lundi, 23/02/2026   
   Beyrouth 19:29

Ch Qassem : les funérailles du Maitre des martyrs et de son successeur ont marqué un tournant dans l’histoire du Liban

Cheikh Naïm Qassem estime que le projet du « Grand Israël » s'inscrit dans l'hégémonie américaine

À l’occasion de la première commémoration des funérailles solennelles des deux chefs martyrs, Sayyed Hassan Nasrallah, Maitre des martyrs de la oumma, et son successeur Sayyed Hachem Safieddine, le secrétaire général du Hezbollah, Cheikh Naïm Qassem, a affirmé que « les funérailles étaient impressionnantes et la participation exceptionnelle de millions de personnes a marqué un tournant dans l’histoire du Liban et de la région ».

Les funérailles, un gage d’allégeance à la résistance

Dans une interview accordée au site d’information Al-Ahed, il a souligné que « l’amour du peuple pour le Maitre des martyrs de la nation et pour Sayyed Hachem était sans égal, et ce dont le monde a été témoin reflétait le caractère profondément enraciné de la résistance dans la vie des Libanais et témoignait de leur détermination à poursuivre le combat. Le slogan « Nous resterons fidèles à l’alliance » exprime parfaitement le présent et l’avenir. »

Cheikh Qassem a également souligné que les funérailles constituaient « un gage d’allégeance et un renouvellement de l’engagement à poursuivre la résistance, une reprise de l’initiative pour reconstruire les capacités de la résistance et une affirmation de l’unité populaire autour d’elle », notant que « leur signification politique réside dans la continuité de la résistance, de ses dirigeants, de ses combattants et de son peuple, et que la Bataille des Braves n’en est qu’une étape. Ce que le mouvement a offert, sous la direction de ces deux vénérables chefs, c’est le sang versé pour raviver la résistance et sa gloire. Cette résistance doctrinale, nationale et généreuse ne peut être vaincue malgré tous les coups, les sacrifices et les complots ourdis contre elle, car elle a été bâtie sur la vérité et pour la vérité, et ceux qui croient en la résistance sont dignes de la victoire, que ce soit par le martyre ou par la victoire. »

Nous étions des frères en Dieu

Son Éminence a ensuite évoqué sa relation avec le Maître des Martyrs de la Oumma, Sayyed Hassan Nasrallah, en ces termes :

« J’ai travaillé directement avec Son Éminence, le Maître des Martyrs de la Oumma, Sayyed Hassan (que Dieu l’agrée), depuis 1987, en tant que vice-président du Conseil exécutif lorsqu’il en était le chef, et en tant que membre du Conseil à ses côtés.

Pendant moins d’un an, lorsque Son Éminence Sayyed Abbas (que Dieu l’agrée) a pris ses fonctions, nous avons siégé ensemble au Conseil. Puis, après Sayyed Abbas (que Dieu l’agrée), j’ai été secrétaire général adjoint auprès de Sayyed Hassan (que Dieu l’agrée) de février 1992 jusqu’à son martyre, soit pendant 31 ans. Nous étions des frères en Dieu Le Tout-Puissant, des compagnons de route et militants sous la bannière du Guide suprême, l’Imam Khomeiny (que Dieu sanctifie son âme), et après lui, de l’Imam Khamenei (que son ombre perdure).

Nous étions unis. Tout au long des différentes étapes de la résistance, avec ses difficultés, ses dangers, ses complexités, ses victoires et ses sacrifices, je lui ai dit à maintes reprises que je l’aimais en Dieu Le Tout-Puissant, et il m’a dit à maintes reprises qu’il m’aimait aussi. Cela témoigne de la profondeur de notre relation, empreinte de consultations quotidiennes et d’une coopération constante. Le Maitre Suprême a finalement remporté le plus grand honneur, mais moi… j’ai beaucoup perdu sur le plan personnel. J’ai perdu un refuge, un guide, une figure emblématique et un esprit créatif. C’est une perte immense, une perte de proximité et d’échanges, mais je crois en la volonté et le destin de Dieu, et nous devons toujours nous inspirer de ces qualités en son absence. »

Dévoué au Guide suprême

Cheikh Qassem a souligné que Sayyed Nasrallah était profondément dévoué au Guide suprême, l’Imam Khamenei.

