mardi, 03/03/2026   
   Beyrouth 01:08

Raad : L’incapacité du gouvernement à dissuader l’occupation ne justifie pas ses décisions « arrogantes » à l’encontre de ceux qui la rejettent

Le député Mohammad Raad, chef du bloc Loyauté à la Résistance, a réagi à la déclaration du Premier ministre libanais Nawaf Salam : « Nous ne voyons aucune justification aux mesures d’intimidation prises par le Premier ministre Salam et son gouvernement à l’encontre des citoyens libanais qui rejettent l’occupation israélienne. »

Raad a déclaré : « Nous comprenons l’incapacité du gouvernement libanais à affronter l’ennemi sioniste brutal, qui viole la souveraineté nationale, occupe le territoire et constitue une menace constante pour la sécurité et la stabilité du pays. »

Il a ajouté : « Nous comprenons également le droit du gouvernement de décider de la guerre et de la paix, et son incapacité à imposer cette décision à l’ennemi, qui viole la trêve et persiste dans sa guerre d’agression contre le Liban et son peuple. »

Raad a poursuivi : « il est illogique pour Salam d’accuser les citoyens libanais qui rejettent l’occupation de violer la trêve que l’ennemi a méprisée et a refusé de respecter pendant un an et quatre mois ». Il a souligné que « le gouvernement n’a pas su tirer profit de ses prétendues amitiés internationales avec le Liban pour contraindre l’ennemi à cesser ses agressions contre le pays ».

Il a ajouté que « le peuple libanais s’attend à une décision condamnant l’agression, mais il s’est retrouvé face à une résolution condamnant le rejet de l’agression ». Il a noté que « la réaction du Hezbollah à l’agression israélienne traduit un rejet clair de la voie de la capitulation et de la tromperie du peuple libanais, qui se voit faire croire que la réconciliation avec l’ennemi et la soumission à ses conditions sont le seul moyen d’atteindre une sécurité et une paix illusoires ».

Il a également insisté sur le fait que « le gouvernement libanais, incapable d’imposer la paix à l’ennemi et de résister à l’agression, doit s’abstenir de créer de nouveaux problèmes qui exacerberaient une situation déjà explosive et tendue, situation que nous devons tous nous efforcer d’éviter ».

Le gouvernement libanais interdit toute activité militaire du Hezbollah et réaffirme que la décision de guerre relève exclusivement de l’État

Le Conseil des ministres libanais a annoncé lundi le rejet absolu par l’État libanais de toute action militaire ou sécuritaire menée depuis son territoire en dehors des institutions légitimes. Il a réaffirmé que « la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l’État », appelant « à l’interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah, à la remise de ses armes à l’État et à la limitation de son rôle à l’action politique dans le cadre constitutionnel et légal ».

Dans une déclaration lue par le Premier ministre libanais Nawaf Salam à l’issue d’une réunion d’urgence tenue au palais de Baabda et présidée par le président Joseph Aoun, « le gouvernement a chargé les appareils militaires et sécuritaires de prendre sans délai les mesures nécessaires pour empêcher toute opération armée, tout tir de roquettes ou toute activité de drones à partir du territoire libanais, et d’arrêter les contrevenants conformément aux lois en vigueur ».

Le Conseil des ministres a également donné instruction au commandement de l’armée d’appliquer immédiatement et de manière ferme le plan présenté le 16 février 2026 concernant la limitation des armes au nord du fleuve Litani. Il a appelé « les États garants de la cessation des hostilités à obtenir un engagement israélien clair et définitif pour mettre fin à toutes les attaques contre le territoire libanais, tout en réaffirmant l’adhésion pleine et entière du Liban au cadre du cessez-le-feu et sa disposition à reprendre les négociations avec une médiation internationale et une participation civile ».

Dans le prolongement de la réunion, le Premier ministre a indiqué que le gouvernement condamnait les récents tirs de roquettes revendiqués par le Hezbollah, les qualifiant de violation de la Constitution, du Document d’entente nationale et de la déclaration ministérielle.

Par ailleurs, le ministère libanais des Affaires étrangères a été chargé d’intensifier les contacts diplomatiques afin de mettre fin aux attaques israéliennes, tandis que le ministère des Affaires sociales devra assurer l’hébergement, l’alimentation et les fournitures de première nécessité pour les déplacés, en coordination avec les autorités concernées.

De son côté, le ministre libanais de la Santé, Rakan Nasreddine, a déclaré à l’issue de la séance que « personne ne tient sa résistance pour responsable comme nous le faisons », s’interrogeant sur la possibilité de faire confiance à « Israël ». Il a ajouté que « quinze mois se sont écoulés et nous attendons toujours des solutions diplomatiques ».

Le ministre libanais de la Justice : L’armée poursuivra toute action militaire menée en dehors du cadre légal

Le ministre libanais de la Justice, Adel Nassar, a déclaré que « l’armée libanaise poursuivra tous ceux qui participent à une action militaire menée en dehors du cadre légal, et notamment le Hezbollah, auquel il a exigé la remise immédiate des armes, conformément à la décision gouvernementale publiée lundi ».

Dans un entretien accordé à la chaine qatarie Al Jazeera, M. Nassar a ajouté que « le gouvernement a pris la décision d’interdire les activités du Hezbollah en présence de tous les ministres, y compris ceux du mouvement chiite Amal. Il a précisé que « les ministres nommés par le Hezbollah ont protesté contre cette décision, mais n’ont pas quitté la séance ».

Source : Médias