jeudi, 26/02/2026   
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L’opposition indienne dénonce la visite de Modi en ‘Israël’: « Un acte de complicité honteux »

La visite du Premier ministre indien, Narendra Modi, en ‘Israël’ le mercredi 25 février a suscité une vaste vague de critiques de la part des forces de gauche indiennes. Celles-ci ont accusé le dirigeant nationaliste hindou de complicité avec la guerre israélienne continue contre les Palestiniens dans la bande de Gaza.

Modi est arrivé en ‘Israël’ pour une visite d’État de deux jours, où il a été accueilli par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et son épouse Sara à l’aéroport international Ben Gourion.

Ce déplacement devrait se concentrer sur le renforcement de la coopération militaire et les contrats d’armement, compte tenu de l’augmentation significative des achats d’armes israéliennes par l’Inde ces dernières années.

Modi a également été reçu à sa résidence à l’hôtel « King David », qui fut le théâtre en 1946 d’un attentat perpétré par des militants juifs contre l’administration britannique, causant la mort de 91 personnes.

Lors d’un discours devant la Knesset israélienne, Modi a exprimé ses regrets concernant l’attaque menée par le mouvement Hamas le 7 octobre 2023, qui a entraîné la mort de 1 195 Israéliens et la capture de 251 autres. Cependant, il n’a pas évoqué les dizaines de milliers de Palestiniens tombés en martyrs ou blessés à la suite de la guerre génocidaire israélienne contre Gaza.

Modi a déclaré : « Aucune cause ne peut justifier le meurtre de civils », en référence aux victimes israéliennes et non aux Palestiniens, selon ses détracteurs.

La journaliste Seema Sengupta a estimé que le discours de Modi « justifiait le meurtre de dizaines de milliers de Palestiniens innocents par les bombardements israéliens », ajoutant que le Premier ministre indien aurait dû manifester sa tristesse pour les victimes des deux camps au lieu d’afficher une position biaisée, selon une analyse présentée par Brett Wilkins sur la plateforme Common Dreams.

De son côté, le Parti communiste indien (marxiste), qui dirige le gouvernement de l’État du Kerala, a exprimé sa ferme opposition à cette visite, la qualifiant de « trahison de la cause palestinienne » et de « légitimation du régime meurtrier de Netanyahu ».

Le parti a affirmé que cette visite intervient alors qu’Israël poursuit « une guerre de génocide à Gaza », notant la persistance des frappes militaires et des violations quotidiennes malgré l’accord de cessez-le-feu, parallèlement à l’escalade des attaques et à l’expansion de la colonisation en Cisjordanie occupée.

Il a ajouté que la visite vise à approfondir les relations militaires et stratégiques avec un « régime sioniste expansionniste », jugeant son timing dangereux alors que les États-Unis se préparent à une éventuelle action militaire contre l’Iran sous l’impulsion d’Israël.

Le secrétaire général du parti, M.A. Baby, a déclaré que « l’étreinte de Modi envers l’Israël sioniste, en pleine offensive génocidaire continue contre la Palestine, représente une trahison de l’héritage anticolonial de l’Inde ».

Pour sa part, le Parti communiste indien (marxiste-léniniste) a condamné la visite, la qualifiant d’« acte de complicité honteux dans l’agression génocidaire continue contre le peuple palestinien », soulignant qu’elle constitue un soutien politique à la guerre israélienne et une exploitation politique et économique « au prix du sang palestinien ».

Le parti a accusé le gouvernement Modi d’importer des « modèles de répression israéliens » depuis son arrivée au pouvoir en 2014, incluant des politiques de punition collective et l’expansion des systèmes de surveillance, estimant que le parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP), a trouvé en ‘Israël’ un modèle pour ses politiques intérieures.

Les relations entre l’Inde et ‘Israël’ ont connu un rapprochement croissant depuis l’accession au pouvoir de Modi et Netanyahu.

Les deux dirigeants sont classés au sein du courant nationaliste de droite et ont été régulièrement accusés de renforcer une tendance autoritaire, en plus de leur alliance étroite avec le président américain Donald Trump.

Des politiciens du courant centre-gauche, dont des membres du parti d’opposition du Congrès national indien, ont rejoint la vague de critiques, bien que ce parti ait été précédemment critiqué pour sa gestion « pragmatique » avec ‘Israël’.

Dans les milieux académiques et la société civile, Nandini Sundar, professeure d’économie à l’Université de Delhi, a estimé que la visite d’un « État accusé de commettre un génocide » a davantage porté préjudice à l’image de l’Inde que les manifestations étudiantes opposées au parti de Modi.

Le groupe « Indians for Palestine » et la branche du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) en Inde ont publié un communiqué conjoint accusant le gouvernement du BJP de « coopérer étroitement avec Israël » pour réprimer les voix dissidentes, tout en maintenant une façade démocratique formelle.

Les deux groupes ont affirmé que le gouvernement indien a choisi de se tenir aux côtés d’Israël « à un moment où le cessez-le-feu est utilisé comme couverture pour continuer à bombarder les Palestiniens et occuper Gaza », accusant New Delhi de s’aligner sur ‘Israël’ et ses alliés, en premier lieu les États-Unis, pour réaliser des gains économiques liés à l’occupation.

Source : Traduit à partir d'AlQods al-Arabi