mercredi, 04/03/2026   
   Beyrouth 01:54

La guerre au M-O menace de se répercuter aussi sur le portefeuille des Américains et la côte de Trump dans les prochaines élections

La guerre menée par Donald Trump contre l’Iran risque de faire grimper le coût de l’essence et de mécontenter les Américains à quelques mois des élections de mi-mandat aux Etats-Unis.

« Les prix à la pompe devraient augmenter d’ici quelques jours » dans les stations américaines, estime auprès de l’AFP John Canavan, d’Oxford Economics.

Le sujet est hautement inflammable au pays de la voiture reine, où Donald Trump a récemment assuré pouvoir trouver de l’essence à moins de deux dollars le gallon (3,78 litres).

La moyenne nationale vient de repasser au-dessus de la barre symbolique des trois dollars, selon le site officiel de suivi AAA.

Les prix augmentaient déjà « lentement mais sûrement depuis début janvier », reprend l’analyste d’Oxford Economics, selon qui « les distributeurs réagissent généralement rapidement à toute évolution susceptible de faire grimper les prix ».

L’an dernier, la baisse du coût de l’essence avait été un soulagement pour les Américains.

Alors que l’inflation a réaccéléré après que Donald Trump a imposé des droits de douane sur le reste du monde, elle n’a pas totalement déraillé, grâce en particulier à cet important poste de dépenses, devenu moins onéreux.

Impact sur l’inflation

A 2,9% (en décembre), l’inflation reste toutefois bien au-dessus de l’objectif de la banque centrale (Réserve fédérale, Fed).

Nombre de ses responsables se disent déterminés à la ramener à 2%, un niveau que les Etats-Unis n’ont plus connu depuis cinq ans.

Dans ce contexte, chaque nouvelle pression inflationniste risque de repousser le moment où interviendra une nouvelle baisse des taux d’intérêt, et ce alors que Donald Trump pousse pour une politique monétaire beaucoup plus accommodante.

« A court terme », la guerre au Moyen-Orient est susceptible « d’accroître l’inflation et peut-être de ralentir la croissance mondiale », a estimé mardi, devant des journalistes à Washington, le président de la Fed de New York, John Williams.

Il a ajouté qu’il était toutefois « encore tôt » pour évaluer si l’impact sur les prix sera « durable » et influencera donc les taux d’intérêt de la Fed.

Le responsable a aussi souligné que les Etats-Unis étaient moins vulnérables que l’Europe face aux fluctuations des prix énergétiques, du fait de leur autosuffisance en la matière.

Les prix restent cependant influencés par le marché mondial, pointe James Knightley, économiste chez ING.

Le coût de l’énergie « sera certainement un point sensible pour l’économie américaine » et le budget des ménages, dit-il à l’AFP.

Moral des consommateurs-électeurs

Avant même le conflit lancé contre l’Iran, les républicains voyaient avec inquiétude monter l’impopularité de Donald Trump à l’approche des élections législatives de mi-mandat, à l’automne.

Tous les sondages font état d’un mécontentement croissant sur le pouvoir d’achat.

Le gouvernement américain est conscient de l’impact de son entreprise militaire au Moyen-Orient sur les prix aux Etats-Unis, selon l’économiste en chef de Nationwide Kathy Bostjancic, qui s’attend à ce qu’il annonce des mesures pour alléger la facture énergétique.

Elle poursuit auprès de l’AFP: « ils savent que le coût de la vie est un problème pour de nombreux ménages », que « la hausse des prix de l’essence aurait un impact négatif sur le moral des consommateurs » et que « cela pourrait se traduire dans les urnes en novembre ».

Selon un sondage réalisé par la CNN, 60% des Américains sont contre la guerre menée contre l’Iran.

Source : Avec AFP