« Il attendait avec ferveur ses discours, les suivait, les analysait et en tirait profit, les répétant parfois devant les frères et devant le public. Le Guide lui rendait cet amour et cette conviction quant au rôle, à la compétence et à la stature qui distinguaient Son Éminence Sayyed Hassan (que Dieu l’agrée) … La confiance que le Guide Khamenei portait à Sayyed Hassan était absolue, lui reconnaissant son jugement sûr, son expérience et la justesse de ses positions. Leur relation était empreinte d’une foi, d’un engagement et d’une coopération concrète exceptionnels ».

Concernant le martyr Sayyed Hachem Safieddine, Cheikh Qassem a déclaré : « Nous avons œuvré ensemble sur la voie de la Wilayah (Tutelle du Juriste Islamique) et de la résistance, occupant des postes à responsabilité et de direction qui exigent conscience, sagesse et dévouement. Ce fut un immense plaisir pour moi de travailler avec un homme aussi consciencieux, engagé et méticuleux au service de la résistance et de son peuple. Il me manque terriblement, il était un pilier de soutien et de force, et si Dieu le veut, nous bénéficierons de son œuvre. »

Le rôle du peuple, essentiel dans la résistance

Cheikh Qassem a affirmé que la responsabilité de guidance du Hezbollah et de la Résistance islamique est très grande, et que le rôle du peuple sur cette voie est essentiel et fondamental, « car elle lui appartient et il en est la force ».

Il a ajouté : « Je ne cache pas qu’après avoir assumé cette responsabilité, mon amour pour le peuple s’est accru. Ils sont ma famille, les enfants de la résistance et des martyrs. Dès le premier instant, j’ai juré à Dieu Tout-Puissant de remplir mon devoir envers eux au mieux de mes capacités, selon les dons et les ressources qu’il m’a accordés. Il n’y a de place dans ma vie que pour Dieu, les dirigeants, la résistance et le peuple, afin qu’ensemble, si Dieu le veut, nous ferons partie des soldats de l’Imam al-Mahdi (que Dieu hâte son retour). »

Et de poursuivre : « Je sais que nous traversons une période difficile, mais ensemble, nous avons surmonté les épreuves de la persévérance et nous continuerons patiemment à répondre aux exigences de cette phase au cours des quinze prochains mois. Le moment venu d’agir, nous n’hésiterons pas. Notre voie est claire : la terre nous appartient et notre droit de la défendre et de résister est légitime. Nous resterons fermes, nous préparant à l’éventualité de la victoire ou du martyre, et prêts à attendre l’Imam tant attendu (que Dieu hâte son retour). Il n’y a pas de place pour la défaite, quels que soient les sacrifices, car “la victoire ne vient que de Dieu, le Tout-Puissant, le Sage”. »

Israël, un instrument pour asservir les pays de la région

En réponse à une question concernant la position agressive des États-Unis qui avaient envisagé de bombarder le cortège funèbre lors des funérailles l’an dernier, comme l’avait reconnu Morgan Ortagus l’assistante de l’envoyé américain Tom Barrack, le secrétaire général du Hezbollah a déclaré : « L’entité israélienne est une entité arrogante et colonialiste, nourrie par la Grande-Bretagne, puis par les États-Unis avec le soutien international et occidental. Elle est gérée par les États-Unis et sert avant tout leurs intérêts. Les États-Unis ont conçu Israël comme un instrument dans la région pour asservir leurs pays et subjuguer leurs peuples, et pour mettre fin à la cause palestinienne en légitimant l’existence d’Israël sur l’ensemble de la Palestine. »

Cheikh Qassem a poursuivi : « la reconnaissance par les États-Unis d’al-Qods (Jérusalem) comme capitale d’Israël, puis du Golan comme faisant partie intégrante de ce territoire, l’abandon de la solution à deux États, la guerre d’extermination menée par les États-Unis contre Gaza, et l’expansion continue des colonies en Cisjordanie, ainsi que l’oppression du peuple palestinien sous le regard et avec le soutien des États-Unis et de l’Occident… tous ces éléments témoignent de la volonté américaine de contrôler la région par la force ».

