ce qui laisse supposer une préméditation ».
9 policiers martyrs
Les autorités iraniennes ont fait part ce samedi que 9 membres des forces de l’ordre ont été tués durant ces émeutes.
Sept d’entre eux sont tombés en martyrs dans la ville sainte de Machhad au nord-est du pays. Les deux autres ont été poignardés a mort dans la ville sainte de Qom au centre du pays.
Leurs obsèques ont eu lieu ce samedi auxquelles a participé une foule importante.
Dans la ville de Lordegan, à l’est de l’Iran, 2 policiers ont été tués et 30 autres ont été blessés, 42 bus et ambulances ont été incendiés, ainsi que 24 bâtiments résidentiels et 10 institution publiques, selon l’agence Fars.
Les médias iraniens ont diffusé les images des actes terroristes perpétrés dans plusieurs villes iraniennes où les émeutiers attaquent aussi bien les batiments publics que les propriétés privées, les magazins,…

Images d’actes de vandalisme dans la ville d’Abadan au sud-ouest d’Iran.
Dans la ville de Racht, au nord de l’Iran, les émeutiers ont incendié un dispensaire médical causant la mort d’une infirmière.
Images de bâtiments publics incendiés dans la ville de Jarjan au nord de l’Iran.
Les Bassidj à Téhéran
L’agence Fars a indiqué que Téhéran a connu la nuit de vendredi à samedi un calme relatif et une nette diminution des troubles suite au déploiement des forces Bassidj, affiliées aux Gardiens de la révolution, aux côtés de la police.
Les rues de Téhéran dans la nuit de samedi
Manifestations de soutien au pouvoir
Ce samedi de nouvelles manifestations de soutien au pouvoir ont été organisées dans plusieurs villes.
L’une d’entre elles a été organisé dans la ville de Qazvin, au nord du pays. Dans les interviews, les manifestants ont exprimé leur refus des actes de vandalisme et de terreur perpétrés par les émeutiers tout en disant être soutenir les protestations contre l’inflation et la cherté de la vie causée par la chute de la monnaie nationale.
La télévision d’État a aussi diffusé samedi des images des funérailles – auxquelles ont notamment assisté une vaste foule dans la ville méridionale de Chiraz – de membres des forces de sécurité tués lors des manifestations.
Des manifestations importantes ont eu lieu dans les villes de Zanjān et Racht, selon la télévision d’Etat Irib.
Professeurs d’universités
Les professeurs d’université de tout l’Iran ont rejoint ce mouvement populaire hostile aux emeutes.
Dans un communiqué signé par 12 400 professeurs d’université membres des Bassidj, ils ont condamné « les crimes brutaux commis par des groupes terroristes et l’atteinte portée aux symboles religieux et nationaux », tout en adressant leurs salutations et leurs vœux de paix au « grand peuple iranien ».
il est dit dans le texte: « lorsque le président américain (Donald Trump), symbole de l’arrogance mondiale, a tenu des propos interventionnistes en faveur des émeutiers et des groupes terroristes, il est devenu évident que le Grand Satan cherche à se venger du peuple iranien ».
Le communiqué a averti également que Trump « a substitué à l’option d’une agression militaire extérieure une stratégie de chaos et de sabotage de l’intérieur, et s’est employé à organiser et à armer des groupes terroristes et ses mercenaires afin d’exploiter la moindre opportunité ».
Le fils du shah veut revenir en Iran
« Les Etats-Unis soutiennent le courageux peuple iranien », a écrit sur X le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio ignorant l’ampleur des manifestations hostiles aux émeutes.
Même son de cloche de la part du fils de l’ancien chah, renversé en 1979, et figure de l’opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi, qui a déclaré être prêt à « rentrer dans son pays natal » dans un avenir « très proche ».
Il a appelé les Iraniens à « se préparer à prendre » les centres-villes, leur demandant de descendre dans la rue samedi et dimanche en fin de journée soulignant que « l’objectif n’est plus seulement de manifester dans la rue » mais de prendre les centres-villes, en « restant sur le terrain ».
Il avait demandé vendredi à Donald Trump d’intervenir sans tarder en Iran, réclamant sur les réseaux sociaux au président américain son « attention », son « soutien » et lui intimant d’agir.
Source : Divers
