dimanche, 22/02/2026   
   Beyrouth 14:45

« Dîner d’adieu et prière de guerre » : Washington exige officiellement le « leader»… et l’Iran disperse ses dirigeants (Analyse)

La phase des « messages diplomatiques » est révolue ; nous sommes entrés dans celle des « rituels religieux d’avant-guerre ».

La scène qui s’est déroulée hier soir à la Maison-Blanche n’avait rien d’un dîner ordinaire, mais s’apparentait à un véritable « conseil de guerre » spirituel, dirigé par le secrétaire à la Défense, Pete Higseth, avec une prière émouvante pour les troupes, comme s’il s’agissait de la « récitation de l’ordre du jour » avant l’attaque.

La politique américaine a officiellement basculé ces dernières heures, passant de la « prévention des armes nucléaires » au « changement de régime », tandis que l’envoyé de Trump rencontrait le fils du Shah et que Ted Cruz appelait au départ de l’ayatollah Khamenei.

Sur le terrain, l’Iran a compris le message et a commencé à disperser ses dirigeants (pour les protéger d’un assassinat) et à masser ses forces à la frontière irakienne (en vue d’une offensive terrestre).

Voici une analyse de la situation basée sur les informations les plus cruciales reçues :

Premièrement : La « prière de guerre » à la Maison-Blanche… la spiritualité précède le feu.

* La scène : Trump, Melania, Vance et les gouverneurs réunis lors d’un dîner d’État. Mais l’événement le plus significatif a été le choix par Trump du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, pour diriger la prière.

* Le texte symbolique : Hegseth n’a pas appelé à la paix, mais a plutôt invoqué « l’esprit de George Washington à Valley Forge » (symbole de résilience et de guerre révolutionnaire), a prié pour la protection des troupes déployées dans le monde entier et a demandé au président le « courage » de prendre la bonne décision.

* Analyse : Dans la tradition politique conservatrice américaine, invoquer « Dieu et les soldats » lors d’un dîner d’État de cette importance signifie qu’une décision a été prise et que les dirigeants recherchent la « faveur divine » pour remporter une bataille imminente.

Deuxièmement : Le coup d’État politique… « Partir ou être renversé »

* L’ultimatum : Le sénateur Ted Cruz a révélé l’essentiel des négociations : « Nous avons dit à Khamenei : quittez le pays et renoncez immédiatement au pouvoir, sinon vous serez renversé par la force. »

* L’alternative toute trouvée : L’envoyé américain Steve Witkoff a rencontré Reza Pahlavi (fils du Shah d’Iran déchu), confirmant que Washington prépare une « alternative politique » et qu’une frappe militaire seule ne suffira pas.

* La colère de Trump : Le président américain est « furieux » que l’Iran n’ait pas capitulé, ce qui renforce la position des « faucons » (comme Lindsey Graham) qui l’incitent à ignorer ses conseillers prudents et à bombarder l’Iran immédiatement.

Troisièmement : Le champ de bataille est en ébullition… « Indicateurs décisionnels »

En matière de renseignement militaire, il existe une différence entre « préparation » et « décision d’agir ». Aujourd’hui, les deux camps présentent des indicateurs de « décision d’agir » :

* Iran (Protocole de décapitation) :

** Dispersion des dirigeants : Les services de renseignement confirment que les dirigeants iraniens ont commencé à quitter leurs positions connues pour se réfugier dans des bunkers secrets. Il s’agit d’une mesure défensive classique en prévision d’une frappe de décapitation.

** Mobilisation à la frontière irakienne : Les Gardiens de la révolution déploient des forces et du matériel importants vers la frontière occidentale avec l’Irak.

* États-Unis (Mobilisation maximale) :

** Puissance de feu : 500 avions de combat (le plus important depuis 2003), deux porte-avions, 40 avions ravitailleurs et un pont aérien transportant 700 tonnes de munitions.

** Évacuation : L’évacuation du personnel d’Al-Udeid et de Bahreïn est le dernier avertissement avant l’assaut.

Quatrièmement : La réponse iranienne… « Pas de reddition »

* Le Président Pezeshkian déclare : « Même si toutes les puissances mondiales se dressent contre nous, nous ne capitulerons pas. »

* Refus de médiation : L’Iran nie avoir reçu une quelconque « enveloppe » d’Oman et qualifie les armées européennes d’« organisations terroristes ». Téhéran comprend que le temps des négociations est révolu et prépare son territoire à la guerre.

Lorsque Trump demande à son secrétaire à la Défense de prier, que Cruz exige la démission de Khamenei et que les Gardiens de la révolution massent leurs chars à la frontière irakienne… il est déjà trop tard. La guerre à venir sera une tentative de renversement du régime. La riposte iranienne sera une guerre existentielle.

Par Talal Nahla : directeur du site Intel Sky