Et de poursuivre concernant le Liban : « De même, la guerre d’agression contre le Liban est une guerre américaine menée par le biais de l’agression israélienne afin d’établir la domination américaine. Cela s’est manifesté par le non-respect de l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2014, la gestion de la poursuite de l’agression israélienne, les pressions politiques exercées sur l’État libanais pour dicter sa politique, et les efforts déployés pour désarmer la résistance en vue de son élimination. »

Le projet du « Grand Israël » s’inscrit dans l’hégémonie américaine

Son Éminence a ajouté : « Le slogan de Trump, « La paix par la force », signifie colonialisme et contrôle des pays par la force, instrumentalisation criminelle et brutale, ou soumission forcée pour ne plus pouvoir les utiliser. Ici, le projet du « Grand Israël » s’inscrit dans l’hégémonie américaine, qui instrumentalise Israël tant qu’il sert sa domination, et intervient directement lorsqu’Israël est incapable de le faire, comme dans le cas de l’Iran. Les vols quotidiens d’avions chargés d’armes de toutes sortes vers l’entité israélienne, les flottes qui les transportent également, la coordination militaire et sa gestion directe par le commandement militaire américain, ainsi que les manœuvres politiques sous couvert de la sécurité d’Israël, ne sont que des manifestations d’une administration américaine directe qui récuse la résistance, tout mouvement de libération et toute objection au néocolonialisme américain. »

A la mémoire des trois leaders martyrs : le prix de la résistance

Pour finir, cheikh Qassem a rendu hommage aux dirigeants martyrs dont la commémoration de leur martyre survient également le mois de février.

Il a salué la mémoire de cheikh Ragheb Harb, lui attribuant d’avoir été « l’un des premiers à porter l’étendard de la résistance contre l’ennemi israélien sous toutes ses formes », indiquant « qu’il vivait au milieu du peuple, partageant son quotidien ».

Il a poursuivi en rendant hommage au second secrétaire général du Hezbollah Sayyed Abbas al-Mousawi, Maître des martyrs de la Résistance islamique, qui selon lui « a redonné vie à la vallée de la Békaa grâce à sa conscience idéologique authentique ».

Et d’ajouter sur sayyed al-Mousawi : « Généreux, il était toujours attentif aux besoins de la population, œuvrant à alléger ses fardeaux et à lui apporter son aide. Son martyre est devenu un symbole du prix que doivent payer ceux qui suivent la voie de la résistance et une incitation à la poursuivre. »

Il a terminé en parlant du commandant jihadique, Hajj Imad Moughniyeh, qui selon lui « se distinguait par une compétence exceptionnelle en matière de sécurité et de compétences militaires ».

« Il a œuvré pour mettre en place cette stratégie de résistance et a assumé un rôle de premier plan durant la phase cruciale qui a mené à la libération. Il a développé les capacités et les cadres diversifiés au sein de cette organisation. L’expression la plus juste à son égard est peut-être celle employée par Son Éminence le Guide suprême (que Dieu l’agrée) lorsqu’il l’a décrit après son martyre en 2008 comme le commandant de deux victoires », a-t-il conclu.

À loccasion de l’anniversaire des funérailles du martyr de la nation, Sayyed Hassan Nasrallah, le commandement général de l’Association des scouts de l’Imam Mahdi a appelé à participer à la cérémonie de dépôt d’une gerbe de roses sur le sanctuaire béni, et d’autres activités se dérouleront également au sanctuaire.

Source : Médias