mercredi, 04/03/2026   
   Beyrouth 02:01

Trump se prépare à utiliser la carte kurde contre l’Iran et une attaque vise le camp Azadi à Erbil

Un camp abritant des combattants kurdes iraniens au Kurdistan irakien a été la cible de frappes de drones mardi. Des sources kurdes et irakiennes ont accusé l’Iran d’être à l’origine de l’attaque, tandis que des responsables américains ont indiqué que « le président Donald Trump s’était entretenu avec des dirigeants kurdes susceptibles d’exploiter la faiblesse de Téhéran pour obtenir un avantage ».

L’AFP a rapporté que Tariq al-Haidari, maire de Koya, dans la province d’Erbil, a déclaré que « trois drones iraniens avaient ciblé le camp Azadi (Liberté), appartenant à des partis d’opposition kurdes iraniens, mardi matin ». Il a ajouté que « l’un des drones avait directement touché l’hôpital du camp, blessant une personne ».

Mohammad Nazif Qader, membre du bureau politique du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI), a affirmé que « des drones et des missiles ont attaqué le camp », accusant l’Iran d’être derrière l’attaque.

Le district de Koya, connu des Kurdes sous ce nom, est un bastion du KDPI depuis des décennies. La région autonome du Kurdistan irakien accueille des forces de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, et sa capitale, Erbil, abrite un important complexe consulaire américain, ce qui en fait une cible dans le contexte du conflit qui secoue le Moyen-Orient depuis l’attaque américano-israélienne contre l’Iran samedi dernier.

L’Iran classe les partis d’opposition kurdes comme organisations terroristes et les a déjà accusés de servir les intérêts occidentaux ou israéliens.

Ces partis ont combattu les forces iraniennes dans les zones majoritairement kurdes le long de la frontière irako-iranienne. Ces dernières années, ils ont largement cessé leurs activités armées, bien qu’ils poursuivent leurs campagnes politiques contre l’Iran.

Le mois dernier, cinq partis, dont le Parti démocratique du Kurdistan iranien, ont annoncé la formation d’une alliance politique visant à renverser la République islamique d’Iran et à garantir le droit des Kurdes à l’autodétermination.

Trump et la carte kurde

Parallèlement, le site d’information américain Axios et le Wall Street Journal, citant des sources bien informées, ont rapporté que « le président Donald Trump s’était entretenu par téléphone à deux reprises avec Bafel Talabani, chef de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), et Massoud Barzani, dirigeant du Parti démocratique du Kurdistan (PDK). Au cours de ces échanges, ils ont discuté de l’issue d’une éventuelle guerre israélo-américaine contre l’Iran et des mesures possibles pour la suite ».

Selon ces sources, ces appels seraient le fruit de « mois d’efforts en coulisses menés par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ». Elles ajoutent que le consensus général, et l’opinion de Netanyahu en particulier, « prévoient l’émergence des Kurdes et leur soulèvement pour contribuer au renversement du régime iranien ».

Elles précisent également que « Netanyahu, déterminé à attaquer l’Iran et à changer son régime, a évoqué pour la première fois la carte kurde auprès de Trump lors d’une réunion à la Maison Blanche ».

Le rapport indiquait que « les Kurdes disposaient de milliers de combattants armés le long de la frontière irano-irakienne et que les zones stratégiques qu’ils contrôlent pourraient s’avérer cruciales au cours du conflit ».

Selon ses dires, il a souligné les liens de longue date « qu’Israël entretient en matière de sécurité et de renseignement avec certains groupes en Syrie, en Irak et en Iran ».

De son côté, le Wall Street Journal a cité des responsables américains affirmant que « Trump était disposé à soutenir des groupes iraniens prêts à prendre les armes pour renverser le régime ».

Ces responsables ont déclaré que « Trump s’était entretenu avec des dirigeants kurdes dimanche et qu’il continuait de communiquer avec d’autres responsables locaux susceptibles d’exploiter la faiblesse de Téhéran à leur avantage ».

La porte-parole de la Maison Blanche, Carolyn Leavitt, a déclaré : « Le président Trump s’est entretenu avec plusieurs partenaires régionaux », sans toutefois confirmer explicitement les objectifs de Trump.

Axios a été le premier média à rapporter l’appel de Trump avec les Kurdes.

Les responsables ont précisé que « Trump n’avait pas encore pris de décision définitive à ce sujet, notamment quant à la fourniture d’armes, d’entraînement ou de soutien en matière de renseignement aux groupes anti-régime ».

Frappe iranienne de 30 drones contre les quartiers généraux de groupes menaçant la sécurité nationale iranienne au Kurdistan irakien

Dans un communiqué ferme publié mardi, le CGRI a affirmé « qu’il ferait preuve d’une tolérance zéro absolue envers quiconque héberge ou mène des actions visant la sécurité nationale iranienne », soulignant que « toute agression se verrait répondre de manière décisive et rapide ».

Le communiqué a révélé « la destruction complète des quartiers généraux de groupes contre-révolutionnaires au Kurdistan irakien », expliquant que « ces groupes projettent d’infiltrer le territoire iranien pour y mener des opérations de sabotage ».

Le CGRI a précisé que « l’opération a été menée à bien grâce à un travail de renseignement précis et que la frappe a impliqué le lancement de 30 drones qui ont atteint leurs cibles avec précision ».

Le communiqué a conclu en affirmant qu’« une confrontation décisive avec les groupes agresseurs, quelle que soit la zone géographique, demeure la priorité absolue des unités de sécurité et d’opérations du CGRI ».

Source : Médias