Le 28 février 2016, le président américain Donald Trump a annoncé que l’ayatollah Seyyed Ali Khamenei avait été ciblé et tué lors de la première frappe de l’agression américano-israélienne contre l’Iran, plaçant ainsi la région du Moyen-Orient et le monde entier face à un moment critique aux répercussions potentiellement énormes.
Le dimanche 1er mars 2026 à 4h00 du matin, la télévision iranienne a diffusé l’éloge funèbre du « Guide suprême », victime de l’attaque la plus d’envergure perpétrée contre l’Iran depuis la victoire de la révolution en 1979. Ainsi, le Guide suprême de la révolution islamique en Iran, Sayyed Ali Khamenei, est tombé en martyr, un martyre qui, dans son cas, constitue une fin appropriée pour un homme qui a consacré sa jeunesse et sa vieillesse à combattre l’hégémonie américaine et à affronter les forces de l’arrogance mondiale.
D’un garçon pauvre vivant dans les ruelles de Mashhad, témoin, à l’âge de quinze ans, du coup d’État orchestré par la CIA contre le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh, à opposant au régime du Shah, admirateur du président égyptien Gamal Abdel Nasser et partisan de son rival Sayyed Qutb, jusqu’au Guide suprême de l’Iran, le parcours politique de M. Khamenei a été une progression graduelle. À chaque étape, il a maintenu une ligne de conduite constante, inébranlable face aux menaces américaines et israéliennes comme aux tentatives d’influence occidentales.
Dans son discours intellectuel et politique, l’ayatollah Ali Khamenei a présenté le concept de « soutien aux opprimés » comme un principe religieux et éthique ancré dans la vision islamique de la justice et issu de la tradition coranique, qui appelle à se ranger du côté des opprimés face à l’arrogance et à l’hégémonie. Il a présenté ce principe comme une responsabilité qui transcende les frontières géographiques, englobant le soutien aux peuples qu’il estime victimes d’occupation ou de pressions politiques et économiques, tout en soulignant l’indépendance du pouvoir de décision national et en rejetant la soumission aux grandes puissances.
Sa personnalité se caractérise par la présence d’une figure à la fois religieuse et politique, alliant une solide formation théologique à une longue expérience de l’administration publique. Dans ses discours, il tenait à lier la dimension spirituelle à l’action publique et l’identité religieuse à la construction d’institutions étatiques fortes.
Le dirigeant avait une vision stratégique à long terme, était inébranlable dans ses positions et croyait au rôle de l’Iran dans la défense des causes qu’il considérait justes, en mettant clairement l’accent sur les concepts de résilience, d’autonomie et de renforcement de la puissance scientifique et culturelle comme outils de protection de la dignité nationale, et il a renforcé le rôle de l’Iran dans la lutte contre les forces de l’arrogance mondiale.
Sa naissance et son éducation
L’ayatollah Ali Khamenei est né le 19 avril 1939 à Mashhad, dans le nord-est de l’Iran, au sein d’une famille religieuse réputée pour son intérêt pour les sciences islamiques. Il reçut son éducation religieuse dès son plus jeune âge, puis poursuivit ses études dans des séminaires, notamment à Qom, où il étudia auprès de plusieurs érudits éminents, dont l’imam Rouhollah Khomeiny, dont les idées sur le rôle des savants dans la direction de la société l’influencèrent profondément.
Sayyed Khamenei s’est engagé dans l’activisme religieux et social durant les années 1960 et 1970. Après la victoire de la Révolution islamique en 1979, il a assumé d’importantes responsabilités au sein des institutions étatiques naissantes, siégeant au Conseil révolutionnaire puis occupant divers postes exécutifs. En 1981, il a été élu président de la République islamique d’Iran, fonction qu’il a exercée jusqu’en 1989, période durant laquelle le pays a entrepris une phase de reconstruction des institutions étatiques et de consolidation de ses structures constitutionnelles.
Suite au décès de l’imam Khomeiny en juin 1989, l’Assemblée des experts l’a désigné Guide suprême de la République islamique, faisant de lui la deuxième personne à occuper ce poste dans l’histoire du pays. En tant que Guide suprême, il a assumé la responsabilité de superviser les grandes orientations de l’État, notamment les forces armées et la politique étrangère, conformément à la Constitution iranienne. Il était reconnu pour son engagement constant en faveur de la préservation de la souveraineté nationale et du renforcement des capacités de défense et scientifiques du pays.
Durant son mandat, il a accordé une attention particulière au développement des infrastructures scientifiques et technologiques ainsi qu’au soutien des programmes de recherche et d’enseignement supérieur. Il a également insisté sur l’importance de l’autosuffisance et du renforcement de l’économie nationale. Sur la scène internationale, ses discours ont mis l’accent sur les principes de la souveraineté nationale et le rejet de l’ingérence dans les affaires intérieures, tout en appelant à des relations équilibrées fondées sur le respect mutuel.
Khamenei est considéré comme l’une des figures les plus influentes de l’histoire de la République islamique d’Iran, son nom étant associé à des étapes cruciales du développement de l’État et de ses institutions, et sa présence sur la scène politique et religieuse s’étant poursuivie pendant des décennies, influençant ses orientations générales et son cours régional et international.
Source : traduit à partir d’Al-Akhbar
