jeudi, 26/02/2026   
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Syrie : les FDS accusent les forces de Damas d’avoir contribué à l’évasion des membres de Daech du camp al-Hol

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), milice à majorité kurde syrienne qui contrôlait su nord-est syrien ont publié un communiqué concernant l’évasion d’éléments de Daech dans le camp d’al-Hol, pendant sa prise par les forces de Damas accusant ces dernières d’avoir contribué à cette évasion, et le gouvernement syrien de tenter « de se soustraire à sa responsabilité dans ce qui s’est passé dans le camp ».

Selon le Wall Street Journal, les services de renseignement américains estiment qu’entre 15 000 et 20 000 personnes, dont des membres de l’EI, s’étaient échappées du camp d’al-Hol en Syrie et étaient désormais dispersées dans tout le pays.

Le centre médiatique des FDS a déclaré dans un communiqué : « Nos forces ont suivi les déclarations publiées par le porte-parole du ministère de l’Intérieur du gouvernement de Damas, par lesquelles il a tenté de se dédouaner de toute responsabilité concernant ce qui s’est passé au camp d’Al-Hol et l’échec manifeste de la gestion de son dossier après sa prise en charge par les forces du ministère de l’Intérieur et de la Défense. »

Da sa version des faits, le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, Noureddine al-Bab, a déclaré : « À l’arrivée de nos équipes spécialisées, il est apparu clairement que des évasions massives avaient eu lieu suite à l’ouverture aléatoire du camp », expliquant que certains gardes avaient « abandonné leurs postes avec leurs armes », tandis que « les barrières internes du camp ont été enlevées, ce qui a conduit à un état de chaos ».

Selon les FDS les déclarations du porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur sont « irresponsables et ne peuvent être dissociées des efforts politiques visant à induire l’opinion publique en erreur et à détourner l’attention des lacunes sécuritaires et administratives qui ont accompagné la prise de contrôle du camp. »

Leur communiqué révèle les événements qui ont précédé faisant état « d’attaques directes et de renforcements militaires de la part de factions affiliées à Damas en direction du camp ».

Et de poursuivre : « Les affrontements ont atteint ses murs, coïncidant avec des mouvements coordonnés à l’intérieur du camp par les familles de membres de Daech afin de semer le chaos. Face à cette escalade délibérée et compte tenu du silence international suspect, nos forces ont été contraintes de se retirer pour éviter de transformer le camp en champ de bataille. »

Leur communiqué poursuit : « Par la suite, ces factions ont pénétré dans le camp et ont commencé à faire sortir clandestinement les familles de membres de l’EI, sous l’œil des caméras de ces mêmes membres. Ces opérations de trafic se sont poursuivies pendant plus d’une semaine, de manière publique et documentée, sous le regard et avec le soutien de membres des ministères de la Défense et de l’Intérieur du gouvernement de Damas. Les parties qui exerçaient alors le contrôle et l’administration des lieux en portent la responsabilité. Ces faits sont prouvés par des enregistrements audio et vidéo et ne sauraient être occultés par des déclarations médiatiques trompeuses. »

Selon le communiqué « le retrait de nos forces est une conséquence directe de l’attaque militaire et des mobilisations menées par Damas contre le camp et ses environs, ainsi que de l’évacuation et du trafic de familles de membres de l’EI qui ont eu lieu après l’entrée en guerre de factions de Damas et leur implication directe dans ces opérations. »

Le journal américain The Washington Post a averti que l’EI profitera de la désintégration du camp d’Al-Hol et de l’incapacité de Damas à contrôler et à maintenir l’ordre dans tout le pays pour étendre son influence.

D’après l’évaluation des services de renseignement américains, l’évasion massive survenue ce mois-ci n’était pas le fruit d’une attaque organisée par l’EI, mais plutôt la conséquence d’une mauvaise gestion et d’un manque de surveillance du périmètre de sécurité par le gouvernement syrien.

Le journal explique que cette évasion a eu lieu lors du transfert du contrôle du camp d’al-Hol des Forces démocratiques syriennes (FDS) aux forces gouvernementales.

Le Washington Post souligne ensuite que le gouvernement de Damas, incapable de sécuriser les camps, subit désormais les conséquences de cette évasion.

Le journal fait remarquer que « quatorze mois après avoir consolidé son pouvoir, le gouvernement de Damas ne dispose toujours pas du monopole de la force sur l’ensemble du territoire ».

Le journal avertit que l’effondrement du camp d’al-Hol pourrait offrir à l’EI une occasion importante de se développer, attirant potentiellement de nouvelles recrues et renforçant le moral du groupe à « un moment crucial de la fragile transition syrienne ».

Source : Médias